Fred Dewilde

dessinateur français From Wikipedia, the free encyclopedia

Fred Dewilde, né Frédéric Callizo le à Versailles et mort le à Paris 14e, est un auteur de bande dessinée et de roman graphique.

Nom de naissance
Frédéric Callizo
Faits en bref Naissance, Décès ...
Fred Dewilde
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Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Frédéric Callizo
Nationalité
Activités
Vue de la sépulture.
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Il est l'un des survivants de l'attentat du Bataclan du .

Biographie

Fred Dewilde grandit à Trappes en découvrant les dessins de Cabu et de Franquin[1] et dès l'âge de 3 ans, il souhaite être dessinateur[2].

Il devient graphiste spécialisé en illustration médicale[3]. Il est le père de trois enfants[4].

Attentats du 13 novembre 2015 : survivant du Bataclan

Le , Fred Dewilde assiste avec ses amis au concert du groupe rock américain Eagles of Death Metal au Bataclan[3]. À 21 h 47, tout bascule quand la salle de concert est investie par trois terroristes, missionnés dans le cadre d’attaques coordonnées à Saint-Denis et à Paris. Avec leurs fusils d’assaut de type Kalachnikov (AK47), ils tuent 90 spectateurs, en blessent plusieurs centaines d’autres[5].

Dans un mouvement de foule, Fred Dewilde qui assistait au concert dans la fosse à six mètres de la scène, tombe par terre dans une mare de sang avec à sa droite le corps d'un jeune homme mort. À sa gauche est allongée une jeune femme blessée à qui il va tenir la main pendant deux heures et avec qui il va converser à voix basse tout en faisant le mort[6],[3],[7].

Fred Dewilde sort du Bataclan sans blessure physique[8]. Il déclarera plus tard : « une partie de moi est morte, ce soir du 13 novembre, dans la fosse du Bataclan. »[9].

Auteur de bande dessinée

Un an après l'attentat, Fred Dewilde publie en octobre 2016 la bande dessinée Mon Bataclan chez Lemieux Editeur. Elle est composée de 15 planches en noir et blanc suivi d'un texte de 22 pages intitulé Vivre encore[10],[11],[12]. Il témoigne de l'attentat et de sa lente et difficile reconstruction. Les images qui le hantent sont si violentes que le dessinateur ne commence pas par le dessin mais par le texte un mois après l'attentat[3],[1]. Il choisit de ne pas représenter les terroristes comme des êtres humains mais sous la forme des quatre Cavaliers de l'Apocalypse, quatre squelettes armés de ceintures d’explosifs et de Kalachnikovs. C'est cette image qui lui permet de débuter la bande dessinée, certain d'avoir vu quatre tueurs et non trois[3]. Dans Vivre encore, Fred Dewilde, qui souffre désormais d'un trouble de stress post-traumatique, raconte son quotidien difficile : problème de concentration, insomnie, peur de la foule, incapacité à assister à un concert…[8] Écrit en 3 mois, Fred Dewilde finit Mon Bataclan le vendredi 13 mai soit six mois après l'attentat. Il est publié un an après le drame[6],[13].

En 2018 sort son deuxième roman graphique La Morsure chez Belin composé de 43 planches en noir et blanc[14],[15]. « La morsure, c’est le trauma sous toutes ses formes. Il ne s’agit pas que de moi, tout le monde est concerné » déclare l'auteur à France 24. Cette morsure prend la forme d'une tache noire qui envahit peu à peu son bras dans le récit et qui est réactivée lors de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice lorsqu'un camion-bélier tue 86 personnes sur la promenade des Anglais. Il témoigne également de la pauvreté de l'aide psychologique apportée aux victimes, du combat mené pour faire valoir leurs droits et de sa colère contre la classe politique française qui transforme les victimes en dommages collatéraux : « Je ne peux pas voir dans ce que l'on a vécu autre chose qu'un jeu de pouvoir de nos politiques ou de Daech. Je ne comprends pas que la France vende des armes à des gouvernements [comme l'Arabie saoudite] qui soutiennent les terroristes ! »[15].

