Fukagawa (Tokyo)
quartier dans l'arrondissement de Kōtō à Tokyo, au Japon
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Fukagawa (深川) est un quartier de l’arrondissement de Kōtō-ku à Tokyo au Japon, situé au bord du fleuve Sumida, à 3 km du palais impérial et de la gare de Tokyo. Il est divisé en deux districts et comprend 3 511 habitants[1].
| Fukagawa | ||
Le temple Fukagawa Fudoson. | ||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Ville | Tokyo | |
| Arrondissement | Kōtō-ku | |
| Code postal | 135-0033 | |
| Démographie | ||
| Population | 3 511 hab. (01/01/2011) | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | 35° 40′ 37″ nord, 139° 47′ 49″ est | |
| Cours d’eau | Sendai-bori-gawa | |
| Localisation | ||
| Géolocalisation sur la carte : Japon
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Histoire
Le quartier doit son nom à son fondateur, Fukagawa Hachirozaemon. À la suite du grand incendie de Meireki en 1657, le shogunat ordonne des aménagements de Hachirozaemon afin de gagner des terres sur la mer et de relocaliser ainsi les temples bouddhistes qui se trouvaient sur les rives des rivières Sumida et Onagi. La zone est alors principalement occupée par des pêcheurs et compte alors près de mille habitants[2].
Le village est officiellement nommé « Fukagawa-Sagamachi » en 1695. Grâce à la construction d'une grande quantité de greniers à riz, la zone devient un important centre de commerce de céréales jusqu'à la Seconde Guerre mondiale[2]. Par ailleurs, jusqu'à cette même époque, Fukagawa était aussi le quartier où se concentraient les entrepôts et négociants de bois de construction pour la ville de Tokyo, et les services de barges qui les desservaient. Ces activités de commerce de bois ont été décrites sur des gravures et des peintures des différents quartiers de Tokyo par des peintres et graveurs célèbres comme Koizumi Kishio[3],[4], et apparaissent également dans la littérature[5].
Fukagawa est aussi le plus ancien hanamachi (花街, quartier de geishas) du Japon. Les geishas de Fukagawa sont connues sous le nom de haori geisha ou tatsumi geisha, du fait du port du haori[6], une veste de kimono qui était auparavant réservée exclusivement aux hommes, .
Le quartier est connu pour avoir accueilli le grand poète Matsuo Bashō (1644-1694), qui vécut de 1680 à 1689 à Morishita, au nord de Fukagawa, ainsi que le pharmacologue Gennai Hiraga (1729-1780) et le cartographe Tadataka Inō (1745-1818). C’est aussi le lieu de naissance du célèbre cinéaste Yasujirō Ozu.
En 1947, Fukagawa est incorporé à l'arrondissement de Kōtō[2]. Au cours des décennies suivantes, la construction de ponts au fil de la rivière Sumida a permis un meilleur accès à Fukagawa. L’intérêt principal du quartier réside aujourd'hui dans ses parcs et ses temples.
Lieux remarquables
Musées
- Musée Fukagawa Edo 深川江戸資料館 (Fukagawa Edo Shiryōkan) : créé en 1986, le musée héberge une reproduction grandeur nature du quartier tel qu’il était dans les années 1830, durant l’ère Edo, ainsi qu’une collection d’images présentant la vie quotidienne de l’époque.
- Musée d'art contemporain de Tokyo (東京都現代美術館, Tōkyō-to gendai bijutsukan) : Grosse masse de béton armé, le musée se situe à l’extrémité nord du parc de Kiba. Il a ouvert en et présente une grande collection d’art contemporain japonais et international d’après-guerre. Sa collection permanente de compose de 4 000 œuvres parmi lesquelles se trouvent des œuvres d’Andy Warhol, Roy Lichtenstein, David Hockney et Gerhard Richter.
Temples et sanctuaires
- Temple Fukagawa Enma (深川閻魔堂, Fukagawa Enma-dō) : fondé en 1629 et également connu sous le nom de Kentai-san Hojo-in, ce temple est dédié au dieu Enma, version bouddhiste japonaise du dieu hindou Yama, le dieu de la Mort. À l’intérieur se trouve une statue du dieu Enma de 3,5 mètres, des urnes contenant les cendres de défunts et des peintures de l’au-delà, avec les procès et jugements que connaissent les défunts ayant eu une mauvaise conduite dans leur vie et n’ayant pas gardé les enseignements du Bouddha.
