Gabriel de Bérard
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Consul de France |
|---|
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité |
Française |
| Activité | |
| Famille | |
| Père |
| Religion | |
|---|---|
| Distinction |
Gabriel de Bérard, né le à Paris et mort le à Manille (Philippines), est un diplomate français. Il fut notamment consul de France à Manille de 1890 à sa mort, lors de la perte par l'Espagne de ses dernières colonies.
Adolphe Joseph Anne Gabriel de Bérard naît à Paris le du légitime mariage d'Evremond Auguste Léopold de Bérard, peintre, et de Céleste Caroline Selhausen[1].
Il appartient à la famille de Bérard, d'ancienne bourgeoisie, originaire de Provence, où le nom est représenté à Draguignan (Var) dès le XVe siècle[2]. Sa filiation est suivie jusqu'à Jehan Bérard, cité dans l'acte de naissance de son fils Anthoine le à Draguignan[2]. Une branche s'établit à la Guadeloupe avec son grand-père Jean Joseph Vespasien de Bérard (1795-1860), ancien officier de santé dans un corps de volontaires royaux, docteur en médecine, aide-de-camp des gouverneurs de la Guadeloupe, vice-président du Conseil colonial[3] et propriétaire à Sainte-Anne (Guadeloupe) de l'habitation Bérard-Belcourt[4], qui demanda vainement d'ajouter à son nom celui de : de Montalet-Saint-Pierre[5]. Cette famille porte pour armes de gueules au demi-vol d'argent[6]. La famille de Bérard prétend[7] et a pour tradition[8] de descendre des Bérard de Montalet en Languedoc. Dominique de La Barre de Raillicourt indique que « Gabriel de Bérard de Montalet-Saint-Pierre, à la mort du dernier représentant des Montalet-Alais, prit au début du XXe siècle le titre de marquis de Montalet-Saint-Pierre ; son fils Maurice en fit de même [...][9]. »
Il épouse en premières noces le à Paris (7e) Marie Victorine Pedaing d’Ogeu dont Jules Auguste Marie Emmanuel Maurice de Bérard, auteur d'une branche éteinte en 2003[1] ; en secondes noces, le à Manille (Philippines), Estela Villas Villareal, dont il eut Vincent Charles Emile Théodore Gabriel de Bérard et Evremond Henri Jean Louis de Bérard (auteur de deux branches subsistantes établies en Espagne et en France)[1].
Carrière
Le [10], âgé de 20 ans, Gabriel de Bérard est nommé attaché à la direction des fonds, puis attaché payé le , commis principal le de la même année et rédacteur le [10].
Nommé consul de 2e classe à Santiago de Cuba (Cuba) le [11], il fait preuve en cette qualité d'un grand dévouement quand sévit à Cuba une épidémie de fièvre jaune[12], de laquelle sa femme, son fils et sa belle mère (qui décède) sont atteints[12]. En récompense, il est décoré de la médaille d'honneur de vermeille des épidémies le [10],[12]. À Cuba, Nathalie Belrose indique que Gabriel de Bérard se livre, notamment en 1887[13], comme en témoignent ses courriers au ministère des affaires étrangères[14], à « la première des missions [du personnel consulaire français] qui est donc de donner à voir la grandeur de la France, de se faire bien voir dans le paysage cubain et international, ce qui peut se traduire, dans les faits et dans la réalité cubaine, par l’existence d’une compétition pour la meilleure représentation[13]. » Il organise donc à ses hôtes étrangers de grands et coûteux événements[13].
Il est nommé consul de France de 2e classe à Cagliari (Sardaigne) le [10].
