Galgano Guidotti
saint italien
From Wikipedia, the free encyclopedia
Galgano Guidotti, en italien San Galgano, né vers 1148 à Chiusdino, dans l'actuelle province de Sienne, et mort le sur la colline de Montesiepi, est un chevalier devenu ermite, vénéré comme saint par l'Église catholique.
Montesiepi, Chiusdino
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | Montesiepi, Chiusdino |
| Activité |
| Vénéré par | |
|---|---|
| Étape de canonisation | |
| Fête |
30 novembre ou 3 décembre |
Issu de la petite noblesse toscane, il abandonne selon la tradition la vie militaire à la suite de visions de l'archange Michel et se retire sur le mont Siepi, où il meurt après un peu plus d'un an d'érémitisme. Le procès ouvert en 1185 en vue de sa canonisation compte parmi les plus anciens dont les actes soient conservés et constitue la principale source sur sa vie.
Son culte, rapidement adopté par les cisterciens qui édifient une abbaye au pied de sa colline, se diffuse à Sienne et à Volterra. La relique d'une épée fichée dans la roche, conservée dans la chapelle bâtie sur son ermitage, a nourri un rapprochement, discuté par les historiens, avec le motif arthurien de l'épée dans la pierre.
Sources
La vie de Galgano est essentiellement connue par les actes de l'enquête de canonisation menée en 1185, dite Inquisitio in partibus, qui recueille les dépositions de témoins ayant connu l'ermite[1]. S'y ajoutent plusieurs vitae rédigées entre le XIIIe siècle et le XVe siècle, dont la Legenda beati Galgani confessoris[2].
Ces textes relèvent du genre hagiographique et mêlent éléments biographiques et récits de miracles. Le patronyme Guidotti n'apparaît qu'au XVIe siècle, dans un document qui attribue rétrospectivement à son père le nom de Guido ou Guidotto ; seul le prénom de sa mère, Dionigia, est attesté par les sources anciennes[3].
Éléments biographiques
Origines et jeunesse
Galgano naît vers 1148 à Chiusdino, dans une famille de la petite noblesse locale liée par des rapports de vassalité aux évêques de Volterra[3]. La tradition hagiographique le présente comme un jeune chevalier au comportement violent et dissipé[4].
Conversion et retraite
Selon les récits recueillis lors du procès de canonisation, Galgano connaît plusieurs visions dans lesquelles l'archange Michel l'exhorte à renoncer aux plaisirs du monde[1],[4]. Après avoir distribué ses biens, il gagne la colline de Montesiepi, près de Chiusdino, et s'y établit en ermite[4].
La tradition rapporte qu'il voulut alors briser son épée contre le rocher en signe de renoncement aux armes, et que la lame s'y enfonça, formant une croix[2]. Il vit dans le dénuement, entouré de quelques disciples, et se rend à Rome où il obtient une audience du pape Alexandre III[4].
Mort
Sa retraite est brève : il meurt le , après un peu plus d'un an passé sur la colline[3]. Les miracles attribués à son intercession sont aussitôt consignés par les fidèles de Chiusdino, et le pèlerinage à Montesiepi se développe rapidement[3].
Canonisation et culte
Le procès de 1185
L'affluence des pèlerins conduit l'évêque de Volterra à ouvrir une enquête sur les faits rapportés[1]. Le procès de canonisation s'ouvre en 1185, quatre ans après la mort de Galgano, et aboutit sous le pontificat de Lucius III[3]. Il est souvent présenté comme la première procédure formelle de ce type conduite par la papauté et comme le plus ancien dont les pièces soient conservées[1].
Diffusion et appropriations
Une chapelle circulaire, la Rotonda de Montesiepi, est édifiée sur le lieu de l'ermitage afin d'abriter le tombeau et le rocher ; son noyau primitif est achevé vers 1185[1]. Les cisterciens s'installent ensuite sur le site à la demande de l'évêque de Volterra et entreprennent, à partir des années 1220, la construction dans la plaine voisine de l'abbaye qui porte son nom[3].
Le succès du culte suscite des revendications concurrentes : les cisterciens reconnaissent Galgano comme un saint de leur ordre, tandis que les ermites de saint Augustin, auxquels se rattachent une partie de ses compagnons, l'inscrivent également dans leur tradition[2].
Reliques
Le culte siennois s'organise autour de reliques corporelles, au premier rang desquelles le chef du saint, conservé dans un reliquaire orfévré dont le cycle iconographique inspire ensuite les peintres siennois[2]. Son manteau est conservé dans l'église du Santuccio, à Sienne[2].
L'épée dans le rocher
L'épée associée à la conversion de Galgano est toujours visible, sous une châsse de plexiglas, au centre de la chapelle de Montesiepi[3]. Des analyses métallographiques coordonnées en 2001 par le chimiste Luigi Garlaschelli, de l'université de Pavie, ont conclu que la composition et le style de l'arme sont compatibles avec une datation au XIIe siècle[5].
Postérité littéraire
Le motif de l'épée fichée dans la pierre a conduit plusieurs auteurs à rapprocher la figure de Galgano de la matière arthurienne. Le médiéviste italien Mario Moiraghi soutient ainsi que la légende arthurienne aurait emprunté à l'histoire du saint toscan, en s'appuyant notamment sur la proximité onomastique entre Galgano et Gauvain[6]. L'historien Franco Cardini a consacré une étude à ce dossier dans un ouvrage collectif sur l'Arthur des Italiens[7].
Représentations
- Un cycle de fresques d'Ambrogio Lorenzetti, réalisé vers 1336 dans la chapelle latérale de la Rotonda de Montesiepi, illustre des épisodes de sa vie[1].
- Un portrait du saint par le même artiste est conservé au Palazzo Pubblico de Sienne[2].
- Un médaillon polylobé figurant une scène de sa vie est conservé au musée de Cluny, à Paris[8].
- Six panneaux peints par Ventura Salimbeni dans l'église du Santuccio, à Sienne, développent un cycle hagiographique complet, du songe de l'ange à la visite de ses parents[2].