Garolou

groupe de rock canadien From Wikipedia, the free encyclopedia

Garolou est un groupe de rock folklorique canadien formé en 1975 à partir de musiciens franco-ontariens et québécois. À l'origine, le groupe était connu sous le nom Lougarou, mais a dû le changer en 1977 à la suite d'une contestation légale.

Autre nom Lougarou
Pays d'origine Drapeau du Canada Canada
Années actives 1975-1983, 1993, 1999
Faits en bref Autre nom, Pays d'origine ...
Garolou
Autre nom Lougarou
Pays d'origine Drapeau du Canada Canada
Genre musical Musique traditionnelle, rock, rock progressif, folk
Années actives 1975-1983, 1993, 1999
Labels Disques Francor, Just a Memory, Kébec-Disque, London Records
Composition du groupe
Anciens membres Marc Lalonde
Michel Lalonde
Michel (Stan) Deguire
Gaston Gagnon
Réginald Guay
Georges Antoniak
Steven Naylor
Gilles Beaudoin
Bobby Lalonde (concerts)
Fermer

Jusqu'en 1980, Garolou interprète sur trois albums des pièces du répertoire traditionnel français et canadien-français avec des arrangements rock utilisant des instruments électriques et des synthétiseurs. Son quatrième disque, en 1982, ne possède que des chansons originales et le groupe cesse bientôt ses activités. En 1993, il effectue un retour sur scène et, cinq ans plus tard, sort un nouvel album qui reprend des chansons folkloriques anciennes.

Biographie

« [Garolou a] réinventé la musique folklorique d’ici en la métissant astucieusement avec les arrangements de rock progressifs de l’époque […] c'est La Bottine souriante qui rencontre Jethro Tull. »

 ICI Musique (Radio-Canada), 2017[1]

Débuts et premier album (1975-1977)

Au milieu des années 1970, à l'heure où le Québec concrétise des grands projets comme la construction d'installations olympiques pour Montréal ou la construction de barrages hydroélectriques à la Baie-James, la création artistique s'émancipe dans un espace fraîchement défriché par la révolution tranquille. Le nationalisme québécois florissant génère un élan populaire de valorisation du patrimoine. Au printemps de 1974, les frères franco-ontariens Marc et Michel Lalonde, tous deux d'anciens instituteurs, se retrouvent au sein d'une troupe de théâtre pour enfants à l'Île-du-Prince-Édouard[2]. Le soir même de leurs retrouvailles, ils assument au pied levé l'animation musicale d'une fête populaire. Ils y obtiennent un succès inattendu dû, entre autres, au naturel de leurs harmonies vocales. Le guitariste Émile Lefebvre se joint au duo, suivi du claviériste Steven Naylor.

En , les musiciens concrétisent le projet d'un groupe rock revisitant les chansons d'un autre âge[3]. Michel (Stan) Deguire, un batteur montréalais de passage à l'Île-du-Prince-Édouard, renoue avec les Lalonde. S'ajoute le guitariste Georges Antoniak et, au bout de quelques semaines de répétitions, le groupe produit un démo. Dans le but d'approcher l'industrie musicale québécoise, les membres du groupe Lougarou déménagent dans les Laurentides. Ils occupent deux chalets au bord du lac Connelly, à Saint-Hippolyte, et « montent des tounes » pendant l'hiver. Mis au courant qu'un studio était situé dans les parages, Michel fouille au hasard le bottin téléphonique pour découvrir Le Studio d'André Perry à Morin-Heights[2].

Sans délai, l'ingénieur Ed Stasium (en)[n 1],[4],[5] est chargé de conduire le projet avec les heures perdues du studio. Enregistré au printemps de 1976 et mixé par Nick Blagona (King Crimson), l'album Lougarou suscite un engouement immédiat des radios. Ils diffuseront les extraits À la claire fontaine, Dis-moi Charles et Ah toi, belle hirondelle qui établiront le nom du groupe. Dès lors, Lougarou, qui s'était constitué pour un projet, se voit offrir une continuité par London Records.

Changement de nom (1977)

Après cette période, plusieurs événements ébranleront la formation, dont un interdit d'utilisation du nom Lougarou[3]; l'Ensemble folklorique Loup-Garou, une troupe de chant et de danse basée à Montréal, utilise ce nom depuis 1969[6]. La cause est irrévocable[7] et contraint le groupe à de tumultueuses discussions, au terme desquelles le nom Garolou est choisi. De plus, George Antoniak et Steven Naylor annoncent leur départ afin de retourner vivre dans leurs maritimes natales. Réginald Guay prend alors la relève aux claviers en même temps que Gilles Beaudoin à la guitare électrique, au moment où le groupe amorce la préparation de son deuxième album.

Garolou (1978-1983)

Après deux mois de répétitions dans un chalet de Lac-Guindon et un mois de production au studio de Morin Heights, ils livrent, en 1978, un second album homonyme, cette fois intitulé Garolou, qui suscite l'engouement critique[3]. Les titres comme La complainte du Maréchal Biron, Victoria et Germaine connaissent un grand succès et Garolou gagne le prix Félix Album folklore de l'année au tout premier gala de l'ADISQ et une nomination pour le groupe de l'année[8].

