François Rastier
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François Rastier, né le à Toulouse[1] est un sémanticien français, docteur en linguistique et directeur de recherche émérite au CNRS.
Il est l'auteur de nombreux ouvrages, traduits pour certains en anglais, russe, arabe, espagnol ou italien. Il dirige la revue électronique Texto!.
Champ de recherche
Né à Toulouse en 1945, docteur en linguistique, François Rastier est spécialiste de sémantique, discipline qu'il a contribué à étendre et redéfinir[2].
Son projet intellectuel se situe dans le cadre général d'une sémiotique des cultures[3]. La « sémantique interprétative » peut être définie comme une « synthèse de seconde génération » de la sémantique structurale européenne[3].
Il s'intéresse particulièrement à l'interprétation du sens et à sa dimension cognitive.
Il a entrepris l'« élaboration d'une sémantique interprétative unifiée, du mot au texte, et étendue au corpus[3]. » Elle se développe à la suite des travaux de Michel Bréal et de Ferdinand de Saussure, puis de Louis Hjelmslev, de Algirdas Julien Greimas, de Eugen Coșeriu et de Bernard Pottier[3]. Ses unités de base sont, entre autres, le sème et l'isotopie[3]. Il s'inscrit en effet dans le sillage de son maître, Algirdas Julien Greimas, qui s'est efforcé dans les années 1960 d'« appliquer l'analyse des unités minimales de signification – les sèmes – à des unités prises en contexte, avec l'objectif de décrire des univers sémantiques[2]. »
Mais tandis qu'à cette époque de la linguistique, celle-ci se cantonnait à l'étude des unités de langue, sans dépasser les limites de la phrase, les recherches de François Rastier vont s'attacher à explorer une « linguistique du texte »[2]. Dès ses premières recherches, il part du principe que les sèmes s'opposent, mais aussi se combinent entre eux[2]. C'est là l'un des fondements de la « sémantique différentielle » qu'il contribue à fonder[2]. Chez Rastier, une distinction fondamentale va s'établir entre sens et signification : « la signification est une propriété des signes », « le sens une propriété des textes », écrit-il en 2001 dans Arts et sciences du texte[2]. Dans La Mesure et le Grain. Sémantique de corpus, en 2011, il milite en faveur d'une « herméneutique des sorties logicielles » pour une meilleure interprétation des textes, des œuvres et des corpus.
Outre son travail en sémantique, François Rastier a travaillé sur la littérature de l’extermination et le genre du témoignage[4],[5].
Positions
François Rastier s'oppose, avec d'autres linguistes, à l'écriture inclusive jugée « excluante » et s'imposant « par la propagande »[6]. Selon lui, l'écriture inclusive est liée à « l'idéologie managériale » et au « politiquement correct ». Il déclare :
« aucun militant inclusiviste et décolonial n’a semblé s’inquiéter des tyrannies qui voilent les femmes, condamnent les homosexuels, ni même du récent "califat" qui vendait ses prisonnières comme esclaves et crucifiait aux carrefours les homosexuels qui avaient échappé à la défenestration[7]. »
Il dénonce plus généralement les études de « genre » et de « race » à l'université[8]. Il déclare à propos du discours contemporain sur le genre :
« Sous couleur de vaincre le patriarcat (occidental), il s’attaque à la démocratie et à l’État de droit, ainsi qu’à la laïcité. Enfin, antisémitisme aidant, il légitime des programmes politiques destructeurs, en premier lieu celui de l’islamisme, tout aussi irrationnel, mais hélas beaucoup plus cohérent[9]. »
Il fait une intervention controversée[10],[11] à l'ENS de Lyon sur la notion de « race » en sciences sociales.
Il intervient régulièrement sur le site Perditions idéologiques. Il participe à l'association loi de 1901 Laboratoire d’analyse des idéologies contemporaines (LAIC)[12] en lien avec le média en ligne Observatoire du colonialisme et des idéologies identitaires[13],[14]. Il écrit notamment sur l'« influence islamiste » qu'il constate dans « les associations les plus diverses, sportives, féministes, sanitaires, voire de simples mutuelles »[15].