François Duyckaerts
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François Duyckaerts est un psychologue, philosophe et psychanalyste belge, né à Montzen le et mort à Vaux-sous-Chèvremont le .
Il obtient un doctorat en philosophie et lettres (1952) puis devient professeur ordinaire à l’université de Liège à partir de 1957, où il enseigne la psychologie clinique, l'histoire de la philosophie et la métaphysique. Il enseigne ensuite à l’université libre de Bruxelles où il est d'abord titulaire de la chaire Francqui en 1973-1974, puis à l’université catholique de Louvain, où il occupe la chaire Jacques Leclercq en 1976, et à nouveau la chaire Francqui en 1980-1981[1].
Il est président du Centre interdisciplinaire de recherche en psychanalyse et psychothérapie[2] de l'université de Bruxelles[3].
Georges Canguilhem fait référence et répond à son ouvrage sur la notion de normal[4],[5] La thèse que Duyckaerts y formule, suivant laquelle la créativité constitue le critère de la normalité, est reprise par le philosophe Henri Van Lier[6],[7]. La tension qu'il veille méthodiquement à maintenir entre psychologie et philosophie explique la diversité de son influence. Il marque le travail de plusieurs de ses anciens étudiants, Pierre-Philippe Druet sur Fichte, Michel Dupuis et Daniel Giovannangeli[8] en anthropologie philosophique.
D'un côté, la mise au jour des "fondements théoriques de la psychothérapie" dans La Notion de normal en psychologie clinique, lui fait diagnostiquer, par exemple, à l'origine de l'identification du normal et de la moyenne, "l'assimilation kantienne de toute connaissance à la connaissance physico-mathématique", qu'il critique à la lumière de la phénoménologie de la perception de Merleau-Ponty[9].
D'un autre côté, il soumet radicalement la métaphysique à la critique de la psychologie. Cette démarche est présente dès son étude initiale du moi absolu chez Fichte[10] et continue de l'être plus tard, notamment dans Conscience et prise de conscience, où il reconsidère sous cet angle le Charmide de Platon, la conception de l'âme selon Bergson, ou analyse "l'identification des dispositifs psychiques et l'erreur spinoziste"[11].
Il accorde une importance particulière à la littérature. Il interroge les œuvres de Georges Rodenbach[12] ou Marguerite Duras[13] ; il thématise et commente chez Henri Michaux des réflexions et des observations qu'il juge dignes des "meilleurs textes contemporains de psychologie scientifique"[14]. Ou encore, cernant la " métaphore comme activité créatrice" à partir d'un passage des Feuillets d'Hypnos de René Char, il tire la conclusion que le transfert est "paradigme de la métaphore"[15].