Françoise-Améthyste Christophe
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Françoise-Améthyste Christophe (née le à Cap-Français et morte le à Pise) est une princesse haïtienne, fille aînée du roi Henri Ier d'Haïti et de la reine Marie-Louise Coidavid. Elle fut titrée princesse royale d'Haïti à partir de 1811.
Françoise-Améthyste est née le au Cap-Français, alors situé dans la colonie française de Saint-Domingue. Son père, Henri Christophe, est alors général et figure militaire importante dans la lutte pour l’indépendance haïtienne, tandis que sa mère administre les biens familiaux à Saint-Michel-de-l'Attalaye[1].
En 1811, Henri Christophe se proclame roi du royaume d'Haïti. Le , une cérémonie de couronnement fastueuse est organisée : le roi, la reine Marie-Louise et leur fils de sept ans, Jacques-Victor Henry, y assistent. Françoise-Améthyste et sa sœur cadette, Anne-Athénaïre, arrivent dans une calèche tirée par six chevaux. La messe solennelle est célébrée par le père Cornélie Brelle, prêtre breton et ancien préfet apostolique du royaume[2].

En tant que fille aînée, Françoise-Améthyste reçoit le titre de princesse royale et est appelée à la cour Madame Première[2]. Elle reçoit une éducation rigoureuse sous la tutelle de la comtesse d’Ouanaminthe[3].
En 1812, le navire de guerre Princess Royal (ou Royal Améthyste), nommé en son honneur, est envoyé patrouiller au sud du pays. Le navire est capturé par des opposants au régime monarchique et remis à la République. Le roi fait exécuter un certain Paparelli, accusé de trahison. Le bâtiment est ensuite repris à Miragoâne par la frégate britannique HMS Southampton avec l'accord du président Alexandre Pétion, mais il revient finalement aux forces du Nord[4].
Des rumeurs circulaient en Europe selon lesquelles Françoise-Améthyste, ou sa sœur Anne-Athénaïre, pourraient épouser le prince Pedro de Bragance. Le journal monarchiste parisien Le Drapeau blanc aurait omis une information selon laquelle il allait épouser une princesse, fille du noir Christophe d’Haïti :
« Dom Pedro se vengeait de tous les refus et insultes. Le Drapeau Blanc, de Paris, n’a pas annoncé qu’il allait épouser une princesse, fille du noir Christophe d’Haïti, afin de ne pas contredire la couleur des dames de la cour brésilienne ? Malgré la réputation peu favorable qu’il avait acquise en Europe, il pouvait se vanter d’avoir fait un bon mariage, remplissant au moins trois des quatre conditions requises pour obtenir une épouse en Europe et non en Haïti. »[5]
Cependant, il est suggéré que cette prétendue union avec une princesse d’Haïti n’a jamais été sérieusement envisagée et ne servait qu’à ridiculiser à la fois Haïti — premier pays occidental moderne à avoir un chef d’État noir — et le Brésil, en raison de sa population ethniquement mixte et du fait d’avoir accueilli la famille royale portugaise sur son territoire après le transfert de la cour à Rio de Janeiro, en fuite devant les troupes de Napoléon[5].
En 1820, le roi Henri Ier, affaibli par la révolte et l'impopularité, préfère se donner la mort par balle en argent plutôt que d'être renversé. Selon les témoignages, ses enfants — Françoise-Améthyste, Anne-Athénaïre et Jacques-Victor — se trouvent à ses côtés, en pleurs, au moment de sa mort. La reine prie en silence, en deuil[6].
Peu après, le prince Jacques-Victor, âgé de 16 ans, est capturé et exécuté à coups de baïonnette au palais Sans Souci[7].
En , Françoise-Améthyste quitte Haïti avec sa mère et sa sœur, sous protection de la marine britannique, en direction de Londres. Le climat et la pollution de l’Angleterre industrielle détériorent sa santé[8].
En 1824, la famille s’installe à Pise, dans le grand-duché de Toscane, où la princesse meurt le , probablement à cause d’un cœur hypertrophié[9].
Références
- ↑ (en) Marlene L. Daut, The First and Last King of Haiti: The Rise and Fall of Henry Christophe, New York, Knopf, , ebook, « Tracing Genealogy To The Future King », p. 127
- 1 2 (en) Marlene L. Daut, The First and Last King of Haiti, Knopf, , ebook, « A King Is Crowned », p. 494
- ↑ (en) Marlene L. Daut, The First and Last King of Haiti, Knopf, , ebook, « The Age Of Christophean Crosperity », p. 596
- ↑ (en) Marlene L. Daut, The First and Last King of Haiti, Knopf, , 603–604 p., ebook, « Cracks In Kingly Authority »
- 1 2 Otávio Tarquínio de Sousa, A vida de D. Pedro I [« La vie de Dom Pedro Ier »], vol. 2, Brasília, Senat fédéral du Brésil, coll. « Histoire des fondateurs de l’empire du Brésil », (ISBN 978-65-5676-466-5, lire en ligne), p. 954
- ↑ (en) Marlene L. Daut, The First and Last King of Haiti, Knopf, , ebook, « A King Is Gone, But Not Forgotten », p. 624
- ↑ « Malgré ses efforts à promouvoir l'éducation... », sur Haiti - Rene Preval Presidency (consulté le )
- ↑ (en) LeGrace Benson, « A Queen in Diaspora: The Sorrowful Exile of Queen Marie-Louise Christophe (1778, Ouanaminth, Haiti – March 11, 1851, Pisa, Italy) », Journal of Haitian Studies, vol. 20, no 2, , p. 90–101 (JSTOR 24340368)
- ↑ (en) Marlene L. Daut, The First and Last King of Haiti, Knopf, , ebook, « King Of The Next World », p. 657