Il est nommé consul de France de 2e classe à Manille (Philippines) le [15],[10] puis consul de 1e classe le [15],[10], lors de la guerre hispano-américaine (1899-1902)[16]. Durant les cinquante premières années du consulat français à Manille, la France envoya aux Philippines des diplomates hautement qualifiés, comme le démontrent les dépêches de Gabriel de Bérard, consul de France à Manille de 1890 à sa mort en [16],[15]. Ces diplomates, comme Gabriel de Bérard, étaient tous issus de familles de la haute société ayant eu des précédents dans la diplomatie, les affaires ou la marine[16]. Tous parlaient parfaitement l'espagnol, ayant été pour la plupart envoyés précédemment en Amérique latine ou en Espagne[16]. Les dépêches de Gabriel de Bérard et des autres consuls de cette période de l'histoire des Philippines ont été notamment largement étudiées par Maria-Luisa Camagay dans son ouvrage French Consular Dispatches on Philippine Revolution[15]. Gabriel de Bérard entretient de bonnes relations diplomatiques avec les représentants des différents pays impliqués dans la crise aux Philippines[15] et envoie régulièrement des rapports sur la situation économique et sociale des Philippines au gouvernement français[15],[17],[18], dont les conclusions sont publiées dans la presse[19],[20].
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le [21],[10].
Le , il manque de mourir d'un accident de mer alors qu'il est en service, accompagné du chancelier du consulat[22].
Il meurt subitement le à Manille, alors qu'il s'apprêtait à rentrer en France, « [sa] santé [étant] altérée par treize années de séjour sous le climat, meurtrier pour les Européens, des Philippines[12]. »
Références
- 1 2 3 Dominique de La Barre de Raillicourt, À ce titre (réponse au libelle de Charondas), I
- 1 2 L. Delcer de Puymège, Les Vieux noms de France : les Vieux noms de la France méridionale et du centre, p. 117-118, Paris, « La Vieille France », 1939
- ↑ René Borricand, Nobiliaire de Provence, I
- ↑ L'Écho de la Guadeloupe, 14 octobre 1874, p. 4
- ↑ Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables – de Bérard
- ↑ J.-B. Rietstap, Armorial général, I, 1884, p. 167
- ↑ Charondas, À quel titre ?, Les cahiers nobles
- ↑ L. Delcer de Puymège, Les Vieux noms de la France méridionale et centrale, « La Vieille France »
- ↑ Dominique de La Barre de Raillicourt, La Noblesse française titrée par l'usage, t. II, 1974
- 1 2 3 4 5 6 7 Annuaire diplomatique et consulaire de la République française, p. 153
- ↑ Journal officiel de la République française, dix-septième année (28 janvier, p. 506
- 1 2 3 4 Journal des débats politiques et littéraires, « Nécrologie », 18 mars 1904, p. 3/4
- 1 2 3 Nathalie Belrose, Les colonies françaises de Cuba (1887-1914), Centre de Recherches sur l’Amérique Latine et les Mondes Ibériques, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 2010 p. 106-107
- ↑ Courrier du 6 février 1887, Carton n°253, « Correspondance des postes – Dépêches – Minutes, Santiago de Cuba & La Havane », Fonds « Personnels et Agences consulaires », Série « Fonds personnels », Sous-série « Agences consulaires et correspondances », CADN
- 1 2 3 4 5 6 Maria-Luisa Camagay, French Consular Dispatches on Philippine Revolution, Manila, University of the Philippines Press, 1997
- 1 2 3 4 Aileen S. Mendiola-Rau, The Philippines and France : discovery, rediscovery, 2019
- ↑ Bulletin de la Chambre consultative mixte de commerce et d'agriculture de l'Annam, 12 septembre 1899
- ↑ Chambre de commerce de Paris (bulletin de la bibliothèque).
- ↑ La Gironde, 11 juin 1899, « Les Affaires aux Philippines »
- ↑ Le Messager de Paris, 10 mars 1897.
- ↑ Base Leonor – BÉRARD (Adolphe Joseph Anne Gabriel de), consul de France à Manille (chevalier)
- ↑ Journal des débats, mardi 11 novembre 1902