Fritz le chat (film)

film sorti en 1972 From Wikipedia, the free encyclopedia

Fritz le chat (Fritz the Cat) est un film d'animation américain pour adultes, écrit et réalisé par Ralph Bakshi, sorti en 1972.

Titre original Fritz the Cat
Réalisation Ralph Bakshi
Scénario Ralph Bakshi
Musique Ed Bogas
Ray Shanklin
Faits en bref Titre original, Réalisation ...
Fritz le Cat
Titre original Fritz the Cat
Réalisation Ralph Bakshi
Scénario Ralph Bakshi
Musique Ed Bogas
Ray Shanklin
Sociétés de production Aurica Finance Company
Fritz Productions
Krantz Films
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre
Durée 78 minutes
Sortie 1972

Série

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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Cette fable animalière librement adaptée du comics underground homonyme de Robert Crumb se déroule dans un New York des années 1960 et propose une satire de la vie universitaire, des relations interraciales, de l'amour libre et des extrémismes de gauche et de droite.

Premier long métrage de Bakshi et premier film d'animation à recevoir un classement X aux États-Unis, il choque à sa sortie. En raison de son contenu politique, Crumb le désavoue[1],[2], demande que son nom soit retiré du générique[3] et publie un nouvel album dans lequel Fritz meurt[4].

Le film rencontre néanmoins un grand succès et devient rapidement culte. C'est aussi une réussite financière malgré une production tumultueuse : plus de 90 000 000 $ au box-office pour un budget de 700 000 $[5].

Ce succès entraîne la sortie d'une suite en 1974, Les Neuf Vies de Fritz le chat de Robert Taylor, à laquelle ni Bakshi ni Crumb ne prennent part. Il favorise également la production de nombreux films d'animation pornographiques et ouvre la voie à des séries animées comme Les Simpson (1989), Ren et Stimpy (1991), South Park (1997) ou Les Griffin (1999).

Synopsis

Dans un rassemblement de hippies à New York, Fritz rencontre trois jeunes femmes en train de flirter avec un corbeau (personnage inspiré de James Baldwin). Lorsque le corbeau les repousse, Fritz emmène les jeunes femmes à une fête chez un de ses amis et initie du sexe en groupe dans la baignoire de la salle de bains.

Deux policiers (représentés sous les traits de cochons) font une descente dans la fête. Fritz, qui a fumé du cannabis, vole l'arme de l'un des policiers et tire sur les toilettes, provoquant une inondation. Les policiers poursuivent Fritz qui trouve refuge dans une synagogue. Il réussit à échapper à ses poursuivants lorsque la congrégation se met à danser pour célébrer la décision des États-Unis d'envoyer davantage d'armes à Israël.

De retour à sa résidence étudiante, Fritz met le feu à ses livres et à ses notes, incendiant toute la résidence. Dans un bar de Harlem, il rencontre le corbeau Duke, avec qui ils volent une voiture, ont un accident, et arrivent finalement chez Berta, une revendeuse de drogue. Le cannabis de Berta augmente la libido de Fritz. Pendant qu'il fait l'amour avec elle, Fritz a une révélation : il doit annoncer la révolution. Il court dans la rue et provoque une émeute, au cours de laquelle Duke reçoit un coup de feu et meurt.

Fritz se cache dans une ruelle où sa petite amie Winston Swartz, représentée sous les traits d'une renarde, le trouve et l'emmène en voyage à San Francisco. Ils tombent en panne dans le désert et Fritz abandonne Winston. Il rencontre alors Blue, un lapin motard nazi accro à l'héroïne. Avec Harriet, la petite amie de Blue, représentée sous les traits d'un cheval, ils se rendent dans une cache souterraine où d'autres terroristes nazis, dont la cheffe est une lézarde, parlent à Fritz de leur projet de faire sauter une centrale électrique.

Quand Harriet essaye de convaincre Blue de partir plutôt avec elle manger au restaurant chinois, il la frappe et l'attache avec une chaîne. Fritz proteste et un autre membre du gang le frappe dans la figure avec une bougie. Blue et les autres nazis violent ensuite Harriet. Après avoir posé de la dynamite à la centrale électrique, Fritz regrette son geste et cherche vainement à empêcher l'explosion, qui a lieu alors qu'il est encore sur les lieux. À l'hôpital à Los Angeles, Harriet, habillée en nonne, et les trois jeunes femmes du début du film lui rendent visite, le pensant mourant. Fritz, après avoir récité le discours qu'il avait utilisé pour draguer les trois jeunes femmes, revit et fait l'amour avec elles trois dans son lit d'hôpital, sous les yeux étonnés de Harriet.