- Temple Fukagawa Fudoson (深川不动尊, Fukagawa Fudoson) : édifié en 1703 en remerciement pour la vague de prospérité qui avait touché la ville d’Edo, ce temple bouddhiste de la secte Shingon est connu pour être aujourd'hui temple dédié à la sécurité routière : les fidèles prient pour être en sécurité sur les routes et beaucoup de voitures attendent sur le parvis pour y être bénies.
- Sanctuaire Tomioka Hachiman (富岡八幡宮, Tomioka Hachiman-gū) : Fondé en 1627, ce sanctuaire Hachiman, dédié au dieu au dieu du même nom, entouré de jardins boisés fut reconstruit à différentes reprises à la suite d'incendies, ainsi que de bombardements durant la Seconde Guerre mondiale. Il est à l’origine du Kanjin-zumo (勧进相扑), des tournois de sumo de bienfaisance ou d'exhibition organisés au Japon depuis l'époque d'Edo, qui sont les ancêtres de l’actuel sumo professionnel. Le sanctuaire possède de nombreuses dédicaces aux yokozuna, gravées sur des tablettes de pierre.
- Temple Mantoku-in (万徳院, Mantoku-in) : Ce petit temple au faible intérêt architectural possède cependant un cimetière dans lequel ont été enterrés de nombreux lutteurs de sumo.
Jardins et parcs
- Jardins Kiyosumi Teien (清澄庭園, Kiyosumi Teien) : autrefois propriété d’un daimyo puis de Iwasaki Yatarō, fondateur de la société Mitsubishi, les jardins s’étendent sur 81 hectares et ont été aménagés dans le style Kaiyu-shiki-rinsen-teien, typique de l’ère Meiji, c’est-à-dire jardins-promenade avec arbres et étang. Il comprend ainsi un étang, peuplé d’oiseaux et agrémenté de plusieurs petites îles, de collines artificielles, de rochers précieux et d’une flore très variée : cerisiers, pruniers, pins noirs, rhododendrons, hortensias, iris, azalées, daphnés, camélias, etc. Le , le jardin fut classé « Site exceptionnel » par la ville de Tokyo.
- Parc de Kiba (木場公園, Kiba Koen) : ce parc de 24 hectares est divisé en deux parties par la rivière Sendai-bori qui la traverse d’ouest en est. La partie nord du parc possède six courts de tennis, une aire sportive, une aire de jeux et accueille le Musée d'art contemporain de Tokyo. La partie sud est un endroit idéal pour le pique-nique et comprend un grand espace vert, une aire de barbecue, une piste d’athlétisme et des jardins botanique. Un grand pont piétonnier relie les deux parties du parc.
Autour du poète Bashô

- Musée Bashô (芭蕉記念館, Bashô Kinenkan) : Petit musée consacré au poète Matsuo Bashô (1644-1694), où les visiteurs trouvent une présentation vidéo et des rouleaux calligraphiés présentant les œuvres et la vie du poète. Il se situe près de l'endroit où s'élevait la petite hutte dans laquelle Basho a vécu et composé plusieurs de ses journaux de voyage[7].
- Pont Umibe (海辺橋, Umibe-bashi) : ce pont qui enjambe la rivière Sendai-bori fut le point de départ de Bashō pour son voyage vers le nord du Japon, en 1689, dont il ramena le plus célèbre de ses journaux de voyage, La Sente étroite du Bout-du-Monde (Oku no hosomichi). Sa statue de bronze se trouve à l’extrémité sud du pont.
- Sanctuaire Bashō Inari (芭蕉稲荷神社, Bashô-inari-jinja) : Dédié à Bashō, ce petit temple possède des sculptures en pierre de la célèbre grenouille, sujet d'un des plus célèbres haïkus du poète[8], ainsi que d’autres monuments qui lui sont également dédiés.
- Matsuo Bashô Memorial Park (松尾芭蕉記念公園, Matsuo Bashô kinen kôen) : Le parc est dominé par la statue de bronze du poète Bashô et comprend aussi un étang et des bananiers japonais (bashō (芭蕉, signifie « bananier »).