François Bouthillier de Chavigny[1] (né à Paris le et mort à Paris le ) est un ecclésiastique français, évêque désigné de Rennes en 1676 puis évêque de Troyes de 1678 à 1697.
François Bouthillier de Chavigny, nait à Paris, il est le 5e des fils de Léon Bouthillier, comte de Chavigny et de son épouse Anne Phélypeaux de Villesavin (morte en 1694). Destiné à l'Église, il est docteur en théologie de la Sorbonne en ; il est ordonné prêtre et devient aumônier du roi.
En il est désigné et confirmé comme évêque de Rennes; toutefois il refuse ce siège, trop éloigné de Paris. Deux ans plus tard, Il est nommé évêque de Troyes, confirmé le et consacré par Jean de Montpezat de Carbon, archevêque de Sens. En 1694 il est pourvu en commende des abbayes Sellières et d'Oigny. D'un caractère nonchalant, «ami du recueillement et de la solitude», il décide de mettre fin à son épiscopat après 18 années de fonction et il résigne en son siège épiscopal et sa commende familiale de l'abbaye d'Oigny en faveur de son neveu et coadjuteur Denis-François Bouthillier de Chavigny. Il conserve le bénéfice de l'abbaye de Sellières, qui lui assure un revenu confortable.
Saint-Simon décrit sa résignation ainsi: "C’est ainsi que jusqu’alors il avoit passé sa vie. Cependant les réflexions vinrent troubler ses plaisirs, puis ses amusements. Il essaya de leur céder, il disputa avec elles, enfin l’expérience lui fit comprendre qu’il seroit toujours vaincu s’il ne rompoit ses liens de manière à ne les pouvoir renouer. Jamais il n’avoit été plus gai ni de meilleure compagnie qu’à un dîner à l’hôtel de Lorges avec M. de Chaulnes et grand monde fort choisi, au sortir duquel il alla coucher à Versailles, après s’être arrangé, quelques jours devant, avec le P.de La Chaise. Le lendemain matin, au sortir du prie-Dieu, il demanda au roi un moment d’audience; il l’eut dans le cabinet, avant la messe. Là il fit sa confession avec ingénuité. Il avoua au roi le besoin qu’il avoit de retraite et de pénitence, et que jamais il n’en auroit la force tant qu’il tiendroit au monde par quelques prétextes. Il présenta au roi la démission de son évêché, et lui dit que, s’il le vouloit combler, ce seroit de le donner à son neveu l’abbé de Chavigny qui avoit de l’âge assez et encore plus de mérite, de savoir et de vertu; qu’il l’aideroit à gouverner dans ses commencements un diocèse qu’il connoissoit à fond; qu’il se retireroit dans sa propre maison à Troyes; qu’il partageroit avec lui et qu’il y demeureroit en solitude le reste de sa vie.
L’évêché valoit peu; le roi aimoit M. de Troyes, malgré la dissipation de sa vie; il lui accorda sur-le-champ sa demande. Au sortir du cabinet, M. de Troyes gagna Paris, n’y vit personne, et partit le lendemain pour Troyes, où il tint très exactement tout ce qu’il s’étoit proposé, sans vouloir voir qui que ce soit que son neveu et ses prêtres, encore pour affaires, et sans écrire ni avoir aucun commerce avec personne, entièrement consacré à la prière et à la pénitence, et à une entière solitude.[2]"
Après la mort du roi Louis XIV il est appelé au Conseil de Régence par Philippe d'Orléans en . Il meurt le , âgé de 90 ans et après avoir survécu un an à son neveu et successeur comme évêque de Troyes[3].
Notes et références
↑Il était né Denis-François Bouthillier de Chavigny mais on l'appelait «François Bouthillier pour éviter la confusion avec son homonyme et parent»: fiche du Centre de recherche du château de Versailles.
↑duc de Saint-Simon Louis de Rouvroy, Mémoires du duc de Saint-Simon, t.1, Hachette, (lire en ligne), p.422–444.
↑Armand Jean, Les évêques et les archevêques de France depuis 1682 jusqu'à 1801, Paris et Mamers, (présentation en ligne), p.375.