Éditions Garnier Frères

maison d'édition française From Wikipedia, the free encyclopedia

Garnier Frères (aussi appelée « Garnier frères »[1], ou « Librairie Garnier Frères ») était une maison d'édition et librairie française fondée en 1833 à Paris, avant d’être rachetée par les Presses de la Cité en 1983.

Création1833
Dates clés1983 (rachat par les Presses de la Cité)
Préfixe ISBN978-2-7370
978-2-35184Voir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Repères historiques, Création ...
Garnier Frères
Logo historique de la maison Garnier Frères
Repères historiques
Création 1833
Dates clés 1983 (rachat par les Presses de la Cité)
Préfixe ISBN 978-2-7370
978-2-35184Voir et modifier les données sur Wikidata
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En 1979, la collection GF (Garnier-Flammarion) se sépare de Garnier et devient une marque du Groupe Flammarion.

Depuis 2000, la marque Garnier se perpétue à travers deux entités distinctes :

  • les éditions Garnier, marque du groupe éditorial Rue des écoles ;
  • la collection des Classiques Garnier, devenue une maison indépendante, dotée d'une librairie au même nom rue de la Sorbonne.

Historique

« Garnier, frères » : une réussite au XIXe siècle

Affichette de lancement des Métamorphoses du jour (1868) par Grandville.

En 1833, les frères Auguste-Désiré (1812-1887)[2],[3] et François-Hippolyte Garnier (1815-1911)[4], rejoints plus tard par leur aîné Pierre-Auguste (1807-1899), puis par leur cadet Baptiste-Louis (1823 - mort à Rio en 1893)[5], fondent leur maison d'édition à Paris. Originaires de Coutances, dans la Manche, fils de cultivateurs-éleveurs, Jean-Baptiste Garnier (1777-1828) et Madeleine-Cécile Lechevallier, ils bâtissent l'une des plus grandes fortunes éditoriales du XIXe siècle. À la mort d'Hippolyte en 1911, son patrimoine est estimé à 25 millions de francs-or, comprenant une cinquantaine d'immeubles parisiens dans le quartier du Montparnasse, où une impasse porte encore le nom de Villa Garnier[6].

Au départ, les quatre frères exerçaient le colportage d'imprimés en Normandie. En 1828, ils tentent leur chance à Paris. Ils ouvrent leur boutique en 1833, et obtiennent leur brevet de libraires en 1835 puis en 1838. Leur librairie s'installe dans la galerie d'Orléans sous les arcades du Palais-Royal. Ils rachètent ensuite les fonds de Henri Delloye (1842), Jacques-Julien Dubochet (1848) et Salvat (1849), éditeurs de grands écrivains romantiques et de classique issus de la célèbre maison fondée par André Joseph Panckoucke (1703-1753). Plus tard, après 1876, il acquièrent également le fonds de l'abbé Migne[6].

En 1851, l'aîné, Pierre, est interdit d'exercer son métier pour avoir publié des ouvrages jugés obscènes ou érotiques. Ses trois frères l'écartent alors de l'entreprise. En 1858, Baptiste fonde la Livraria Garnier (pt) à Rio de Janeiro, ainsi qu'une librairie espagnole, « Garnier Hermanos », au 6 rue des Saints-Pères — lieu qui deviendra plus tard le siège du groupe. Il publie des ouvrages en espagnol, obtient le monopôle de l'exportation du livre européen vers l'Amérique du Sud, et récupère le fonds interdit de son frère Pierre[7]. Sous le Second Empire, les Garnier emploient 70 personnes[6].

Ils publient le Dictionnaire national de Louis-Nicolas Bescherelle, d'abord avec Simon Éditeur, puis seuls. Ils se lient d'amitié avec Sainte-Beuve, Musset, Gautier, Chateaubriand, Lamartine, George Sand, Vigny, dont ils éditent certaines œuvres[8].

En 1867, les frères se lancent dans les ouvrages illustrés, avec l'édition des Contes drolatiques de Balzac, illustré par 424 dessins de Gustave Doré. En 1873, ils publient les Œuvres de Rabelais, un texteétabli à partir des éditions originales, accompagné d'une biographie de l'auteur, de note et d'un glossaire par Louis Moland, illustré par le même Gustave Doré, en deux volumes, comprenant 500 gravures dans le texte et 80 gravures hors-texte.

