Fruit de l'arbre empoisonné
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Le fruit de l'arbre empoisonné (Fruit of the poisonous tree en anglais) est une métaphore juridique aux États-Unis qui décrit une preuve obtenue de manière illégale[1]. La doctrine sous-jacente à ce nom a été décrite pour la première fois dans Silverthorne Lumber Co. v. United States (en)[2],[3]. Le terme a été utilisé pour la première fois par le juge Felix Frankfurter dans l'affaire Nardone c. États-Unis (1939)[4].
De telles preuves ne sont généralement pas admissibles devant les tribunaux[5]. Par exemple, si un policier obtient la clé d'un casier de gare lors d'une perquisition domiciliaire, perquisition jugée inconstitutionnelle au motif qu'elle viole le Quatrième amendement, toute preuve d'un crime provenant de ce casier serait très probablement exclue en vertu de la doctrine juridique du « fruit de l'arbre empoisonné »[6]. Le témoignage d'un témoin découvert par des moyens illégaux ne serait toutefois pas nécessairement exclu, en raison de la « doctrine de l'atténuation »[7], qui permet l'admission de certains éléments de preuve ou témoignages devant un tribunal si le lien entre la conduite illégale de la police et les éléments de preuve ou témoignages qui en résultent est suffisamment atténué. Par exemple, le témoignage libre et volontaire d'un témoin constitue un facteur suffisant pour atténuer le lien entre la découverte illégale de ce témoin par le gouvernement et son témoignage volontaire lui-même (« United States v. Ceccolini », 435 U.S. 268, 1978).
La doctrine des « fruits de l'arbre empoisonné » est une extension de la règle d'exclusion des preuves, qui, sous réserve de certaines exceptions, empêche l'admission, lors d'un procès pénal, de preuves obtenues en violation du Quatrième Amendement. À l'instar de la règle d'exclusion, la doctrine des fruits de l'arbre empoisonné vise à dissuader les forces de l'ordre d'utiliser des moyens illégaux pour obtenir des preuves.
Cette doctrine comporte quatre principales exceptions. La preuve viciée est admissible si :
- Elle a été découverte en partie grâce à une source indépendante et non viciée.
- Elle aurait été découverte inévitablement malgré la source viciée.
- Le lien de causalité entre l'acte illégal et la preuve viciée est trop ténu.
- Le mandat de perquisition n'a pas été jugé valide sur la base de cause probable (en) mais a été exécuté par des agents du gouvernement de bonne foi (exception de bonne foi (en)).