Fusil jezaïl
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Le fusil djezaïl (du mot pachto جزائل) était une arme à feu artisanale de conception simple et modique, à chargement par la bouche, commune dans le Raj britannique, l’Asie centrale et certaines contrées du Moyen-Orient.

Les djezaïls étaient des fusils de facture artisanale, souvent personnalisés, avec une abondante ornementation. Ils étaient dotés d'un canon d'une longueur inaccoutumée en Europe, et dont le principal exemple en Amérique aura été le Kentucky Rifle : cette carabine américaine, destinée principalement à la chasse, était de petit calibre (0,35 à 0,45 pouce) et ne pesait pas plus de 4,5 kg ; alors que les djezaïls étaient des armes de combat, d'où un calibre plus important (0,50 à 0,75 en général) et un poids de 5 à 6,5 kg ; ce poids plus important absorbait davantage l'énergie dégagée par la cartouche, permettant ainsi un recul moins important.
Certains djezaïls étaient à canon rayé ce qui, combiné à la longueur du canon, en faisait des armes très précises pour leur époque.
Le mécanisme de mise à feu était constitué d'une platine à mèche ou à silex. Comme les mécanismes à silex étaient complexes et difficiles à fabriquer, plusieurs djezaïls étaient équipés de mécanismes récupérés sur des Brown Bess.
La crosse, taillée à la main dans un bois lourd, était richement décorée, et arquée d'une façon inhabituelle. Le choix de cette forme est controversé : soit elle était exclusivement décorative, soit elle permettait de tirer avec le djezaïl coincé entre le bras et le torse, plutôt qu'armé contre l'épaule. Cette dernière hypothèse est critiquée parce qu'alors le visage du tireur aurait été dangereusement près du bassinet, outre le fait qu'il aurait été difficile de viser ; il est plus probable que le fusil n'était coincé sous le bras que lors des déplacements à dos de cheval ou de chameau. La découpe de la crosse servait aussi à alléger l'arme sans altérer son intégrité structurale. On tirait avec l'arme en tenant la crosse d'une main assez près de la gâchette, un peu comme un pistolet, la crosse passée sous l'avant-bras : on tirait ainsi à cheval.
En position de tir embusqué, le djezaïl était souvent posé sur une béquille, une corne ou un pupitre en métal.
