Gaston Lavy
illustrateur français
From Wikipedia, the free encyclopedia
Jean Gaston Lavy, né le à Vergt et mort le à Paris[1], est un artiste illustrateur français.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 73 ans) 12e arrondissement de Paris |
| Nationalité |
Française |
| Activité |
Dessinateur |
Un de la Territoriale (aussi connu sous le nom de Ma Grande Guerre) |
Il est l’auteur du récit illustré autobiographique Un de la territoriale[2] (aussi nommé Ma grande guerre), élaboré à partir de et publié en 2004 par les éditions Larousse en fac-similé sous le titre Ma Grande Guerre 1914-1918, Récits et dessins.
Dans cet ouvrage, Gaston Lavy relate son expérience de soldat lors de la Première Guerre mondiale illustrée par ses propres dessins.
Biographie
Les années de guerre (1914-1918)
Fils de Jean Eugène Lavy (1838-1897), peintre en bâtiment, dont il est le septième enfant, Gaston Lavy devient lui-même métreur en bâtiment en 1912 à Courbevoie. Il se marie le , à l'âge de 22 ans, à Alphonsine Victoire Couturier(1877-1921) avec qui il aura une fille, Suzanne Lavy, née le [réf. nécessaire]. Le 2 août 1914, alors qu'éclate la première guerre mondiale, il est mobilisé à l'âge de 39 ans.[réf. nécessaire].
Il est ainsi affecté au 20e régiment d’infanterie de la 12e compagnie du dépôt de Lisieux en tant que soldat de 2e classe. Cette unité, appelée la Territoriale, regroupait les hommes de 35 à 41 ans destinés à rester en arrière des troupes d'active[réf. nécessaire]. Après un entrainement rapide, il arrive le à Verdun, au sein de la caserne Jardin-Fontaine où il fait une halte avant de partir pour le village de Moranville, dans la plaine de la Woëvre[réf. nécessaire]. Il mène alors une activité de terrassier, alternée par différentes corvées en ligne de ravitaillement, pendant plusieurs mois[réf. nécessaire].

À la demande du lieutenant de génie du régiment, Gaston Lavy, fort de ses compétences de dessinateur, entreprend un travail topographique visant à réaliser une carte géographique des zones de combat. Ce nouveau travail lui laisse entrevoir la possibilité de rejoindre le génie militaire où il se voit « déjà attaché comme sapeur dessinateur à l’État-Major »[3]. Cette possibilité ne se réalisant pas, il est désigné comme téléphoniste à partir de et a pour tâche de câbler les différents bois communaux entourant les communes d'Hennemont et Pintheville[réf. nécessaire].
En , il participe à la Bataille de Verdun dont il relate avec précision les terribles événements traumatiques. Après un bref répit au fort Génicourt, puis une seconde permission obtenue en , il repart sur le front de Lorraine le et achève son voyage à Vého, en [réf. nécessaire].
Cet épisode marque une période de « cauchemar »[4] guidée par une certaine lassitude du combat et une profonde solitude. Découragé, il envisage alors différents stratagèmes pour pouvoir « sortir de cette géhenne »[réf. nécessaire] et fuir l'horreur des tranchées où il sert à nouveau de terrassier. Il envoie différentes lettres afin d'être affecté à un autre service de repérage. Toutes ses demandes sont refusées[réf. nécessaire].
En , il quitte Vého pour rejoindre Erbevillers avant de rejoindre ses proches à Paris lors de sa troisième et dernière permission. Il est affecté peu après à la section de Camouflage du Génie civile à Versailles, où il reste jusqu'à la fin de la guerre[réf. nécessaire].
En 1921, un an après avoir entamé la rédaction de son œuvre, il perd sa femme et sa fille dans l'accident ferroviaire du tunnel des Batignolles[réf. nécessaire]. À la suite de cela, il se remarie le à Eudalie Augustine Désirée Caillard[réf. nécessaire]. Il meurt à Paris le [réf. nécessaire].
Une œuvre autobiographique, Un de la territoriale (1920)
Un de la territoriale, 1914-1918 est un récit illustré et autobiographique que Gaston Lavy rédige à partir de [5] et poursuit durant « près de deux décennies »[6]. Le manuscrit est composé de trois tomes, « Le bataillon errant » ; « Le bataillon de place change en bataillon de marche »; « En pleine action »[5]. Ces tomes sont partiellement inachevés. Des corrections signalées au crayon n'ont pas été achevées à l'encre, la composition des pages de garde des deux derniers tomes n'a pas été terminée, le troisième tome n'est pas relié[5].
Gaston Lavy relate l'ensemble de son parcours au sein de l'armée française lors de la Première Guerre mondiale, de sa mobilisation à ses dernières heures au sein du génie militaire, à Versailles. L'ouvrage reprend un modèle d'enluminure qui permet d'illustrer les souvenirs de l'auteur avec précision[7].
Le manuscrit est découvert « au début des années 1980 »[6] par Laure Barbizet, conservatrice à la BDIC[6] (ancienne dénomination de la Contemporaine), dans la devanture d'une librairie antiquariat de la rue Sauton, dans le Quartier latin de Paris, et acquis par la BDIC le [8].
Pour des raisons de conservation, l'ouvrage n'est ensuite présenté que ponctuellement au public dans le cadre d'expositions temporaires où quelques pages du manuscrit sont exposées[6]. En 2004, une convention signée avec les éditions Larousse permet la numérisation du manuscrit[9] qui est publié en édition fac-similée sous la direction de Stéphane Audoin-Rouzeau[10]. La numérisation permet par ailleurs de rendre accessible le document originel en ligne[9] sur la bibliothèque numérique de la Contemporaine[11].
Bibliographie
- Gaston Lavy, Ma grande guerre, annotations et postface de Stéphane Audoin-Rouzeau, Larousse, 2004, Paris
- Rémy Cazals, Yann Prouillet, Lavy, Gaston dans le Dictionnaire et guide des témoins de la Grande Guerre par le CRID de 1914-1918, 2011