Gaspard Béby Gnéba est né le à dans le département de Guitry, dans l'archidiocèse de Gagnoa à l'ouest de la Côte d'Ivoire. Après son parcours à l'école primaire, il est entre au petit séminaire de Gagnoa, puis au séminaire de philosophie de Yopougon, et termine sa formation théologique au grand séminaire d'Abidjan. Il est ordonné prêtre le pour l'archidiocèse de Gagnoa[1],[2].
Il est ensuite vicaire à la paroisse de la cathédrale Sainte-Anne de Gagnoa et assure la fonction de directeur du centre catéchétique. Il poursuit ses études de théologie spirituelle à Rome à la Faculté pontificale de théologie Teresianum où il obtient un doctorat. À partir de 2004, il est professeur de théologie spirituelle et de liturgie au grand séminaire de théologie Notre Dame de Guessihio dans l’Archidiocèse de Gagnoa[1].
En , lors d'une rencontre qu'il organise avec son clergé à propos de l'avenir du diocèse, des prêtres se seraient exprimés librement en dénonçant la gouvernance de leur évêque qualifiée de cavalière et autocratique[7],[8].
En , l'évêque fait, dans une lettre qui lue et commentée à la radio diocésaine, une demande qu'il qualifie d'«urgente, importante et nécessaire» sous peine de «péché de complicité»[9],[10]:
«Tout fidèle laïc qui sait qu'un prêtre n'est pas fidèle à son célibat, qu'il a une femme ou un enfant, qu'il a commis des abus sexuels ou des crimes économiques, doit avoir le courage de le dénoncer à l'évêque»
En réponse à cette déclaration interprétée comme une accusation, les prêtres du diocèse de Man écrivent au pape François pour dénoncer l'autoritarisme, l'infantilisation et les humiliations de leur évêque à leur égard, ainsi que des détournements de fonds de projets financés par le Vatican[7],[8]. Les prêtres accusent ensuite leur évêque de pratiques d’espionnage et d’intimidation, de fétichisme voire de menaces de mort sur certains[7]. Cinquante-quatre des soixante prêtres diocésains écrivent ensuite au président de la conférence épiscopale ivoirienneMarcellin Kouadio, y déclarant ne plus reconnaître d'autorité à leur évêque et y décrétant une désobéissance pastorale[7]. Gaspard Béby est également exclu des cérémonies d'enterrement d'un de ses prêtres[7].
Le , cherchant restaurer la paix et l'unité dans le diocèse, le pape François y nomme le cardinal Jean-Pierre Kutwa, archevêque émérite d'Abidjan, administrateur apostolique chargé de la gouvernance et de la pastorale, Gaspard Gnéba y conservant l'autorité spirituelle[9],[10]. Les prêtres du diocèse de Man expriment leur déception et continuent de demander la démission de leur évêque[12].
En , les prêtres du diocèse de Man présentent leurs excuses officielles pour les tensions avec leur évêque[13]. Le , Gaspard Gnéba est nommé évêque auxiliaire d'Abidjan et évêque titulaire de Putia in Numidia(de)[14].