Frigga Carlberg

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Naissance
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Falkenberg (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
Gustav Vasa parish (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Östra kyrkogården (en) ( - années 2010)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Frigga Carlberg
Fonctions
Administratrice de société
Bureau central de l'Association nationale pour le droit de vote des femmes (d)
Association nationale pour le droit de vote des femmes à Göteborg (d)
Présidente
Association nationale pour le droit de vote des femmes à Göteborg (d)
-
Biographie
Naissance
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Falkenberg (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
Gustav Vasa parish (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Östra kyrkogården (en) ( - années 2010)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Activités
Conjoint
Andreas Carlberg (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Ester Brisman (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Myrorna (d) ()
Association nationale pour le droit de vote des femmes à Göteborg (d) ()
Association nationale pour le droit de vote des femmes à Göteborg (d) ()
Association nationale pour le droit de vote des femmes à Göteborg (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Personnes liées
Klara Lindh (en) (professeur), Sylvia Pankhurst (amie), Signe Bergman (amie), Ann Margret Holmgren (amie), Anna Bugge-Wicksell (amie)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Illis quorum ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Frigga Carlberg, née le à Falkenberg et morte le à Stockholm, est une écrivaine, travailleuse sociale, féministe et militante suédoise pour le droit de vote des femmes. Elle est membre du conseil d'administration de l'Association nationale pour le suffrage des femmes de 1903 à 1921 et présidente de la section de Göteborg de 1902 à 1921.

Jeunesse et formation

Anna Fredrika Lundgren, dite Frigga, est née dans une famille aisée à Falkenberg, dans le comté de Halland, en Suède, le dans une famille aisée de neuf enfants. Son père, Tobias Lundgren, est un maître cordonnier et fabricant de cuir. Sa mère, Anna Elisabeth Lundgren, la seconde épouse de son père, dirige la tannerie à la mort de son mari[1],[2],[3].

Frigga Carlberg fréquente l'école de jeunes filles de Halmstad de 1867 à 1869. Elle travaille ensuite comme préceptrice privée de 1871 à 1874. Elle s'installe à Göteborg après son mariage avec Andreas Carlberg (1850-1921), receveur des postes, en 1876. Le couple a deux enfants, Ester et Gösta[1],[2].

Frigga Carlberg et d'autres manifestantes pour le suffrage féminin à Göteborg, juin 1918.

Engagement social

Dès son arrivée à Göteborg, Frigga Carlberg se fait connaître pour son engagement social et politique. Elle est particulièrement active dans la lutte contre la pauvreté dont les femmes et les enfants sont les principales victimes[1].

Elle est assistante sociale et responsable administrative au sein de l'Association centrale sociale de Suède occidentale (Sociala centralförbundet för västra Sverige) et étend son champ d'action, parallèlement, à la gestion d'une importante œuvre de charité privée[4].

En 1892, elle prend la présidence de la Sällskapet Myrorna (Société Myrorna), qui gère des foyers pour enfants pauvres et orphelins. Au total, Myrorna gère sept foyers qui appliquent une pédagogie novatrice, privilégiant le développement individuel de chaque enfant, contrairement aux précédentes initiatives de protection de l'enfance. L'association dirige également une maison d'accueil pour les enfants dont les parents sont atteints de tuberculose, aide les mères isolées à l'éducation de leurs enfants. Cependant les ressources sont insuffisantes face à l'ampleur de la misère. Frigga Carlberg estime que l'Église et le Conseil devraient s'impliquer davantage[1],[2].

De 1907 à 1915, Frigga Carlberg est secrétaire du comité central de l'association Förstamajblommans (Association des fleurs du ). Elle est à l'origine de l'organisation de séjours à la campagne pour les enfants citadins défavorisés[1],[4].

Suffrage féminin

Frigga Carlberg s'engage dans la cause des femmes en 1876 et, dans les années 1880, devient membre de la première association féminine de la ville, l'Association des femmes de Göteborg (sv) ( Göteborgs Kvinnoförening), rapidement dissoute[2].

Lorsque l'Association suédoise pour le droit de vote des femmes ( Landsföreningen för kvinnans politiska rösträtt, LKPR) est fondée en 1902, elle met sur pied la section de Göteborg et en assure la présidence de 1903 à sa dissolution en 1921[4].

Elle donne de nombreuses conférences sur le suffrage qui suscitent la création de nouvelles associations qui constituent le réseau national de la LKPR. Sous sa direction, la section de Göteborg est une des associations locales les plus dynamiques et influentes du pays[3],[4].