La maison engage de nombreux graveurs, parmi lesquels Ferdinand Delannoy, qui a travaillé chez Garnier entre 1850 et 1886[9].

1893 marque le lancement des ouvrages Classiques Garnier (voir ci-dessous).


« Garnier, frères » au XXe siècle

En 1904, les éditions H. Simonis Empis, spécialisées dans le beau livre illustré, sont rachetées[10]. La maison se lance alors dans la publication d'ouvrages pour la jeunesse, en faisant largement appel à des illustrateurs tels que Joaquín Xaudaró ou Robert Sallès.

Après , et la mort du dernier des fondateurs, leur petit-neveu Pierre-Auguste (1885-1966), fils de l'aîné des Garnier, reprend la direction. Il transmettra ensuite les commandes à ses deux fils[6].

En , la « collection Garnier-Flammarion » (GF, voir ci-dessous), est lancée, sous format poche, fondée par Jean Garnier (mort en 2010), dernier représentant de la famille des fondateurs. Le , Les Infortunes de la vertu de Sade publié dans cette collection est interdit à la vente aux mineurs[10]. En 1979, Garnier se retire, et la collection devient simplement GF.

Garnier dépose le bilan le [10].

En 1983, la maison d'édition Garnier Frères est rachetée par les Presses de la Cité, et Garnier devient alors un département Presses Pocket.

Les éditions Garnier au XXIe siècle

Fondé en 2000, le groupe indépendant Rue des Écoles / Miscellane[11] a repris la marque « Éditions Garnier». Il publie des ouvrages de référence en langue et littérature française comme Le Nouveau Littré (2005-2009). Les Éditions Garnier collaborent aussi avec divers partenaires, tels que Le Monde (Les Rebelles, 2012 ; Les Petits Guides de la langue française, 2017) ou avec Le Figaro (La Bibliothèque de Jean d'Ormesson, 2009). En 2019, elles sortent également Le Dico, adapté du Wiktionnaire, en partenariat avec Wikimédia France.

La collection Classiques Garnier est, quant à elle, devenue une maison indépendante.

La collection Garnier-Flammarion (GF)

Logo de la collection Garnier-Flammarion.

En 1964, Jean Garnier et Henri Flammarion lancent la collection de poche « Garnier-Flammarion ». Celle-ci se distingue par un catalogue très varié, allant de la philosophie à la littérature classique ou contemporaine, avec des ouvrages enrichis d'un appareil critique et de notes explicatives. Cette particularité lui a valu une certaine notoriété auprès des lycéens et étudiants[12],[13].

En 1979, la collection « Garnier-Flammarion » devient simplement « GF », mais la mention « GF-Flammarion » continue de figurer sur les couvertures jusqu'en 2006. Le nom « Garnier » disparaît alors complètement.

En 1995, Flammarion lance la sous-collection Étonnants Classiques pour les plus jeunes[12]. La première version de la couverture affiche la mention « GF-Flammarion » comme pour la collection mère. En 2006, cette mention est remplacée par le logo GF, en même temps que celui de la collection principale.

Avant le milieu des années 1990, la collection GF ne suit pas de modèle unique pour ses couvertures : chaque livre possède un style particulier avec sa propre typographie. Vers 1996, une charte graphique commune est adoptée. Chaque ouvrage présente alors une image (photo, photomontage, dessin…) encadrée de blanc et entourée d’un marquage dont la couleur varie selon le titre. Le nom de l'auteur et celui de l'ouvrage apparaissent en Gill Sans, en noir ou blanc, par-dessus l'image. Si besoin, la mention « Édition avec dossier » figure dans un cartouche rouge au-dessus. La référence à la collection (GF-Flammarion jusqu'en 2006 puis le logo « GF » rouge) est placée en bas de l'image.

En 1997, Flammarion lance la collection GF-Corpus, alors dédiée exclusivement aux thèmes philosophiques. Son objectif est de rassembler des extraits d'œuvres philosophique autour d'un sujet précis (le droit, la liberté, le langage…). En 2001, l'éditeur scinde la collection GF-Corpus en deux branches : GF-Corpus/Philosophie (le fonds principal) et GF-Corpus/Lettres (consacrée aux concepts de théorie littéraire, comme L'Auteur, Le Tragique, Le Roman, etc.)[14],[15]. En 2011, la collection adopte la charte graphique de la collection-mère GF.

Notes et références

Voir aussi

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