Fiche technique

Distribution

Voix originales

  • Skip Hinnant : Fritz
  • Mary Dean : jeune femme nº1, jeune femme nº2, jeune femme nº3 et Harriet (non créditée)
  • Judy Engles : Winston Schwartz et la lézarde cheffe des nazis
  • Charles Spidar : le patron du bar et Duke le corbeau (non crédité)
  • Rosetta LeNoire : Bertha et voix supplémentaires
  • John McCurry : Blue et John
  • Phil Seuling : le policier Ralph et voix supplémentaires
  • Ralph Bakshi : le chef policier et le narrateur (non crédité)

Voix françaises

version française réalisé par la société de doublage SPS (Société Parisienne de Sonorisation), avec une adaptation des dialogues par Éric Kahane.

Accueil

Fritz le chat sort le à Hollywood et Washington DC. Malgré une première sortie modeste, le film devient rapidement un succès mondial[8]. Produit avec un budget de 700 000 $, il en rapporte 25 millions aux États-Unis et 90 millions dans le monde[9]. C'est le film d'animation indépendant qui a eu le plus de succès de tous les temps[10]. La location du film en vidéo a rapporté 4.7 millions$ en Amérique du Nord[11].

À propos d'une avant-première du film à Los Angeles, Ralph Bakshi déclare : « Ils oublient que c'est un dessin animé. Ils le prennent comme un vrai film. [...] C'est le but, amener les gens à prendre le dessin animé au sérieux. » Au sujet d'une projection au Museum of Modern Art de New-York, il se souvient : « Un type m'a demandé pourquoi j'étais contre la révolution. Le truc important, là, c'est qu'un dessin animé poussait les gens à lever leur cul et se mettre en colère. »[12]

Le film attire aussi des réactions négatives. D'après Ralph Bakshi, « Les gens au pouvoir, les gens des magazines et les gens qui allaient au boulot tous les matins et aimaient Disney et Norman Rockwell pensaient que j'étais un pornographe, ils m'ont fait la vie dure. Je m'adressais aux gens plus jeunes, aux gens qui pouvaient accepter des idées nouvelles. Je ne m'adressais pas à tout le monde. Les gens qui aimaient mon film le trouvaient génial, et tous les autres voulaient ma peau. »[13]

Accueil critique

Les critiques à la sortie du film sont mitigées mais globalement positives.

Vincent Canby du New York Times écrit que le film est « drôle du début à la fin [...] Il y a là de quoi choquer à peu près tout le monde. »[14] La critique cinématographique Judith Crist décrit dans le New York magazine le film comme « un divertissement glorieusement drôle, brillamment ciblé et superbement exécuté [...] qui vise les têtes confuses des petits malins radicaux des années 60 [...] [ce film] changera à jamais la face du dessin animé. »[15] Paul Sargent Clark déclare dans le Hollywood Reporter que le film est « puissant et audacieux »[5].

Selon Newsweek au contraire, c'est « une saga inoffensive, jeuniste et sans esprit, calculée pour n'ébranler que le box office »[5]. Les critiques du Wall Street Journal et de Cue sont mitigées[5]. Thomas Albright écrit une critique enthousiaste dans Rolling Stone du après avoir vu un extrait de 30 minutes du film, déclarant que ce serait « certainement la plus importante avancée en matière d'animation depuis Yellow Submarine »[16] ; mais dans sa critique publiée après la sortie, il revient sur sa déclaration et écrit que le travail sur l'image ne suffit pas à empêcher le produit fini d'être un « désastre qualifié » en raison d'une « intrigue pesante » et d'un scénario « puéril » reposant trop lourdement sur des gags éculés et un humour raciste de mauvais goût[17].

D'après le critique Andrew Osmond, l'épilogue nuit à l'intégrité du film car il « donne à Fritz des capacités de survie de personnage de dessin animé, ce que le film avait refusé jusque-là »[18].

Patricia Erens trouve les scènes impliquant des stéréotypes juifs « violentes et inappropriées », et écrit que « seul le regard aigre du réalisateur Ralph Bakshi, qui dénigre indifféremment tous ses personnages, le héros inclus, peut faire douter de la nature de l'attaque. »[19]

Notes et références

Liens externes

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