Gayo (cheval)
race de chevaux
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Le Gayo ou Gaju (indonésien : kuda Gayo) est une race de poneys originaire de la province d'Aceh, dans le nord de Sumatra, en Indonésie. Nommé d'après l'ethnie des Gayo qui l'élève dans les hautes terres de la province, il est parfois appelé à tort « Deli » en raison de son exportation passée depuis les ports du sultanat de Deli. Cet équidé indonésien de petite taille appartient au groupe des poneys du Sud-Est asiatique, et à celui ds grands poneys. Son statut est sujet à débat, car il est parfois considéré comme une variété du Batak, caractérisé par sa taille plus réduite, son modèle plus lourd et sa moindre vivacité par comparaison à ce dernier. Le gouvernement indonésien le reconnaît officiellement comme une race spécifique depuis 2014.
Jument de race Gayo, accompagnée de son poulain. | |
| Région d’origine | |
|---|---|
| Région | |
| Caractéristiques | |
| Morphologie | Poney |
| Taille | ~ 1,14 m |
| Poids | 233,33 à 256,67 kg |
| Robe | Généralement bai foncé |
| Tête | Courte, profil rectiligne et oreilles longues |
| Caractère | Calme et stable |
| Statut FAO (conservation) | En danger |
| Autre | |
| Utilisation | Transport |
| modifier |
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Le Gayo est employé bâté, attelé, et monté par les enfants. Il est aussi croisé pour donner des chevaux de course. Avec 1 656 individus recensés en 2014, la race est menacée d'extinction. Les croisements avec le Pur-sang et la baisse d'intérêt pour cette race contribuent à sa raréfaction et à son érosion génétique.
Dénomination
Selon la base de données DAD-IS gérée par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), « Gayo » (en indonésien) est le nom international le plus commun, avec la précision kuda Gayo, soit « cheval de Gayo ». « Gayoe » est le nom anglais, et « Gaju »[1] (ou Kaju[2]) le nom flamand[3]. La race a reçu son nom de la population Gayo qui vit dans le nord de Sumatra, dans les hautes terres de l'intérieur de la province d'Aceh[4].
Histoire

Selon une étude de 2024, le cheval Gayo existerait depuis 1701, date à laquelle il aurait été adapté à la région du Gayo, avant d'être ultérieurement croisé avec des chevaux Pur-sang anglais[S 1]. Il est surtout issu de chevaux mongols[5], et dans une moindre mesure, perses et arabes[6].
Ce poney est longtemps été confondu avec les races du Batak et du Minang, à tort, sous le nom de « Deli »[S 2]. Cette confusion provient du système d'importation des poneys par des navires battant pavillon hollandais : les animaux en provenance de l'Est étaient débarqués dans le port du sultanat de Deli[S 2]. John Anderson visite plusieurs ports du nord de Sumatra entre 1823 et 1825[S 3]. Il signale la présence de chevaux dans la région d'Aceh[S 3]. Les ports servent de point d'exportation, les animaux gagnant d'autres régions d'Indonésie en nombre considérable, d'après lui[S 3]. Le centre d'élevage de l'île de Sumatra semble s'être déplacé au cours du temps, la région d'Aceh cédant sa place à la région de peuplement Batak en tant que zone d'exportation principale[S 4].
Au début du XXe siècle, les poneys de bât Gayo sont réputés « petits, mais très forts »[7]. En 1997, un comptage assez précis transmis à la FAO fait état de 7 500 poneys recensés, avec une tendance à la stabilité[3]. Un décret du ministre de l'agriculture de la république d'Indonésie (numéro 1054 / Kpts / SR.120) daté d', créé un noyau d'élevage de chevaux Gayo pour prévenir l'extinction de la race[5].
Description

Le Gayo appartient au groupe des poneys du Sud-Est asiatique[3],[1], et parmi celui-ci, au sous-groupe des poneys d'Indonésie[8]. Il est classé dans la catégorie des grands poneys[S 5]. Il n'est pas aussi vif que le Batak, et présente un modèle plus lourd[9],[1].
Le Gayo ne dispose d'aucun registre généalogique[3].
Taille et gabarit
D'après les mesures de référence effectuées par la FAO, la taille moyenne des femelles est de 1,14 m, celle des mâles de 1,18 m[3]. L'ouvrage de CAB International (édition 2016) annonce une taille moyenne de 1,27 m[1]. Cette faible taille est causée par le manque de qualités nutritives de la végétation locale[S 6].
