François Couplan
botaniste français
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François Couplan, né le à Paris, est un ethnobotaniste et écrivain franco-suisse. Spécialisé dans l’étude et la valorisation des usages traditionnels des plantes sauvages comestibles, il a mené des recherches sur plusieurs continents et est présenté dans certains médias comme l’un des pionniers de leur redécouverte en Europe[1],[2]. Il est l’auteur de nombreux ouvrages portant sur les usages alimentaires et médicinaux des plantes[3].
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Ses travaux combinent l’inventaire des savoirs traditionnels et leur transmission auprès du grand public. Plusieurs auteurs soulignent également la dimension plus réflexive ou philosophique de son approche, évoquant un regard renouvelé sur la relation entre l’être humain et les plantes[2],[4].
Biographie
Formation et débuts
François Couplan est docteur ès sciences du Muséum national d’histoire naturelle et diplômé de l’École pratique des hautes études[5]. Il s’intéresse aux plantes sauvages comestibles dès les années 1970, période durant laquelle il réside plusieurs années aux États-Unis. Il y organise ses premiers stages consacrés à l’identification et aux usages des plantes sauvages[6].
En 1996, il soutient une thèse portant sur l’alimentation végétale potentielle de l’Homme avant et après la domestication du feu. Ce travail analyse la diversité des ressources végétales disponibles dans des contextes préhistoriques et étudie l’impact de la cuisson sur leur consommation[7]. Ses recherches l’amènent ensuite à voyager en Europe, en Amérique du Nord et centrale, en Amérique du Sud, en Afrique de l’Ouest, au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est, au Japon et dans le Pacifique, afin de documenter la tradition orale liée aux usages alimentaires et médicinaux des plantes[8].
En 1984, il publie Le Régal végétal, premier volume de L’Encyclopédie des plantes comestibles de l’Europe, dans lequel il recense environ 1 600 espèces sauvages comestibles présentes en Europe[9]. Il estime qu’environ 80 000 espèces végétales sont consommées dans le monde, contre une trentaine de plantes cultivées couramment utilisées dans l’alimentation occidentale[10].
Approche et expérimentations
En parallèle de ses activités de recherche et d’enseignement, François Couplan a développé une pratique qu’il nomme « survie douce »[11], consistant à expérimenter la vie en pleine nature en utilisant les ressources végétales disponibles. Il dit avoir passé de longues périodes en forêt afin de tester directement les usages alimentaires et pratiques des plantes dans des conditions proches de celles observées dans certaines sociétés traditionnelles[12].
Cette expérience de terrain nourrit sa réflexion sur la place de l’être humain dans le monde végétal. Plusieurs entretiens le présentent comme défenseur d’un rapport plus sensible et plus direct aux plantes, qu’il considère comme un moyen de mieux comprendre notre relation au vivant[4],[13].
Ses études comparatives portent également sur les qualités gustatives, fonctionnelles et nutritionnelles des plantes sauvages par rapport aux espèces cultivées. Il met en avant l’intérêt de réintégrer ces ressources dans l’alimentation contemporaine[14].
Selon certains auteurs, ses stages et publications ne se limitent pas à la transmission de connaissances botaniques : ils s’inscrivent aussi dans une démarche visant à favoriser une évolution personnelle et collective, en repensant la relation au vivant non humain[4],[12].
Enseignement
Depuis 1975, François Couplan enseigne les utilisations des plantes sauvages à travers des stages pratiques sur le terrain (« gastronomie sauvage » et « survie douce »), principalement en Europe francophone[15].
En 2008, François Couplan fonde le Collège pratique d’ethnobotanique, une formation de trois ans destinée à approfondir les connaissances sur les plantes sauvages et leurs usages[16].
Depuis 2023, il propose aussi des formations en ligne, destinées à élargir l’accès à ses enseignements. Ces programmes présentent la diversité des plantes et leurs usages et invitent les participants à réfléchir à leur rapport au monde naturel[17].
Publications
François Couplan est l’auteur de plus de 125 ouvrages et de plusieurs centaines d’articles consacrés aux plantes comestibles, à la nature et à la santé[18]. Ses travaux combinent inventaire botanique, étude des usages traditionnels et diffusion des connaissances auprès du grand public[19].
Ouvrages principaux
- Mangez vos soucis (1983)[20]
- Le Régal végétal (1984), Cuisine sauvage (1984) et Les belles vénéneuses (1991), réunis au sein de L’Encyclopédie des plantes sauvages comestibles de l’Europe (3 volumes)[21]
- Retrouvez les légumes oubliés (1986)[22]
- Vivre en pleine nature (1986)[23]
- Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques (1994)[24]
- Nature’s Green Feasts : The Encyclopedia of Edible Plants of North America (1996)[25]
- Herbier gourmand (1997), avec Marc Veyrat[26]
- Guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées (1998)[27]
- Le véritable régime crétois (2004)[28]
- Ce sont les plantes qui sauvent les hommes (2005)[29]
- Petit Larousse des plantes qui guérissent (2006)[30]
- La nature nous sauvera (2008)[31]
- Le Guide de la survie douce (2015)[32]
- Comprendre les plantes (2017)[33]
- Ce que les plantes ont à nous dire (2020)[10]
- Plantes sauvages comestibles (2022)[34]
- Émerveillez-vous (2022)[35]
- L’Art de la cueillette (2024)[36]
Il introduit également en France plusieurs ouvrages de permaculture, notamment Permaculture 2 de Bill Mollison et David Holmgren, dont il a assuré la traduction[37].
Gastronomie
Depuis son enfance, François Couplan s’intéresse à la cuisine à base de plantes sauvages. Dans les années 1980, sa rencontre avec le chef Marc Veyrat constitue un tournant : elle lui permet d’explorer la dimension gastronomique des plantes comestibles[38]. Ensemble, ils publient Herbier gourmand, combinant usages botaniques et applications culinaires[39], et participent à plusieurs émissions de télévision consacrées à la cuisine végétale[40].
Il collabore également avec d’autres chefs étoilés, en France et à l’international, pour mettre en valeur des saveurs issues des plantes sauvages, notamment Carlo Crisci (Cossonay, Suisse), Jean-Georges Vongerichten (New York, États-Unis), Jean-Marie Dumaine (Sinzig, Allemagne), Hervé Busset (Rodez, France) et Christophe Hardiquest (Bruxelles, Belgique)[41].
Distinctions
En 1987, son projet « Agriculture adaptée », visant à ajuster les plantes cultivées à l’environnement local plutôt que de modifier celui-ci, est retenu dans le cadre des Rolex Awards for Enterprise[42].
François Couplan a été distingué pour ses travaux de recherche et de diffusion des savoirs liés aux plantes sauvages comestibles. Il est nommé Chevalier de l’ordre du Mérite agricole en 2005[43].
Il reçoit également en 2013 le prix Prosper Montagné pour VerTiges des saveurs, ouvrage coécrit avec le chef suisse Carlo Crisci[44].