En 2019, le dessinateur crée le spectacle Panser ma vie, l'adaptation sur scène de Mon Bataclan, parce que déclare-t-il au Figaro : « Ça a commencé par un spectacle, ça finira par un spectacle »[16]. Il s'entoure du guitariste Franck Coste alias Cap'tain Boogy également rescapé du Bataclan et de la comédienne Linda Hecquet qui interprète les textes[17]. Joué notamment à Douchy-les-Mines et au Forum de Vauréal, le spectacle est stoppé à cause du Covid[18],[19],[20].

En 2020, Fred Dewilde publie avec la psychanalyste Armelle Vautrot : Dessine moi un trauma : Trouver la voie de la résilience après le Bataclan[21]. Cette dernière découvre en 2017 les dessins du rescapé et les intègre dans ses travaux de recherche sur l’expression artistique du trauma après les attentats de 2015[22]. Dewilde lui propose trente dessins inédits qu'elle interprète comme données du psychotraumatisme sans se limiter aux attentats[21].

En 2021, le dessinateur édite son troisième roman graphique Conversation avec ma Mort chez Éditions Rue de Seine. Il déclare à L'Humanité : « Le premier [roman graphique] sur les événements, le deuxième sur la manière dont j'ai pris l'attaque de Nice, le troisième sur mon combat avec cette nouvelle compagne qu'est la mort »[23]. Alors qu'il n'a pas pu exercer sa profession pendant cinq ans et percevant une pension d'invalidité, il enseigne le dessin[2]. De 2017 jusqu'à sa mort, il est un pilier de l'association de victimes du 13 Life for Paris et témoigne dans les classes dans le cadre d’un partenariat avec le futur Musée-mémorial du terrorisme[24],[2].

De 2016 à 2021, Fred Dewilde participe au projet de recherche lancé par le CNRS et l’Inserm, en partenariat avec l’INA et l’ECPAD : Programme 13-Novembre qui recueille la parole de près de mille témoins. Vingt-sept participants du programme dont Dewilde témoignent dans le documentaire 13 novembre, nos vies en éclats de Valérie Manns, diffusé en novembre 2025 sur France 2[25].

En 2022, sort son 4e album La Mort émoi aux Éditions 13 en vie dans lequel il écrit : « je cherche tous les jours la vie que ce 13 m’a prise. Je suis à nu, à moitié tué, égaré dans ma propre vie. »[4].

En 2025, sort à titre posthume un second ouvrage en collaboration avec Armelle Vautrot : Dessiner l’effroi : Comprendre les attentats et leurs traumas chez Rio Bravo qui continue de décrypter le trauma dans son sens général. Elle met en lumière chez le dessinateur le thème de l'engluement et les tentacules. « Ils ne sont rattachés à rien. On ne voit jamais une pieuvre. C'est vraiment l'expression directe du psychotrauma tel qu'il est dans son cerveau. Envahissant, destructeur parce que souvent ça lui perfore le corps. Il ressemble à tout et à rien. Il est sinueux, insidieux. Et puis il y a des moments où on le voit plus, il se rétracte » déclare-t-elle[22].

Mort

Fred Dewilde se suicide le , à l’âge de 57 ans[26],[27],[4],[28]. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, (division 50)[29].

Sa famille déclare dans un communiqué publié par Life for Paris que Fred Dewilde a succombé à « la violence de ses traumas contre lesquels il luttait sans relâche avec tant de courage, de talent et de générosité, depuis ce soir funeste du 13 novembre 2015 »[28].

Fred Dewilde est reconnu comme la 132e victime des attentats du 13 novembre 2015 et la 92e victime du Bataclan[note 1],[32],[33].

Publications

Filmographie

  • 2025 : 13 Novembre, nos vies en éclats de Valérie Manns, France Télévisions
  • 2025 : 13 Novembre : les ricochets de Florence Troquereau et Pauline Pallier, France Télévisions [34]

Voir aussi

Articles connexes

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Notes et références

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