Une étude de 2016 le classe parmi les poneys : il mesure 1,13 à 1,19 m au garrot, pour un poids de 215 à 273 kg[S 7]. Une étude morphométrique menée en 2023-2024 sur 87 chevaux Gayo mâles des régences d'Aceh central, Bener Meriah et Gayo Lues apporte des mesures corporelles supplémentaires : une longueur du corps moyenne de 102,96 cm, une hauteur au garrot de 113,62 cm, un tour de poitrine de 136,92 cm, une largeur de hanche de 37,14 cm et une circonférence scrotale de 24,4 cm[S 8]. Ces valeurs sont inférieures à celles mesurées chez le Sandalwood de Sumba, notamment en matière de longueur du corps et de hauteur au garrot[S 9]. Le gabarit du cheval Gayo est globalement plus petit que celui d'autres races, qu'il s'agisse de races exotiques ou des chevaux de course indonésiens[S 10]. Un autre étude morphométrique, celle de Melia et collègues publiée en 2022, indique que les mâles mesurent en moyenne 119 cm au garrot pour un tour de poitrine de 138 cm, une longueur du corps de 104,33 cm et un poids de 256,67 kg, tandis que les femelles mesurent 114,33 cm au garrot pour un tour de poitrine de 137 cm, une longueur du corps de 103,67 cm et un poids de 233,33 kg[S 11].
Morphologie et anatomie

Une étude de 2022 précise les caractéristiques morphologiques du cheval Gayo[S 5]. La tête est courte et robuste[5], de profil rectiligne, avec de petits yeux noirs au regard vif[S 12]. Les oreilles sont longues[3], rappelant celles de l'âne[S 12]. Les ganaches sont larges[S 12].
L'encolure est courte selon DAD-IS[3], longue selon l'étude de Melia et collègues[S 12]. Le corps est étroit, compact et court, avec un ventre en forme de demi-cercle[3]. La queue est de longueur moyenne à longue[S 12], et fournie[3]. La crinière est épaisse et raide[S 12].
Une étude anatomique menée en 2016 sur trois juments montre que l'appareil reproducteur du cheval Gayo est globalement plus petit que celui des autres races : la longueur totale du tractus reproducteur, des lèvres vulvaires à l'apex de la corne utérine, est de 48 cm contre 50 à 60 cm chez d'autres races[S 13]. Le vagin, en particulier, est nettement plus court (9,67 cm contre 18 à 23 cm chez des races étrangères), de même que l'oviducte (17,33 cm contre 25 à 30 cm)[S 14]. À l'inverse, le corps et les cornes utérines sont proportionnellement plus longs que chez d'autres chevaux locaux indonésiens[S 15]. Sur le plan histologique, la structure ovarienne du cheval Gayo ne présente pas de différence notable avec celle des autres races de chevaux[S 16].
Robe
La robe est unie et de couleur variable, mais généralement bai foncé ou bai-brun[3] ; le noir, l'isabelle et l'alezan sont également répertoriés[S 12]. Le gris existe aussi[5], d'apparence grise ou blanche[S 12].
d'après CAB International, le pie est possible[1], que ce soit dans la variante pie noir ou pie bai[5].
Reproduction et tempérament
En liberté, seuls les étalons dominants s'accouplent avec les juments du groupe ; un étalon vaincu lors d'un affrontement est écarté vers un autre groupe, ce qui favorise vraisemblablement la consanguinité et contribue à la réduction progressive de la taille et du poids des chevaux Gayo[S 17].
La race est réputée posséder de bonnes caractéristiques de reproduction[3]. Une étude menée en 2023 auprès de 24 juments de la régence d'Aceh du Sud-Est établit plusieurs paramètres de reproduction pour la race : un cycle œstral moyen de 22,58 jours (21 à 25 jours), une durée moyenne des chaleurs de 8,92 jours (4 à 17 jours), un âge moyen à la première saillie de 30,25 mois (24 à 36 mois), une durée de gestation moyenne de 333,63 jours (326 à 345 jours), un intervalle moyen entre poulinages de 470,25 jours (458 à 480 jours) et une reprise de la reproduction post-partum en moyenne après 136,63 jours (122 à 150 jours)[S 18]. Les auteurs de l'étude concluent que ces paramètres reproductifs se situent dans les normes de l'espèce[S 18]. Une étude comparative menée en 2022-2023 dans la régence de Bener Meriah sur des chevaux Gayo et des Pur-sangs montre des différences entre les deux races sur plusieurs paramètres reproductifs : le cycle œstral du Gayo (20,75 jours en moyenne) est plus court que celui du Pur-sang (29 jours), de même que la durée des chaleurs (5,8 jours contre 7,3 jours) et la remise à la reproduction post-partum (123,03 jours contre 141,26 jours), tandis que l'âge à la première saillie est légèrement plus tardif chez le Gayo (3,78 ans contre 3,10 ans)[S 19]. Les auteurs concluent que cette différence de performance s'explique par une meilleure adaptation du cheval Gayo, race locale, à son environnement naturel[S 20].
Une étude comparative menée en 2021 dans la régence de Gayo Lues auprès de 49 éleveurs montre, à l'inverse de l'étude menée à Bener Meriah, une performance reproductive globalement inférieure du cheval Gayo par rapport au Pur-sang[S 21]. L'âge moyen à la première saillie y est de 46,42 mois chez le Gayo contre 32,53 mois chez le Pur-sang, la durée de gestation de 347,53 jours contre 318,95 jours, la remise en chaleur post-partum de 14,84 jours contre 12,24 jours, et l'intervalle entre poulinages d'environ 495 jours contre 465 jours[S 22]. Le retard de l'intervalle entre poulinages chez le Gayo s'explique en partie par le fait que des éleveurs repoussent volontairement les saillies, préférant engager leurs juments dans des courses plutôt que dans la reproduction[S 22].
