Françoise Barrière
compositrice de musique électroacoustique française
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Françoise Barrière, née le à Paris et morte le dans cette même ville[1], est une compositrice de musique électroacoustique et pianiste française.
Biographie
Françoise Barrière, naît le à Paris[1]. Elle suit des cours de piano classique avec Marcel Ciampi de 1961 à 1962, la classe de Jacques Coulaud au conservatoire de Versailles de 1963 à 1965, les classes de solfège en 1955 et d'écriture au Conservatoire national supérieur de musique de Paris avec Georges Hugon (harmonie) et Alain Weber (contrepoint) de 1965 à 1968[2].
Elle s’inscrit à la classe de musique fondamentale de Pierre Schaeffer au Conservatoire national supérieur de musique de Paris[3] à sa création en 1968 et au Service de la recherche de l'ORTF animé par Schaeffer. Elle est contrainte par Alain Weber à quitter cette classe.[réf. souhaitée]
Françoise Barrière se rend alors à Bourges où la Maison de la culture de Bourges vient d'acquérir une console de mixage, élément pivot d'un studio professionnel d'enregistrement pour les musiques des créations théâtrales de Gabriel Monnet. Le metteur en scène et directeur de la Maison de la culture a été remercié par la Ville après les événements de mai 68[4].
Parcours avec le Groupe de musique expérimentale de Bourges
Fondation du GMEB
Elle fonde avec Christian Clozier et Fernand Vanderbogaerde en septembre 1970 le Groupe de musique expérimentale de Bourges (GMEB)[5] indépendant du secteur traditionnel de la musique classique, devenu en 1994 l'Institut international de musique électroacoustique de Bourges (IMEB)[1],[6]. L'institut est labellisé Centre national de création musicale en 1997[1]. Ils en assurent ensemble la direction durant 40 ans[1]. C'est l’un des studios de musique électroacoustique les plus actifs du monde[7]. Chaque année, ils invitent 20 à 30 compositeurs à venir réaliser des commandes dans ces studios, produisant plus de 750 œuvres en 25 ans[6],[8]. Françoise Barrière indique, s'agissant des missions de la Maison de la culture : la création, l'animation et la diffusion[6] : « Cela correspondait à nos idées : le compositeur doit sortir de sa tour d'ivoire et être le reflet et un moteur de la société. »
Composition au studio GMEB
Cependant, Françoise Barrière distingue sa carrière de directrice du GMEB de son engagement de compositrice fondé sur l'expérimentation. Le studio est spécialement équipé pour retrouver la polyphonie sonore et la liberté dans le mixage. Les nouvelles techniques de filtrage et de mise en espace des sons conduisent la compositrice à utiliser ce que Clozier appelle des « glissements de sens »[4].
Festival Synthèse de Bourges
Françoise Barrière et Christian Clozier sont les cofondateurs et directeurs artistiques de ce festival[5]: 39 festivals internationaux des musiques et créations électroniques de Bourges Synthèse[1].
Elle en assure avec Christian Clozier la programmation artistique[9], où la musique électroacoustique reste prépondérante et l’axe central, les musiques instrumentales, mixtes ou les improvisations, danse et spectacles y étant chaque année largement présents en contrepoint.
Dans le cadre des activités pédagogiques de l’IMEB, elle participe, dans les années 1970 et 1980, au travail d’élaboration des jeux pédagogiques « Gmebogosse »[5] développés par Christian Clozier et mène des animations et actions musicales en milieu scolaire[10].
Éditions en musique électroacoustique
Dans le domaine des éditions de l’IMEB, elle participe à la rédaction française des communications des trois Symposiums internationaux qui se tinrent à Bourges en 1989, 1990 et 1991[11]. Elle assure la supervision et la publication des volumes 1 à 5 de l’Académie internationale de musique électroacoustique de Bourges.
Concernant les publications de l’IMEB, elle est responsable des revues Faire (1972-1975)[12]. Depuis leur création en 1993, elle gère les Éditions Mnémosyne Musique Media[12].
Participations à la vie musicale internationale
Créations musicales
- Ode à la Terre Marine (1970)[16]
- Cordes-ci, Cordes-ça, pour violon, vielle et bande (1971)[16]
- Variations Hydrophilusiennes (1971)
- Java Rosa - printemps des Saisons (1972)[16]
- Au Paradis des Assassins (1973)
- Ritratto di Giovane, pour piano et bande (1973)[16]
- Aujourd'hui (1975)[16]
- Chant à la Mémoire des Aurignaciens (1977)[16]
- Musique pour le temps de Noël, pour petit ensemble instrumental et bande (1979)[16]
- Mémoires Enfuies (1980)[16]
- Scènes des Voyages d'Ulysse (1981)
- Par temps calme et ensoleillé I (pour piano et bande 1984)
- Par temps calme et ensoleillé II, pour violoncelle et bande (1985)
- Chant de consonnes (1986)
- L'Or (1987)
- Le tombeau de Robespierre - suite de la Révolution Française (1989)
- L'envers des mots (1990)
- Conversations enfantines (1991)
- Nos petits monstres musiciens (pour jeune actrice / musicienne et bande 1992)
- Equus : carnet d'esquisses (1993)
- Quand Philippe de Macédoine…, pour récitant, voix et électroacoustique (1994)
- Musiques Gelées (1995)
- Thinking of… pour le tombeau de Pierre Schaeffer (1996)
- Dessus la Mer (1995 - 1997)
- Accélération (1999)
- S’y sont baignés (1999)
- Ritratto di Fanciulla (2001)
- Les parfums dans le soir - 2e printemps des Saisons, pour récitante et électroacoustique
- Les messages (2003)
- Fragments en ton absence (2003)
- 3 modes d'air et de lamentations, pour accordéon et électroacoustique (2004 - 2006)
- Les Archers du silence, œuvre multimédia pour récitant, vidéo et partie électroacoustique en ambisonie (2007)
- Oriental, pour trio à cordes et électroacoustique (2007)
- Hera Irae, oratorio pour actrice/voix et électroacoustique (2009)
- Circulation (2009)
- Hera Luxuriae, oratorio pour actrice, percussions et électroacoustique (2010)
- Hera Acedia, pour actrice, images et électroacoustique (en préparation 2012-2013)
Ses œuvres ont été éditées sur disque noir (Le Chant du monde) et en CD sous les labels Le Chant du monde et Mnémosyne Musique Média.
