Gaspara Stampa
From Wikipedia, the free encyclopedia
Gaspara Stampa, née en 1523 à Padoue, morte le à Venise, est une poétesse italienne. Elle est considérée par certains comme une des plus grandes poétesses de l'Italie de la Renaissance. Elle incarne l'amante délaissée, qui nous fait la confidence à travers son œuvre poétique de ses amours passées et de son chagrin.
Le père de Gaspara Stampa, Bartolomeo, originaire de Milan, était bijoutier et marchand d'or à Padoue, et sa mère, Cecilia, originaire de Venise. Lorsque Gaspara Stampa a huit ans, son père meurt. Sa mère revient s'installer à Venise avec ses enfants, Gaspara, Cassandra, et Baldassarre, qu'elle continue à instruire, leur dispensant une solide éducation humaniste en littérature, musique, histoire, peinture, etc. Gaspara et Cassandra excellent à chanter et à jouer du luth[1]. Quelques années après leur arrivée à Venise, le domicile de la famille Stampa devient le lieu d'un salon littéraire fréquenté par quelques personnalités artistiques de la cité, écrivains, peintres et musiciens, tels Francesco Sansovino, Giuseppe Betussi ou encore Anton Francesco Doni[2].
Quand son frère meurt en 1544, Gaspara Stampa en est très meurtrie et envisage de devenir nonne : une célèbre religieuse, Paola Antonia Negrin, des Sœurs Angéliques de Saint Paul, l'encourage en ce sens. Elle revient toutefois à la dolce vita de Venise, et connait sans doute une histoire d'amour avec le comte Collaltino di Collalto, un homme d'armes, mélomane et poète. La relation aurait été rompue en 1550 par Collaltino di Collalto. Gaspara Stampa est à nouveau très touchée par cet abandon, et connaît une période de prostration et de dépression. De cette période résulte également l'essentiel des 311 poèmes qui lui sont attribués. A la façon du Canzoniere de Pétrarque, son recueil de poésie est consacré à ses tourments amoureux[2].
En 1550, Gaspara Stampa devient membre de l'Accademia dei Dubbiosi sous le nom de Anaxilla. Vers la fin de l'année, Collaltino revient à Venise, et Gaspara Stampa reprend contact, mais bientôt, profondément déprimée, elle rompt cette relation avec Collaltino et amorce une nouvelle relation avec un autre homme, Bartolomeo Zen.
Entre 1551 et 1552, Gaspara Stampa connaît une période de relative tranquillité. Mais l'année suivante, son état de santé empire. Elle passe quelques mois à Florence en espérant que le climat plus doux puisse la guérir. Elle retourne ensuite à Venise, tombe malade avec une forte fièvre, et au bout de quinze jours, meurt, le .
En , Pietrasanta publie la première édition de la poésie de Stampa, une édition préparée par sa sœur Cassandra et dédié à Giovanni Della Casa, dans un recueil posthume dénommé Rime.
Postérité
Près de quatre siècles plus tard, le poète autrichien Rainer Maria Rilke se réfère à Gaspara Stampa dans la première de ses Élégies de Duino[3],[4].