Français camerounais
variété du français parlé au Cameroun
From Wikipedia, the free encyclopedia
Histoire
De 1884 à 1918, le Cameroun fut un protectorat allemand ; après la défaite de l’Allemagne lors de la Première Guerre mondiale, ses possessions africaines sont réparties entre les Alliés, dont la France et le Royaume-Uni. La majeure partie de l’ancien Cameroun allemand fut placée sous mandat français, le français devenant la langue officielle, tandis qu’une petite partie occidentale, limitrophe du Nigeria, fut placée sous mandat britannique, où l’anglais devint la langue officielle. En 1961, le Cameroun méridional, la partie sud du Cameroun britannique, se rattache à la république du Cameroun, anciennement le Cameroun français, indépendante depuis 1960, pour former le pays actuel, où l'anglais devient une langue officielle au même titre que le français[1].
Caractéristiques
Le français camerounais est principalement inspiré du français de France. Cependant, il incorpore de nombreux éléments des langues camerounaises. L'esprit camerounais d'échange interculturel contribue à l'adaptation et à l'intégration des langues locales dans le langage courant.
Une caractéristique importante du français camerounais est la présence de mots empruntés aux langues indigènes telles que l'ewondo, le duala et le bassa. Ces emprunts enrichissent le vocabulaire et donnent une particularité à la langue. Par exemple, des termes comme « mbom » (délicieux) ou « mbombo » (tambour) trouvent leur place dans le lexique du français camerounais.
En outre, le français camerounais présente des influences syntaxiques et grammaticales des langues indigènes. Cette combinaison se traduit par des structures de phrases, des intonations et des prononciations différentes.
Signification sociolinguistique
Le français camerounais occupe une place importante dans le tissu social du pays et constitue un symbole de l'identité nationale. Il est largement parlé dans tout le pays, dans des contextes socio-économiques et éducatifs variés. Qu'il s'agisse de conversations informelles ou de contextes académiques et administratifs formels, le français camerounais sert de moyen de communication dans le pays.
En outre, le français camerounais est devenu une partie intégrante de la culture populaire du pays, y compris la musique, la littérature et le cinéma. De nombreux artistes et écrivains camerounais choisissent de s'exprimer dans cette langue, donnant à leurs œuvres une spécificité camerounaise.
Le français standard est souvent privilégié dans l'enseignement formel et dans les milieux professionnels, ce qui conduit à la marginalisation des camerounais francophones. Cependant, des efforts sont faits pour promouvoir et reconnaître la richesse linguistique du français camerounais, en vue d'une plus grande acceptation et inclusion.
En outre, le développement de la technologie et des réseaux sociaux ouvre de nouvelles voies pour la préservation et la promotion du français camerounais. Les communautés en ligne et les plateformes numériques permettent aux gens de partager leurs expériences linguistiques, de documenter l'évolution de la langue et d'encourager un sentiment de fierté à l'égard du français camerounais.
Voir aussi
Bibliographie
- Mercédès Fouda, Je parle camerounais, Paris, Karthala, , 122 p. (ISBN 2-84586-215-6, lire en ligne)[2].