Alors que la LKPR désapprouve les méthodes violentes, Frigga Carlberg a de la sympathie pour l'activisme du mouvement britannique pour le suffrage féminin. Elle invite personnellement la suffragiste britannique Sylvia Pankhurst à donner une conférence à Göteborg le . Cette initiative lui vaut de vives critiques, non seulement de la part de la presse conservatrice et libérale, mais aussi d'une grande partie du mouvement suédois pour le suffrage féminin. Le journal conservateur Göteborgs Aftonblad titre : « Le scandale est total »[3].

Frigga Carlberg organise également à Göteborg la seule manifestation de rue jamais organisée par la LKPR en 1918, après le rejet d'une motion en faveur du suffrage féminin au Parlement[5].

Frigga Carlberg est membre du conseil d'administration de l'Association nationale pour le droit de vote (LKPR) de 1903 à 1921 et la représente à plusieurs congrès de l'Alliance internationale pour le suffrage des femmes. En 1923 à la 9e Conférence de l'Alliance internationale pour le suffrage des femmes (en), elle représente le gouvernement suédois[3].

Autres combats féministes

Frigga Carlberg milite pour l'égalité des droits des enfants nés hors mariage, une revendication rejetée par les organisations caritatives bourgeoises. Elle estime que les hommes doivent assumer la responsabilité des enfants qu'ils ont contribué à mettre au monde et que cela doit se traduire par des droits successoraux plus étendus[1].

Pendant près de deux décennies, elle contribue ainsi de façon significative à l'éveil de la conscience politique des femmes, au renforcement de leur sens des responsabilités sociales et à la diffusion des connaissances[4].

Frigga Carlberg a des convictions politiques démocratiques et libérales et s'investit au service du Parti libéral. Elle siège au conseil d’administration de Liberala valmansföreningen (Association électorale libérale) à Göteborg de 1907 à 1914[1],[4].

Écrivaine

Frigga Carlsberg écrit des romans et des nouvelles dans lesquels elle décrit les problèmes des femmes et les conditions de vie des pauvres, s'appuyant souvent sur son expérience professionnelle. Son premier roman, intitulé Vårlöften, publié en 1903, dépeint les dures conditions de vie des femmes pauvres[1]. En 1908 paraît För rättfärdighets skull (Pour l'amour de la justice), un roman socio-politique écrit à la première personne qui reflètes des expériences personnelles de Frigga Carlberg auprès de femmes et d'enfants défavorisés « dont les répliques originales et spirituelles, mêlant avec justesse gravité et humour, constituent une contribution très appréciée au mouvement pour le suffrage féminin, tant en Suède qu'à l'étranger »[1]. Ce texte est, avec le roman Pennskaftet (en) (1910) d'Elin Wägner, considéré comme l'un des romans les plus remarquables du mouvement suédois pour le suffrage.

Frigga Carlberg écrit également des pièces de théâtre, comme Statsministerns döttrar publié en 1916 et traduit de nombreux ouvrages féministes britanniques et américains en suédois, comme le roman de Charlotte Perkins Gilman, The Home: its work and influence publié en 1907[1],[4].

Elle publie des articles polémiques dans des journaux comme Dagny, Göteborgs Handels- och Sjöfartstidning et Svensk Damtidning[1].

Fin de vie

Frigga Carlberg travaille jusqu'à un âge avancé. Elle meurt à Stockholm le [1].

Distinctions

Bien que Frigga Carlberg soit parfois la cible de campagnes de persécution et de calomnies orchestrées par la presse, elle bénéficie aussi d'une grande estime[1] et, à l'occasion de son 70e anniversaire, le journal Halland écrit : « Mme Carlberg est certes une de nos adversaires politiques, mais face à un acte comme le sien, face à un tel engagement au service du public, les personnes partageant les mêmes idées et ses adversaires se doivent de s'unir et de rendre hommage à cette personnalité qui a consacré sa vie à une œuvre si marquante. »[4].

A la même occasion, l'Association électorale libérale lui rend hommage en remerciement du travail d'éducation qu'elle a mené à Göteborg et dans le reste du pays pendant les années où, « avec dévouement et un idéalisme inébranlable, elle a ouvert la voie à la politique libérale »[4].

Elle obtient le quorum d'Illis en 1921[4].

En 2022, Frigga Carlberg est mise à l'honneur dans la comédie musicale Musikalen om Frigga au Grand théâtre de Göteborg. L'intrigue retrace la lutte pour le droit de vote des femmes au début du XXe siècle et suit le parcours de Frigga Carlberg entre 1902 et 1921[6]. Cette représentation marque le centenaire du suffrage universel et s'inscrit également dans le cadre des célébrations du 400e anniversaire de Göteborg[7],[8].

Publications (sélection)

Notes et références

Liens externes

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