Sa dernière œuvre, Notes au soleil (2019), reste inachevée[1].
Articles
- « Où en est la musique électroacoustique aujourd'hui ? », Circuit musiques contemporaines, vol. 13, no 3, (lire en ligne).
- « Réflexions sur la musique électroacoustique aujourd'hui et ses perspectives : évolution esthétique et communication au public. Actes I : esthétique et musique électroacoustique », Académie internationale de musique électroacoustique Bourges, 1-3 juin 1995 (lire en ligne).
- « Réflexions libres sur l'analyse en musique électroacoustique dans Analyse en musique électroacoustique. Actes II des travaux 1996 », Académie internationale de musique électroacoustique Bourges, (lire en ligne).
- « La diffusion, stade ultime de la composition dans Composition / Diffusion en musique électroacoustique . Actes III des travaux 1997 », Académie internationale de musique électroacoustique Bourges, (lire en ligne).
- « "Lettre à M..." Ballade nostalgique, un brin boudeuse, dans les arcanes de la musique dans Musique électroacoustique : expérience et prospective . Actes IV des travaux 1998 », Académie internationale de musique électroacoustique Bourges, (lire en ligne).
- « Notes brèves sur le temps en musique électroacoustique dans Le temps en musique électroacoustique. Actes V des travaux 1999-2000 », Académie internationale de musique électroacoustique Bourges, (lire en ligne).
- « Qui écoute et qu'écoute-t-il ? dans La diversité des esthétiques en musique électroacoustique. Les relations diverses entre celui qui fait la musique électroacoustique et celui qui l'écoute. Actes VII des travaux 2002-2003 », Académie internationale de musique électroacoustique Bourges, (lire en ligne).
- « Relations entre vision et audition en musique électroacoustique dans De la relation entre audition et vision dans la création en musique électroacoustique . Actes VIII des travaux 2004-2005 », Académie internationale de musique électroacoustique Bourges, (lire en ligne).
Voir aussi
Bibliographie
- Françoise Barrière dans Dictionnaire de la musique, Larousse (lire en ligne).
- (en) Julie Anne Sadie, Barriere, Françoise dans The Norton/Grove dictionary of women composers, W.W. Norton, (lire en ligne), p. 39-40.
- Jean-Noël von der Weid, La musique du XXe siècle, A. Fayard-Pluriel, , 719 p. (ISBN 978-2-8185-0020-0 et 2818500206, OCLC 718503224, lire en ligne).
- Michel Chion et Guy Reibel, Les musiques électroacoustiques, INA-GRM, , 339 p. (ISBN 978-2-85744-015-4 et 2857440154, OCLC 461803123, lire en ligne).
- Brigitte Massin et Jean Massin, Histoire de la musique occidentale, Fayard, coll. « Les Indispensables de la musique », , 1312 p. (ISBN 978-2-213-02032-7 et 2213020329, OCLC 495469590, lire en ligne).
- Chantal Bauer, Maurice Fleuret et Francis Jalain, Les hauts lieux de la musique en France, Bordas, coll. « Le Voyage culturel », (ISBN 978-2-04-018504-6).
- Frédéric Pfeffer et Joëlle Héraud, GMEB dans Hauts lieux musicaux d'Europe, Ed. Autrement, (ISBN 978-2-86260-230-1, lire en ligne).
- « GRM Le Groupe de Recherches Musicales (Cinquante ans d'histoire) », sur www.fayard.fr, (consulté le ).
- Jean-Noël Darde et Jean Rolin, Guide pratique de la musique, FeniXX, (ISBN 978-2-232-12930-8, lire en ligne).
- Émile Vuillermoz et Jacques Lonchampt, Histoire de la musique, (Fayard) réédition numérique FeniXX, (ISBN 978-2-7062-1571-1, lire en ligne).
- Laure Marcel-Berlioz, Omer Corlaix et Bastien Gallet, « Compositrices, l'égalité en acte - Médiathèque de la Philharmonie de Paris », sur mediatheque.philharmoniedeparis.fr (consulté le ).
- (en) Laurie Radford, « Scènes des voyages d'Ulysse ; Equus ; Dessus la mer (révision) », sur muse.jhu.edu, Journal de musique informatique - La presse du MIT, (consulté le ), p. 94-96.
Liens externes
- Ressources relatives à la musique :
- Ressource relative au spectacle :
- Site de CIME[17]