Freddie Scappaticci, né le à Belfast, mort le , est un membre de l'Armée républicaine irlandaise provisoire (IRA) désigné dans un rapport (le rapport Kenova) comme étant devenu une taupe des services secrets britanniques sous le nom de code Stakeknife. Scappaticci était membre de l'unité de sécurité interne de l' Armée républicaine irlandaise (IRA). En 2003, il a été rapporté que Scappaticci travaillait pour les services secrets britanniques, qu'il était leur agent le plus haut placé au sein de l'IRA, durant le conflit nord-irlandais et qu'il était connu sous le nom de code de «Stakeknife». Il serait mort à 77 ans, sans avoir été inquiété pour son rôle de taupe après vingt ans d’une paisible retraite dans le Surrey, au sud de l’Angleterre, sous un nom d’emprunt, Frank Cowley.
Freddie Scappaticci est né le à Belfast[1], de Mary Murray et Danny Scappaticci. Il grandit à Belfast. Son père est un immigrant italien arrivé dans la ville dans les années 1920, devenu marchand de glaces[1],[2]. L'Irish Times précise que son prénom de naissance est Frederico[3], mais «Freddie» est le prénom figurant sur son certificat de naissance[2],[4] Il commence à travailler comme maçon[5].
En 1970, durant les premières années du conflit nord-irlandais, désigné par les anglais sous le terme de «Troubles», un euphémisme pour désigner les années de guerre civile entre 1969 et 1998, Freddie Scappaticci est condamné à une amende pour participation à une émeute et, un an plus tard, il est interné sans procès à Long Kesh à l'âge de 25 ans dans le cadre de l'opération Demetrius. Parmi les personnes internées avec lui figurent des personnalités qui vont plus tard jouer un rôle important au sein du mouvement républicain, telles qu'Ivor Bell, Gerry Adams et Alex Maskey. Il est un membre subalterne de l'IRA dans les années 1970[5]. À sa libération, il trouve un emploi sur un chantier de construction. Mais surtout, il devient un des principaux responsables à partir de 1978 de l'unité de contre-espionnage et d'interrogatoire de l'IRA, appelée Nutting Squad. Cette unité de l’IRA est chargée notamment de chasser les indics qui renseignaient les britanniques sur le mouvement nationaliste[1]. Voulant semer la terreur parmi les traîtres à la cause nationaliste, elle n'hésite pas à procéder par exécution expéditive. Les suspects sont enlevés, torturés pour passer aux aveux, puis abattus d’une balle dans la nuque[1]. Au sein de cette unité, Freddie Scappaticci joue un rôle clé dans les enquêtes sur les informateurs présumés, sur les opérations soupçonnées d'avoir été compromises, les débriefings des volontaires de l'IRA libérés après avoir été interrogés par la Police royale de l'Ulster et l'armée britannique, et la vérification des antécédents des recrues potentielles de l'IRA. 14 assassinats et 15 enlèvements lui sont directement attribués[1], des traîtres peut-être, des innocents quelquefois ou des individus qui en savaient trop sur lui et représentaient une menace.
Il est plus tard interrogé par la police anglaise au sujet d'une fraude fiscale à laquelle il est accusé d'avoir participé.
Freddie Scappaticci est marié et a six enfants[4].
La première implication de Freddie Scappaticci dans les services secrets britanniques remonterait à 1978, deux ans avant la création de la Force Research Unit (FRU) en 1980. Le rôle de cette unité était de centraliser les renseignements de l'armée sous l'égide du Corps du renseignement. Craignant de retourner en prison suite à son interrogatoire pour fraude fiscale, il propose de devenir un informateur de bas niveau[6]. Il va devenir un des principaux agents doubles de la police britannique au sein de l'IRA[1].
Après la révélation des premières allégations sur son parcours au sein de l'IRA[1], en 2003, Freddie Scappaticci, qui vit alors dans le quartier de Riverdale à Belfast-Ouest, affirme que son implication dans l'IRA a pris fin en 1990 en raison de la maladie de sa femme. Il nie avoir jamais été lié à quelque service de renseignement britannique que ce soit, y compris la Force Research Uni, y compris sous le nom de code de Stakeknife, en tant qu'agent double de l'armée britannique. Freddie Scappaticci quitte ensuite l'Irlande du Nord et commence à vivre sous la protection des témoins dans le Surrey, aux frais du contribuable britannique, sous un nom d’emprunt, Frank Cowley[4],[1]. Il meurt le , paisiblement, à 77 ans[1].
À partir de 2016, une enquête intitulée Kenova est menée par la police britannique sur les activités criminelles de ce Stakeknife, indépendamment des structures concernées au sein de la police, des services de renseignement et de l'armée britannique. Le rapport final de cette enquête est publiée début [1]. Un documentaire est diffusé également sur la BBC en 2024[1],[7]. L’Etat britannique s’en tient à sa pratique du «neither confirm nor deny» («ne jamais confirmer ou nier»), concernant la couverture de ses agents[1].