François Villain

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François Villain
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(à 77 ans)
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Dieu Marie François Villain, ou plus simplement François Villain, est un ingénieur français né le à Thugny-Trugny et mort le .

Il est l'ingénieur principal qui a travaillé avec Édouard Imbeaux à la concrétisation d'une galerie drainante sous le plateau de la forêt de Haye pour alimenter la ville de Nancy en eau potable à la fin du 19e siècle.

Devenu orphelin, il est placé sous la tutelle de Liebbe, obtient une bourse et poursuit de brillantes études.

François Villain entre à l'École polytechnique en 1881 et devient ingénieur de l'École des mines en 1887. C'est à Polytechnique qu'il fait la connaissance d'Édouard Imbeaux qui fait partie de la même promotion. Élève ingénieur de 3e année, il effectue en un voyage d'étude et visite Röraas en Norvège et Sala, Åmmeberg et Fahlun en Suède.

Durant son service militaire il devient sous-lieutenant puis capitaine d'artillerie de réserve.

Il devient chargé de l'arrondissement minéralogique de Foix et du service spécial de la direction des mines communales de Rancié, puis part exercer à Vesoul où il est chargé du contrôle de l'exploitation technique des chemins de fer de l'Est en même temps que du service spécial des thermes de Bourbonne-les-Bains. Enfin, il rejoint Nancy et l'arrondissement minéralogique tout en poursuivant la charge de contrôle technique des chemins de fer de l'Est[1].

En 1899 il réalise une étude d'un gisement ferrifère en Espagne pour le compte de la Banque de Paris et des Pays-Bas[2]. Le il présente une étude prospective à l'horizon 1910 des expéditions des bassins de Longwy-Villerupt, Briey et Nancy devant le congrès des Chambres de commerce de l'Est de la France où il conclut que la voie ferrée ne pourra pas faire face à l'accroissement des tonnages et qu'il faut poursuivre avec la canal de la Chiers[3]. Lors de la conférence de la Société industrielle de l'Est (SIE) le , François Villain confirme que les industriels ne s'intéressaient pas à la géologie jusqu'à la campagne de recherche ayant permis la découverte du bassin de Briey[4] et soulève l'importance des ingénieurs des mines pour la conduite des exploitations. Grâce aux conférences des ingénieurs Alexandre Gouvy et François Villain le rôle de l'ingénieur des mines évolue alors non seulement du conseil dans la recherche de minerai mais aussi dans celui de la prise en compte de nouveaux procédés d'exploitation[5].

Il entre au conseil d'administration des Forges et aciéries du Nord et de l'Est en 1904 et en devient par la suite vice-président ce qui lui vaudra le grade de Commandeur de la Légion d'honneur. Il sera également administrateur de la Société métallurgique de Pont-à-Vendin, de la Société des mines de fer de Sexey, de la Société des mines de fer de Pulventaux, de la Société des mines de Segré et de la Société métallurgique et minière franco-marocaine, vice-président de la Société des mines de fer de Bazailles et président de la Société des minerais lorrains, de la Société des mines de fer de Saint-Pierremont, de la Société des mines de fer de Chanveaux, de la Société minière et métallurgique de l'Anjou et de la Société nouvelle des charbonnages de Levant-de-Mons (Belgique)[1].

François Villain est membre correspondant de la Chambre des commerces de Nancy en 1905, 1915 et 1935[6] et est élu président de l'Académie de Stanislas en 1909[7]. Il fait partie, comme représentant de la SIE, de la commission permanente qui supervise l'organisation de l'Exposition internationale de l'Est de la France de 1909[8].

À la suite du fort accroissement de la population de l'agglomération nancéienne lié à l'annexion de 1871, les besoins en eaux de la ville de Nancy furent considérablement augmentés. François Villain participe à la réalisation d'une galerie de captation des eaux souterraines du plateau de la forêt de Haye[9]. Les travaux menés permettent de mieux appréhender « les détails de la composition du Bajocien inférieur et de la formation ferrugineuse »[10]. Abandonnées dès les années 1930, ces galeries développant environ 6,6 km ont été réhabilitées pour la pratique de la spéléologie par l'Union spéléologique de l'agglomération nancéienne (USAN) en 1991 et sont gérées par la Ligue spéléologique lorraine (LISPEL)[11]. Désormais appelées le Spéléodrome de Nancy, elles servent de lieu de formation à la spéléologie et la plongée souterraine. Chaque année le site est ouvert au grand public par l'USAN à l'occasion des Journées européennes du patrimoine.

L'ingénieur social

François Villain s'est attaché à améliorer la vie des mineurs et de leur famille.

Secrétaire général du Comité des forges et mines de fer de Meurthe-et-Moselle (CFMM) dès 1906, François Villain agît dans le domaine social et participe à la création d'hôpitaux et de bureaux d'hygiène[12]. En 1912, préoccupé par la présence de la gale chez 30 % des ouvriers, il préconise l'installation d'une cabine de bain sulfureux dans chaque mine puis fait acquérir par la CFMM des ouvrages du professeur Georges Hottenger, Le pays de Briey, afin de sensibiliser les ingénieurs et les directeurs de mines au problème de la syphilis[13]. Néanmoins, face aux agitations et grèves de 1905, François Villain a proposé d'établir un code télégraphique secret entre le CFMM et les directions pour centraliser et transmettre des listes des meneurs et agitateurs[14].

Président de la SIE de 1908 à 1913, il crée une école ménagère en 1911 destinée à former des maîtresses qualifiées dans l'enseignement ménager pour les écoles qui des cités ouvrières ; l'école fermera ses portes en et ne rouvrira pas après la guerre[15]. En 1912, il effectue un exposé au congrès de Reims de la SIE sur la tâche sociale de l'industriel où il présente la conception de l'ingénieur social d'Émile Cheysson[16], ingénieur plus proche de la main d'œuvre et intermédiaire entre le mineur et le patron.

Décorations et prix

Publications

  • Mémoire sur la géologie du Mansfeld, 1886
  • Mémoire sur les gisements et l'exploitation du cuivre en Norwège, 1886[17]
  • Mémoire sur l'extraction du plomb et de l'argent en Suède, 1886[18]
  • Le gisement de minerai de fer oolithique de la Lorraine, Paris, Éd. Dunod, 1902[19]
  • La tâche sociale de l'industriel comment elle a été comprise en Lorraine, Paris, 1916
  • Ricochets dans l'espace et dans le temps, Paris, Impr. de Hemmerlé, Petit et Cie, 1936
  • Avec E. Imbeaux : Captation des eaux souterraines de la forêt de Haye, Ville de Nancy, Impr. nancéienne, 1902, 38 p.

Bibliographie

Notes et références

Annexes

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