François-René Gournay, né le à Mayenne (Mayenne) et décédé le à Saint-Sauveur-sur-École (Seine-et-Marne) est un avocat, juge et homme politique français, député du tiers état aux États généraux de 1789 pour la sénéchaussée du Mans, puis maire de Mayenne pendant la Révolution française.
Origines et formation : une lignée d’hommes de loi
François-René Gournay naît à Mayenne, au sein d’une famille profondément ancrée dans le monde judiciaire. Son grand-père, François Gournay, était procureur du roi au grenier à sel de Mayenne dès 1714, et son père, René-François Gournay, occupait la charge de juge royal et sénéchal de Bourgnouvel depuis 1761[1]. Baptisé en l’église Notre-Dame de Mayenne, il a pour parrain René Barbeu de la Chevalerie, avocat en Parlement, et pour oncle François Gournay, avocat à Paris, qui lui donne son prénom[1].
Après des études de droit à Angers entre 1768 et 1769, il succède à son père comme juge de Bourgnouvel[2] en 1774, à seulement vingt-cinq ans. En 1777, il épouse Marie-Catherine Pavy des Fontaines à la Trinité de Laval[3]. Avocat réputé à Mayenne, il se consacre principalement à sa clientèle et à ses études, sans ambition politique apparente[3].
L’entrée en politique : député du Tiers-État aux États généraux de 1789
En mars 1789, la communauté des avocats, médecins et bourgeois de Mayenne le nomme électeur pour l’ordre du Tiers-État. Il participe à l’assemblée préliminaire du Mans, mais ne se présente pas comme candidat aux États généraux de 1789, pensant sa mission terminée. Pourtant, son nom est porté par la coalition des districts du Bas-Maine, qui cherche à contrer l’influence du Mans[1].
Après plusieurs scrutins et des divisions parmi les électeurs, Gournay est finalement élu député du Tiers-État au neuvième tour. Un électeur de Mayenne part en poste pour le chercher et obtenir son acceptation, indispensable pour valider son élection[3]. Malgré son absence initiale, son élection est confirmée grâce à l’intervention de ses pairs.
Un député discret et un maire en difficulté
À l’Assemblée nationale, Gournay ne prend jamais la parole et ne participe à aucun comité important[3]. Homme d’étude et de santé fragile, il travaille discrètement dans les bureaux. En octobre 1790, il refuse une place de juge à Ernée pour rester auprès de sa mère et de sa sœur à Mayenne[1].
En novembre 1791, il accepte cependant la fonction de maire de Mayenne, succédant à Joseph François Dupont-Grandjardin, élu à l’Assemblée législative. Mais son mandat est marqué par des tensions croissantes. Ses relations avec la noblesse et son soutien présumé aux prêtres insermentés le rendent suspect aux yeux des révolutionnaires[3]. En mai 1792, il quitte Mayenne pour Paris, où réside son frère[1]. Le journal Le Patriote de la Mayenne salue ironiquement son départ, l’accusant de soutenir la noblesse[3].
La chute : suspicion, fuite et disparition
En , Gournay apprend qu’il est classé parmi les suspects[1]. Il revient à Mayenne pour se justifier, mais subit une visite domiciliaire en avril. Le , il démissionne de ses fonctions de maire[3]. En septembre, il apprend qu’un mandat d’arrêt est lancé contre lui et se cache. En , il figure sur la liste des suspects, décrit comme «en fuite»[3].
Après le 9 Thermidor (), il semble reprendre brièvement son activité d’avocat à Mayenne. Cependant, aucune trace ne permet de savoir ce qu’il devient après cette date[1].
Notes et références
1234567Emile Queruau-Lamerie, Notices sur quelques députés du Département de la Mayenne pendant la révolution, 1881.