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Garet el Djenoun

Garet el Djenoun est un sommet du Tefedest (Hoggar, sud Algérie), à 2 330 m. From Wikipedia, the free encyclopedia

Le garet el Djenoun (en arabe : قارة الجنون , en tamasheq Oudane) est un sommet du massif du Tefedest, rattaché au massif du Hoggar (Ahaggar en tamasheq), dans le sud de l’Algérie. Son altitude est de 2 330 mètres. Sa première ascension fut réalisé le , par Raymond Coche et Roger Frison-Roche[2].

Faits en bref Géographie, Altitude ...
Garet el Djenoun
Vue du garet el Djenoun.
Vue du garet el Djenoun.
Géographie
Altitude 2 330 m[1]
Massif Tefedest (Hoggar)
Coordonnées 25° 04′ 51″ nord, 5° 24′ 58″ est[1]
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Tamanrasset
Daïra Tazrouk
Ascension
Première par Roger Frison-Roche et Raymond Coche
Voie la plus facile Président et Mouflon
Géologie
Roches Granite
Géolocalisation sur la carte : Algérie
(Voir situation sur carte : Algérie)
Garet el Djenoun
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Toponymie

Le toponyme associe un terme saharien employé pour désigner un relief rocheux (garet) et le pluriel de djinn (djenoun), d’où une interprétation fréquente en « montagne des génies »[3]. Des variantes graphiques (Djenoun/Djenoune) se rencontrent dans la littérature et les ressources cartographiques, en lien avec les pratiques de translittération.

Géographie

Carte de localisation du garet el Djenoun dans le massif du Tefedest.

Situation

Le garet el Djenoun se situe au cœur du Sahara central, dans la partie septentrionale du massif du Tefedest (Hoggar) à 250 km au nord de Tamanrasset et à environ 1 300 kilomètres au sud d'Alger. Il relève administrativement de la wilaya de Tamanrasset, dans le secteur de Tazrouk[4].

Son isolement relatif au sein du massif, combiné à un relief abrupt, explique qu’il ait souvent été décrit comme un objectif difficile et logistiquement contraignant dans les récits de terrain et de déplacement sahariens[5].

Topographie

L’altitude du garet el Djenoun est de 2 330 mètres et sa proéminence de 1 067 mètres[1].

Géologie

Le garet el Djenoun appartient au socle précambrien du Hoggar, marqué par des épisodes de déformation, de métamorphisme et de magmatisme associés notamment à l’orogenèse panafricaine. Des travaux géochronologiques ont discuté l’évolution polycyclique du bloc Amsinassène–Tefedest, en lien avec l’histoire tectonique régionale[6].

Des approches plus récentes mobilisent télédétection, géophysique aéroportée et observations de terrain afin de préciser l’évolution structurale du terrane du Tefedest et de ses zones de cisaillement majeures[7].

Environnement

Les reliefs d’altitude du Hoggar sont classiquement considérés comme des espaces-refuges à l’échelle saharienne, où persistent des éléments floristiques relictuels. L’arbuste Myrtus nivellei (myrte saharien) a notamment fait l’objet d’analyses portant sur la diversité et la structuration génétiques dans ces milieux montagnards arides[8].

La région du Tefedest a également été documentée par des collectes naturalistes et des synthèses faunistiques, qui signalent des observations d’espèces sahariennes dans le secteur[3],[9].

Histoire

Archéologie

Le garet el Djenoun fait partie d'une région riche en vestiges préhistoriques holocènes, notamment des habitats néolithiques et des structures en pierre sèche interprétées comme funéraires ou rituelles. Des prospections ont révélé des outils lithiques capsiens et ibéromaurusiens, ainsi que des indices d'élevage ancien dans le bas Mertoutek voisin, reliant ces occupations aux pasteurs sahariens anciens[10].

Le massif du Tefedest abrite près de 150 stations d'art rupestre datant du Néolithique ancien et avancé, avec peintures et gravures illustrant chasseurs, troupeaux et scènes rituelles, témoignant d'une néolithisation progressive dans un environnement aride en évolution depuis 12 000 ans. La thèse de Smaïl Iddir (2013) documente spécifiquement le peuplement holocène du bas Mertoutek, combinant fouilles, datations C14 et analyses techno-typologiques pour retracer dynamiques pastorales et culturelles autour du pic[11].

Exploration et récits

Roger Frison-Roche dans le Sahara algérien vers 1950.
Raymond Coche dans le Hoggar en Algérie

Le garet el Djenoun a occupé une place particulière dans certains récits et reportages[précision nécessaire] en raison de son isolement, de la rudesse des conditions (chaleur, rareté des points d’eau, portage), des contraintes d’acheminement du matériel et des croyances locales.

La première ascension du garet el Djenoun eu lieu le , par Raymond Coche et Roger Frison-Roche, dans le cadre de l’expédition alpine française au Hoggar[12]. Après une approche en méharée dans un secteur très reculé, ils gravissent la face en style alpin de l’époque, avec cordes de chanvre et pitons rudimentaires, en suivant vires, fissures et cheminées dans une paroi impressionnante pour l’époque, avant de gagner le sommet puis de redescendre par le même versant. L’isolement, la méfiance des guides touaregs envers cette montagne « taboue » et l’engagement technique donnent à cette ascension une dimension à la fois sportive et quasi mystique, que Frison‑Roche reprend ensuite dans ses récits sahariens, notamment dans L’Appel du Hoggar et ses Carnets sahariens[13]. Cette expédition saharienne est l’un des grands épisodes fondateurs de la carrière d’explorateur de Frison‑Roche[2]. L'ascension est répétée le par Raymond Coche, Roger Frison-Roche et le photographe et réalisateur Pierre Ichac.

En 1957, les alpinistes français P. Assante, C. Aulard et J. Bertraneu réalisent la première ascension confirmée du garet el Djenoun, surmontant ses faces raides jugées inaccessibles. Cette escalade se déroule dans le contexte tumultueux de l'Algérie pré-indépendance, avec des archives limitées disponibles dans les bibliographies historiques sur l'exploration saharienne. Leur succès défie les avertissements touaregs et marque une étape dans l'alpinisme du Hoggar, après des tentatives antérieures comme celle de Roger Frison-Roche en 1935.

La même année, les voies Président et Mouflon sont réunies sous le nom Président et Mouflon ; elles ont été ouvertes le par Dubois, Gardinier, Leblanc et de Vivie. Cette voie normale bien balisée part du col est, emprunte un défilé avec deux rappels finaux et convient à un large éventail d’alpinistes pour accéder au sommet[14].

À l'instigation du cinéaste Jacques Ertaud, Pierre Mazeaud et Lucien Bérardini partent en pour le Hoggar. Leur objectif : la première ascension de la Takouba (2 150 m), une aiguille rocheuse d’environ 100 m accolée au flanc oriental du garet el Djenoun, ce qui en fait un sommet directement adjacent au grand plateau sommital. Lucien Bérardini effectue en tête les passages en escalade libre, Pierre Mazeaud ceux en escalade artificielle. Leur entreprise couronnée de succès est filmée par les caméras de l'équipe de Jacques Ertaud[13].

Plusieurs voies d'escalade sont ensuite ouvertes par des expéditions internationales[2], dont la voie Direct Medica (7b+), sur l'éperon de la Takouba par Daniel Du Lac, en 2009[15]. Il déloge de leur emplacement les deux pitons de rappel plantés par Pierre Mazeaud quarante-trois ans plus tôt. De retour à Paris, il se rend à la Fondation Charles-de-Gaulle, présidée par Mazeaud, pour lui rapporter les deux pitons[13].

Notes et références

Annexes

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