François de Fontanges (1740-1822)
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 82 ans) Montluçon |
| Activité |
Militaire |
| Fratrie |
Le vicomte François de Fontanges (1740-1822) est un officier de l'armée française qui accomplit la plus grande partie de sa carrière dans l'armée coloniale de Saint-Domingue. Émigré en 1793 à la Jamaïque, puis en Espagne, il est rentré en France en 1808. Il est promu au grade de lieutenant-général en 1814.
Le vicomte de Fontanges est connu pour avoir participé à la Guerre d'indépendance américaine, en 1779, comme chef d'état-major de l'amiral d'Estaing, au siège de Savannah.
Famille
François de Fontanges est né le au château de la Fauconnière, à Gannat, (Allier) et mort le à Montluçon. Il est issu de la famille de Fontanges, originaire d'Auvergne, dans l'actuel département du Cantal[1],[2]. Il est le fils d'Hugues de Fontanges (1716-1747), aîné de la branche de La Fauconnière, et de Marie-Gasparde de Boissieu. Son frère aîné, Amable de Fontanges, est capitaine dans un régiment d'infanterie : il est resté sans alliance ni postérité. Son frère cadet, à qui leurs parents ont également donné le prénom de François, François de Fontanges (1744-1806), est aumônier et confesseur de la reine Marie-Antoinette à Versailles, puis successivement archevêque de Toulouse, de Nancy et évêque d'Autun.
François de Fontanges épouse le à Saint-Domingue, une jeune fille d'origine créole, Caroline Lefebvre (1767-1847), fille de feu Étienne Lefebvre, décédé en 1772. En succédant à son père, elle devient propriétaire de la plantation Lefebvre des Gonaïves[3], dont le vicomte de Fontanges devra assurer la gestion par intermittence entre ses missions militaires[4].
Carrière
- 1756 : François de Fontanges est incorporé en France à l'âge de 16 ans au régiment de Bigorre. En 1757, il combat avec le grade de lieutenant, dans le régiment de Poitou contre les armées prussiennes. Il est grièvement blessé à la bataille de Rossbach.
- 1775 : Avec le grade de capitaine, il entre au service du ministère de la Marine et des Colonies. Le , il reçoit la charge de major dans le régiment du Cap de Saint-Domingue.
- 1778 : Le roi Louis XVI lui accorde le , un brevet pour tenir rang de lieutenant-colonel. Il reçoit l'ordre de l'amiral d'Estaing de s'embarquer sur l'escadre en partance pour l'Amérique.
- 1779 : Il participe à la Guerre d'indépendance américaine comme chef d'état-major de l'amiral d'Estaing, au siège de Savannah. L'armée française est composée de troupes originaires de France et des colonies et de troupes en provenance de l'île de Saint-Domingue : 800 fusiliers indigènes affranchis constituent le Corps des chasseurs volontaires de Saint-Domingue aux ordres du marquis de Rouvray. Ils seront cités pour leur héroïsme en attaquant à la baïonnette les troupes britanniques[5].
- Le vicomte de Fontanges, dangereusement blessé lors du siège de Savannah, obtient un congé le afin de rentrer en France pour rétablir sa santé.
- 1780 : Le , il reçoit un ordre du roi Louis XVI daté de Versailles, pour remplir la place de major-général des troupes et milices de Saint-Domingue, avec rang de colonel.
- 1784 : le il reçoit un brevet du roi qui le promeut au grade de maréchal de camp. Il est nommé commandant du régiment du Cap.
- 1785 : Par brevet du , il est nommé commandant de la partie sud de Saint-Domingue. Puis, le , il reçoit le commandement en second de la partie nord.
- 1791 : Il signe, le , un concordat avec les affranchis, à La Croix-des-Bouquets, pour leur accorder des droits civiques, à égalité avec les colons. Cette mesure avait été votée par l'Assemblée constituante au mois de mai et repoussée par les autorités régionales siégeant à Port-au-Prince[6].
- Lors de la signature de ce pacte, le vicomte de Fontanges dénonce l'infamie des juges de Port-au-Prince qui ont condamné à mort le mulâtre, son ancien compagnon d'armes du siège de Savannah, Jean-Baptiste Chavannes, partisan de l'égalité des droits pour les libres.
- 1792 : Il ratifie un deuxième pacte de reconnaissance des droits en faveur des affranchis[7]. Les autorités de Port-au-Prince entament des représailles[8],[9].
- 1793 et années suivantes : Sa tête est mise à prix. Le vicomte de Fontange se réfugie dans la zone espagnole de l'Île, puis s'exile à la Jamaïque, pour enfin aboutir en Espagne, où il reprend du service auprès du roi d'Espagne. Arrêté par l'armée française en 1808, il est libéré à Paris et s'engage dans l'armée du Ier Empire. Rallié au roi Louis XVIII, sous le régime de la Restauration, il est promu en 1814 au grade de lieutenant-général.
- 1816 : le roi Louis XVIII, considérant les relations amicales que le vicomte de Fontanges a entretenu avec ses anciens camarades de combat du Siège de Savannah, l'envoie en mission à Haïti pour se joindre à la délégation diplomatique chargée de négocier la reprise des relations économiques du royaume de France avec le nouvel empereur Pétion: les négociations échouent et seront reprises sous le règne de Charles X[10].
- Les années de retraite à Montluçon : le vicomte de Fontanges prend sa retraite à Montluçon. Il est mort le , entouré des siens.