Frédéric (évêque de Genève)
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Frédéric (en latin Fridericus), probablement mort vers 1073, est un évêque de Genève du XIe siècle. Il est placé au 45e rang, du catalogue de la liste de la Bible de Saint-Pierre[1].
Origines
Les origines de Frédéric (en latin Fridericus[1]) sont incertaines. Toutefois, il semble être originaire de l'archidiocèse de Besançon[2], dont il est archidiacre (v. 1041)[3].
Il pourrait appartenir à une famille noble, non identifiée, vassale du comte de Bourgogne, Guillaume Ier[2],[4], peut-être originaire de Haute-Bourgogne[5]. L'historien Besson (XVIIIe siècle) avançait, sans preuves, qu'il pouvait appartenir à la famille comtale de Genève[5].
Cette origine du comté de Bourgogne repose notamment sur des droits, hérités de son père, concernant la « villa » de Franey, dans l'actuel département du Doubs[2].
Épiscopat
La durée exacte de son épiscopat n'est pas connue avec certitude, il est toutefois mentionné au cours de la période s'étalant de l'année 1030 à l'année 1073[2],[6],[4]. Il est qualifié d'évêque réformateur[3]. Il est témoin de la fin du règne de Rodolphe III († ), roi des Deux Bourgognes (Bourgogne transjurane et Bourgogne cisjurane), et du conflit pour sa succession[3],[7]. Il est considéré comme un proche de l'archevêque de Besançon, Hugues de Salins, ainsi que du pape Léon IX[3].
Il se montre favorable à l'intégration de la Bourgogne à l'Empire, comme le confirmera la seconde acclamation du nouveau roi à Genève en 1034 (voir ci-après)[4],[8].
La première mention comme évêque correspond à la charte de fondation de l'abbaye de Talloires, dans le comté de Genève, placée entre et [2],[9].
Le , Conrad II le Salique est recouronné roi des Deux-Bourgognes, dans la cathédrale de Genève[2].
Frédéric est mentionné comme archidiacre de Besançon en 1041[2],[3],[10]. Il est d'ailleurs présent à Besançon, le , lors de la donation d'Hugues de Salins, archevêque de Besançon, en faveur de la collégiale Saint-Paul[2].
Il participe au concile de Rome, en avril-, au cours duquel les idées du théologien Bérenger de Tours sont qualifiées d'hérésie, ce qui amène à sa condamnation[2],[11].
Entre septembre et , il accompagne le pape Léon IX lors de la restauration de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune[3], ainsi qu'à Romainmôtier et à Besançon[2].
Il fait plusieurs donations entre la fin 1072 et le début de l'année suivante. Il donne à l'abbaye de Cluny, par l'intermédiaire d'Algodus, son avocat, des biens situés in villa monte Tauriaco, dans l'évêché de Besançon, fin 1072-1073 (probablement Monthury, près de la commune de Servance)[12],[13]. Il fait une autre donation en faveur du monastère de Romainmôtier, au cours de cette même période[2],[14]. L'acte est accompagné d'une lettre adressée au comte de Bourgogne Guillaume Ier pour qu'il garantisse la donation de l'évêque[15].
Mort et testament
Selon le catalogue de Saint-Pierre, Frédéric serait mort un , à la suite d'un épiscopat de 37 ans[2]. Sa mort est placée vers 1073[16].
Il lègue sa bibliothèque, constituée de 28 ouvrages[16], au chapitre cathédral de Genève[2],[3], dont le catalogue est conservé depuis à la Bibliothèque publique et universitaire de Genève[4].
Références
- 1 2 Louis Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule. Provinces du Sud-Est (tome premier), vol. 3, Paris, Thorin et fils, , 356 p. (lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Helvetia Sacra, p. 73.
- 1 2 3 4 5 6 7 Diocèse de Genève-Annecy, p. 30.
- 1 2 3 4 Martine Piguet, « Frédéric » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 Régeste genevois, Introduction, p. 52.
- ↑ Diocèse de Genève-Annecy, p. 303.
- ↑ Régeste genevois, Introduction (lire en ligne), p. 52.
- ↑ Togni 2018, p. 269.
- ↑ Régeste genevois, REG no 182 (lire en ligne), p. 50.
- ↑ Régeste genevois, REG no 195 (lire en ligne), p. 55.
- ↑ Régeste genevois, REG no 200 (lire en ligne), p. 56.
- ↑ Régeste genevois, REG no 210 (lire en ligne), p. 58.
- ↑ « Acte de Frédéric évêque de Genève pour Cluny (abbaye Saint-Pierre et Saint-Paul) dans Chartae Galliae », sur le site telma.irht.cnrs.fr - Institut de recherche et d'histoire des textes (consulté en ).
- ↑ Régeste genevois, REG no 207 (lire en ligne), p. 58-59.
- ↑ Régeste genevois, REG no 207, p. 58-59.
- 1 2 Diocèse de Genève-Annecy, p. 36.
Voir aussi
Bibliographie
- Henri Baud (éditeur scientifique), Louis Binz (contributeur), Robert Brunel (contributeur), Paul Coutin (contributeur), Roger Devos (contributeur), Paul Guichonnet (contributeur), Jean-Yves Mariotte (contributeur) et Jean Sauvage (contributeur), Le Diocèse de Genève-Annecy, Paris, Editions Beauchesne, coll. « Histoire des diocèses de France », , 331 p. (ISBN 2-7010-1112-4, BNF 34842416, lire en ligne).
- Louis Binz, Jean Emery et Catherine Santschi, Helvetia Sacra, vol. 3 : Le diocèse de Genève. L'archidiocèse de Vienne en Dauphiné, Berne, Éditions Francke, , 391 p. (ISBN 3-7720-1454-2, lire en ligne [PDF]).
- Paul Lullin et Charles Le Fort, Régeste genevois : Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 542 p. (lire en ligne).
- Nadia Togni, « Frédéric, évêque de Genève, 1032-1073 », dans Anne Wagner, Nicole Brocard, Les Royaumes de Bourgogne jusq'en 1032 à travers la culture et la religion, vol. 30, Brepols, coll. « Culture et société médiévales », , 412 p. (ISBN 978-2-503-57583-4, lire en ligne), p. 269-284.