S'ensuit une série de spectacles à travers le Québec, l'Ontario, le Canada, les États-Unis, l'Europe et le Moyen-Orient. Au terme de cette tournée, Gilles Beaudoin tire sa révérence et Gaston Gagnon prend le relais. Garolou s'installe dans un studio du Vieux-Québec pour enregistrer son troisième disque intitulé Romancero, dont ressortent les pièces La danse de la limonade, une chanson de source louisianaise, Sur le bout du pont et Dans Paris. Cette dernière se classe dans le top 50 de CKOI 96,9[9]. Lancé en 1980, l'album vaut à Garolou un deuxième prix Félix au gala de l'ADISQ et une nomination dans les mêmes catégories[10]. À la suite de la sortie de cet album, le groupe est réclamé pour une tournée américaine de dix-neuf dates dans neuf États (plus le district de Columbia). Le groupe se produit, entre autres, au légendaire Carnegie Hall de New York ainsi qu'au Arie Crown Theater (en) de Chicago.

Une compilation intitulée Profil parait en 1981, regroupant les meilleures pièces de leurs trois premiers albums[11]. Cette même année, ils participent une méga-tournée présentée par le populaire magazine Québec-Rock réunissant, pour la première fois, les groupes Garolou et Offenbach ainsi que Zachary Richard et Joe Cocker (lors des concerts à Sherbrooke, Québec et Montréal)[12].

Leur quatrième et dernier album, Centre-ville, est produit en 1982 par Kébec-Disque. Passant outre à la tradition folklorique pour révéler les compositions des membres du groupe, l'album fait l'objet d'un long et méticuleux processus de production, mais les ventes sont beaucoup plus faibles que pour les albums précédents, ce qui entraîne la dissolution temporaire du groupe après une tournée d'adieu en 1983.

En 1991 sort deux CD compilant les quatre albums, avec quelques chansons éliminées faute d'espace. Le premier et troisième album sur Tableaux d'hier Vol. 1 et le second et le quatrième sur le volume 2.

Retour (1993-1999)

En 1993, le groupe effectue un retour sur scène et un album en spectacle suit en 1997. À l'été 1998, après une tournée estivale, le groupe se réunit pour mettre en œuvre un autre album. Après avoir enregistré un démo, le groupe consacre les mois de juillet et d'août suivant à la production de Mémoire vive[13] composé de pièces du folklore de diverses parties du Canada. L'album sort le .

Membres

Derniers membres

Anciens membres

  • Georges Antoniak - guitare, voix (album Lougarou)
  • Steven Naylor - claviers, voix (album Lougarou)
  • Gilles Beaudoin - guitare, voix (album Garolou)

Musiciens additionnels

  • Robert (Bobby) Lalonde (en) - violon (albums Garolou et Romancero)
  • Reynald Wiseman - saxophone (albums Romancero et Centre-Ville)
  • Bruno Dumont - saxophone (sur scène[réf. souhaitée])
  • Robert Marchand - guitare (sur scène 1978)[14]

Production

Discographie

Toutes les pièces sont du répertoire traditionnel sauf indications contraires[16].

Albums studio

Album en spectacle

Compilations officielles

Autres compilations

Singles

  • 1977 : La Vendée / Un bon matin (London, LF-1081)
  • 1977 : Ah, toi belle hirondelle! / Dis-moi Charles (London, LF-1085)
  • 1978 : Victoria / Alouette (London, LF-1096)
  • 1978 : La Retraite de Bonaparte / Je me suis habillé en plumes (London, LFX-1099)
  • 1979 : La Complainte du maréchal Biron / Aux Illinois (London, LFX-1100)
  • 1980 : La Danse de la limonade / Dr. Mason (London, LFX-1105)
  • 1980 : Dans Paris / Quand j’étais garçon (London, LFS-9032)
  • 1982 : Seul au centre-ville / Je savais pas (Kébec-Disc, KD-9131 DJ)
  • 1982 : Tu ouvres la porte / Parle-moi (Kébec-Disc, KD-9146 DJ)[11]

Tournées notables

  • Tournée américaine de l'automne 1980
  • Mini-tournée québécoise Garolou / Maneige de 1980
  • Tournée Québec Rock de 1981
  • Tournée 1983
  • Tournée québécoise de l'été 1993
  • Tournée Aller-Retour de l'été
  • Tournée Mémoire Vive de 2000

Nominations et récompenses

  • 1978 : Disque d'or pour l'album Garolou
  • 1979 : Gagnant d'un Prix Félix à l'ADISQ pour l'album Garolou dans la catégorie « folklore et traditionnel »
  • 1979 : Nomination à l'ADISQ dans la catégorie « groupe de l'année »
  • 1980 : Gagnant d'un Prix Félix à l'ADISQ pour l'album Romancero dans la catégorie « folklore et traditionnel »
  • 1980 : Nomination à l'ADISQ pour l'album Romancero dans la catégorie « pochette de l'année »[21]
  • 1980 : Nomination à l'ADISQ dans la catégorie « groupe de l'année »[10]
  • 1982 : Nomination à l'ADISQ pour l'album Centre-ville dans la catégorie « rock »[22]
  • 1998 : Nomination à l'ADISQ pour l'album Réunion dans la catégorie « folk »[23]
  • 2000 : Nomination à l'ADISQ pour l'album Mémoire vive dans la catégorie « traditionnel »[24]
  • 2025 : le prix Hommage de l’Association des professionnel.le.s de la chanson et de la musique (APCM). Pour la même occasion, Marc Lalonde reçoit le prix Bâtisseur Paul-Demers[25].

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI