François Beaudoin est le fils de Charles Beaudoin, notaire à Belfort[1].
Ingénieur agronome de profession, à la tête d'une importante exploitation agricole familiale, il devient maire de la commune d'Obreck (Moselle) en 1934, à l'âge de 30 ans. Il conservera ce mandat jusqu'en 1939.
En , il prend contact, aux côtés de jeunes agriculteurs mosellans de l'arrondissement de Château-Salins, avec le Parti agraire et paysan français, et fonde une section locale[2]. Il organise une réunion avec Fleurant Agricola, président-fondateur de ce parti[3]. Cette section ne joue toutefois qu'un rôle politique limité, la vie politique dans cet arrondissement étant dominée par les notables. En , il est, aux côtés de Joseph Bilger et d'un animateur du Front paysan, l'un des orateurs d'une réunion se tenant à Metz dans le cadre de l'assemblée extraordinaire de l'Association mosellane des producteurs de blé. Leur discours musclé contre la politique agricole de Pierre-Étienne Flandin a gêné les élus présents, et notamment Guy de Wendel. Le discours de Beaudoin n'est cependant pas aussi virulent que celui de l'Alsacien Joseph Bilger[4].
Il se présente avec succès aux élections cantonales de 1937; il est élu au premier tour avec 70% des suffrages exprimés[17].
Membre de nombreuses sociétés agricoles, membre du conseil d'administration de la caisse de Crédit agricole de Château-Salins depuis 1932[18], président de l'Association des syndicats d'élevage bovin de la race hollandaise pie noire[19], du syndicat des producteurs de lait de Château-Salins[20], fondé en , et de la Fédération des producteurs de lait de la Moselle[21], il est élu en à la Chambre d'agriculture.
Engagement durant la Seconde Guerre mondiale
Mobilisation
Sous-lieutenant[22] puis lieutenant de réserve dans la cavalerie, il demande à être mobilisé lorsque la guerre éclate. En , il est affecté au 5erégiment d'automitrailleuses. Son comportement lui vaut la croix de guerre[23] avec deux citations[24].
Fait prisonnier, il est libéré en 1941 en tant que père de famille nombreuse (il a 5 enfants). Il est alors nommé directeur des services agricoles d'Indre-et-Loire.
Résistance et déportation
Il s'engage dans la Résistance dans le réseau Cohors-Asturies des Forces françaises combattantes. Arrêté par la Gestapo à Tours le sur dénonciation d'un agent infiltré, il est interné, puis déporté le vers le camp de concentration d'Auschwitz. Transféré au camp de Flossenburg, il est affecté au kommando de Flöha. Epuisé, il est fusillé le , avec 57 de ses camarades, dont 21 Français, près de Reitzenhaim, lors de l'évacuation du Kommando (Marches de la Mort).
Jean Jolly (dir.), Dictionnaire des parlementaires français, notices biographiques sur les ministres, sénateurs et députés français de 1889 à 1940, Paris, PUF, 1960.
Jean-François Colas, Les droites nationales en Lorraine dans les années 1930: acteurs organisations, réseaux, Thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002.