Frontière entre l'Ouganda et la Tanzanie
frontière internationale
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La frontière entre l'Ouganda et la Tanzanie est une frontière internationale continue longue de 396 kilomètres séparant, en Afrique de l'Est, l'Ouganda au nord et la Tanzanie au sud. La majeure partie de cette frontière est lacustre, traversant d'est en ouest le lac Victoria.
Description

La frontière débute par un tripoint avec les frontières Rwanda-Tanzanie et Ouganda-Rwanda à la confluence entre le Muvumba et le Kagera. Sur ses 60 premiers kilomètres elle suit le cours du Kagera, vers l'est puis le nord-est, avant de le quitter. Les 340 kilomètres suivants suivent une ligne droite orientée d'ouest en est fixée sur le 1er parallèle sud. La majeure partie de cette frontière rectiligne est située sur le lac Victoria. Elle s'achève sur par un tripoint entre les frontières Kenya-Ouganda et Kenya-Tanzanie sur le lac, à une douzaine de kilomètres de sa côte orientale.
La ville de Mutukula est l'un des principaux points de passage routier de la frontière.
Histoire

Le tracé est le résultat d'un compromis entre deux puissances coloniales présentes en Afrique orientale au XIXe siècle : l'Empire allemand et la Grande-Bretagne. Soucieux de s'approprier des territoires en Afrique, Bismarck invite les puissances européennes à la conférence de Berlin. Si cette conférence n'a pas comme ordre du jour un partage formel des influences partout sur le continent, elle en assure les prémices en attribuant des zones de pénétration à partir des côtes. A son issue, Berlin se voit attribuée une portion de côte orientale en Afrique, sous réserve d'un accord de la puissance locale qu'est le sultanat de Zanzibar. Mais, sans même attendre la fin des travaux, l'aventurier allemand Carl Peters s'empresse de conclure des accords à titre privé avec des chefs locaux, et revendique plusieurs dizaines de milliers de km², ce qui ne tarde pas à créer des tensions avec le sultanat. Le gouvernement allemand proclame alors un protectorat sur la côte dès la fin de la conférence, et Bismarck envoie une escadre pour intimider le sultan. Il obtient dès la fin 1885 son accord pour avoir les mains libres sur le continent[1].
De son côté, en 1887, la Grande-Bretagne obtient, également du sultan, par l'intermédiaire de la Compagnie britannique impériale d'Afrique de l'Est, la souveraineté d'une bande côtière au nord de la zone sous protectorat allemand. Souhaitant s'assurer le contrôle de l'arrière-pays, la compagnie ambitionne de l'étendre jusqu'en Ouganda[1].
Carl Peters, toujours dans le cadre d'une initiative personnelle, extorque, quant à lui, un protectorat allemand sur l'Ouganda à un souverain local en 1890, ce qui conduit Salisbury à réagir : les sources du Nil constitue un enjeu stratégique dans sa politique coloniale en Afrique, essentiellement pour des raisons de politique interne. Le projet de Cecil Rhodes de liaison Le Cap-Le Caire rencontre en effet à cette époque un accueil favorable du public. L'arrivée de Caprivi au poste de chancelier, peu intéressé par les conquêtes coloniales, permet de conclure rapidement le traité Heligoland-Zanzibar. Il permet aux deux puissances de se partager les influences en Afrique de l'Est. Les Britanniques s'assurent le contrôle de l'Ouganda tout en laissant à l'Allemagne la possibilité de rejoindre le Congo. Les Britanniques renoncent ainsi à la liaison Le Cap-Le Caire et la frontière entre l'Ouganda et l'Afrique orientale allemande est alors définie[1].
Événements
Guerre ougando-tanzanienne
La zone frontalière est le théâtre d'affrontements entre les armées ougandaise et tanzanienne en 1978-1979, avec pour conséquence, in fine, la chute du régime d'Idi Amine Dada. La guerre débute avec le franchissement de la frontière par l'armée ougandaise pour la porter plus au sud jusqu'aux rives de la Kagera, qui se situent, à cet endroit, en territoire tanzanien. La Tanzanie réagit en reprenant le territoire et en pénétrant sur le territoire ougandais[2].
Une incursion d'opposants au dictateur ougandais, soutenus par la Tanzanie, a eu lieu plusieurs années auparavant en vue de rétablir l'ancien président Obote, réfugié en Tanzanie. Malgré un accord signé en 1972 sous l'égide de la Somalie, Amine Dada accusait ensuite régulièrement la Tanzanie de vouloir le renverser[2].