Gabrielle Bernier
couturière et créatrice de mode québécoise (1901-1976)
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Gabrielle Bernier, dite Gaby Bernier, née le à Chambly et morte le à Montréal, est une couturière et créatrice de mode québécoise.
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Modéliste, couturière |
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Surnommée la « Coco Chanel québécoise », elle fonde en 1927 le premier salon de haute couture de Montréal, où elle habille pendant quarante ans les femmes de l'élite montréalaise et des personnalités internationales. Pionnière de la mode au Québec, elle est notamment reconnue pour avoir popularisé le port du pantalon féminin.
Jeunesse
Gabrielle Fabiola Bernier naît à Chambly le [1]. Elle est la fille de Séneville Bernier et d'Elzéar Bernier, tous deux originaires de la Côte-du-Sud et apparentés à l'explorateur Joseph-Elzéar Bernier[2]. Elle grandit rue Bourgogne à Chambly avec son frère Donio et sa sœur cadette Éva (1903-1982)[2].
En 1909, son père, employé de la Montreal Light, Heat and Power au barrage hydroélectrique sur la rivière Richelieu, meurt électrocuté. Sa mère, infirmière de profession, déménage alors la famille à Montréal. Gabrielle et sa sœur terminent leurs études au pensionnat Sainte-Catherine[3]. Excellente pianiste, elle songe d'abord à donner des leçons de musique[2].
Carrière
Vers 1919, Gabrielle Bernier obtient son premier emploi de couturière chez les tailleurs Saint-Pierre et Oliver, sur la rue Sainte-Catherine Ouest[4]. Elle est ensuite embauchée comme « première » (chef d'atelier) par Edna Jamieson au salon Madame de Pompadour, sur la rue Peel[5].
En 1927, elle ouvre son propre salon de couture au 1327, rue Sherbrooke Ouest, à un pâté de maisons de l'hôtel Ritz-Carlton[5]. Sa sœur Éva devient sa fidèle collaboratrice[1]. L'année suivante, le salon déménage au 1316, rue Sherbrooke Ouest[5]. À partir de cette année, Gaby se rend chaque mois d'août à Paris pour voir les nouvelles collections et s'inspirer des créations européennes[5]. Introduite aux maisons de couture et aux fabricants de textiles par Marcel Louis, représentant montréalais du fabricant de soie français Bianchini-Férier[2],[5].
Le salon survit au krach de 1929 et prospère durant les années 1930 et 1940[1],[4]. En 1936, elle innove en ajoutant une section de prêt-à-porter à son salon de haute couture et devient la première couturière montréalaise à créer des tailleurs-pantalons[5]. En 1937, son immeuble de la rue Sherbrooke est démoli pour faire place au magasin Holt Renfrew ; elle déménage alors rue Drummond[3]. En 1938, elle organise un défilé de mode solo au hôtel Ritz-Carlton, présentant 48 tenues complètes incluant des tailleurs en laine Lesur et Rodier, ses propres créations de fourrure et des robes en soie Ducharne et Bianchini[5],[4].
En 1942, le salon s'établit au 1669, rue Sherbrooke Ouest, où les robes atteignent des prix de 500 dollars, comparables à ceux de certaines maisons parisiennes[5].
Clientèle
Au cours de sa carrière de quarante ans, Gaby Bernier habille les femmes de l'élite économique, politique et artistique montréalaise, notamment celles du Golden Square Mile[6]. Sa principale rivale est alors Ida Desmarais (1887-1946), également couturière à Montréal[6].
Parmi ses clientes figurent des personnalités internationales, dont la duchesse de Windsor, la patineuse olympique Barbara Ann Scott et l'épouse de Ray Atherton (en), ambassadeur des États-Unis au Canada de 1943 à 1948[5].
Vie personnelle et fin de vie
Gabrielle Bernier entretient une relation amoureuse de huit ans avec le joueur de hockey Pit Lépine des Canadiens de Montréal[2]. Elle ne se marie jamais et adopte le petit-fils du docteur Jean-Salomon Taupier de Chambly[2],[3].
À la fin des années 1950, elle vend son immeuble de la rue Sherbrooke et prend sa retraite en 1960[5]. Elle s'établit à Oka, où elle investit dans l'hôtellerie et la restauration[5]. Au début des années 1970, des problèmes de santé la ramènent à Montréal[5]. Elle meurt le [5]. Elle est inhumée au cimetière de la paroisse Saint-Joseph-de-Chambly[2],[4].
Postérité
En mars 2003, le Cégep Marie-Victorin inaugure le pavillon Gaby-Bernier, qui accueille les programmes d'enseignement en mode de l'institution[7].
À Chambly, une rue porte son nom en hommage à cette pionnière de la mode québécoise[1].
En 2012, la romancière Pauline Gill publie une trilogie historique consacrée à sa vie[2],[8].