Un diagnostic précoce de gestation chez la jument Gayo peut être effectué 14 jours après la dernière saillie, la concentration en hormone stéroïdienne pouvant servir de méthode de suivi de la gestation et de la mise bas[S 23]. Une étude expérimentale de 2024 montre qu'un traitement par injection intramusculaire de vitamines A, D et E permet d'augmenter significativement la concentration en œstrogènes de juments Gayo présentant un anœstrus silencieux post-partum, rendant les signes de chaleurs plus facilement observables par les éleveurs[S 24]. Les auteurs présentent cette approche comme une alternative accessible et économique par rapport aux traitements hormonaux classiques (GnRH), coûteux et difficiles à obtenir pour les éleveurs locaux[S 25]. Chez la jument Gayo, les signes cliniques de chaleurs se manifestent notamment par le relèvement de la queue, un clignement de la vulve et des mictions fréquentes[S 26].
Le tempérament de ces chevaux est réputé calme et stable[5]
Variété du Batak ou race distincte ?
Le Gayo n'est pas toujours distingué du Batak en tant que race séparée. Certains auteurs estiment qu'il constitue une variété du Batak[4], notamment Elwyn Hartley Edwards qui le classe comme une variété éteinte du Batak[10], et l'autrice du guide Delachaux[11]. W. Groeneveld (1916) considère que le Batak et le Gayo sont deux variétés distinctes parmi les quatre qu'il recense sur Sumatra[12]. John Crawfurd (1956) distingue deux races sur Sumatra, celle d'Aceh (le Gayo) et celle de Batu Bara (en)[13]. L'encyclopédie de Charles Evelyn Graham Hope et Noel Jackson traite le Gayo et le Batak en un seul article, sans distinguo[14]. D'autres ouvrages de vulgarisation le citent comme race séparée[15]. La FAO[3], CAB International[1] et Bonnie Lou Hendricks de l'Université de l'Oklahoma le traitent également comme une race séparée, cette dernière précisant que très peu d'informations sont disponibles concernant le Gayo[9].
La position officielle du gouvernement indonésien est de considérer le Gayo comme une race séparée, en vertu d'un décret du ministère de l'agriculture de la République d'Indonésie publié en 2014 (1054/Kpts/SR.120/10/2014)[S 27].
Utilisations

Le Gayo sert surtout au transport[3], que ce soit monté, bâté ou attelé[1]. Il peut être monté en équitation de travail, ou comme cheval de course[3]. Utilisé comme animal de trait pour labourer les rizières, il peut aussi servir de cheval de bât pour transporter les récoltes agricoles[S 28]. Il est plus récemment devenu une attraction touristique[3]. Enfin, ce poney est désormais populaire comme monture pour les enfants[3].
La viande de cheval est consommée depuis longtemps, le nord de Sumatra étant une région hippophage[S 29]. La viande du Gayo est réputée particulièrement tendre et juteuse[3].
Courses de chevaux
Des courses de chevaux sont organisées régulièrement dans la région, depuis 1930 environ[P 1]. Leur popularité a augmenté après l'indépendance de l'Indonésie[16]. Les courses les plus célèbres sont organisées en août en commémoration de l'indépendance. Les montures ne sont pas des Gayo de pure race, mais des chevaux de croisement issus de métissages avec des animaux australiens[17]. Ces courses ont principalement lieu de fin août à mi-septembre et sont l'objet de paris sportifs, pourtant interdits dans le pays[P 2].
- Hippodrome de Takengon, dans le Kabupaten de Bener Meriah.
- Course de chevaux croisés à l'hippodrome de Takengon.
- Course de chevaux croisés à l'hippodrome de Takengon.
Cérémonies traditionnelles
Parmi l'ethnie Alas, dans le Kabupaten d'Aceh du Sud-Est, le Gayo est traditionnellement utilisé lors de cérémonies coïncidant avec des rites religieux tels que la circoncision et le mariage[S 30],[S 31], ainsi que lors de rituels locaux comme le pemamanan, le turun mandi et l′antat takhuh[S 32]. Une enquête menée en 2022 auprès de 30 éleveurs de la région indique qu'un cheval peut être loué pour ce type de cérémonie moyennant environ 150 000 roupies indonésiennes, ces événements ayant lieu à un rythme moyen de 15 à 40 fois par mois, sur onze mois de l'année[S 32]. La forte sollicitation des chevaux Gayo lors des cérémonies traditionnelles, portée par la demande communautaire, entraîne une fatigue fréquente des animaux, ce qui a conduit les autorités locales à juger nécessaire de mieux former les éleveurs à l'entretien et à la santé de leurs chevaux[S 32].
Les particuliers louent généralement plus de deux chevaux par événement, et un éleveur possédant moins de cinq chevaux peut, en moyenne, assurer jusqu'à trois cérémonies par jour[S 32].
Croisements
Lorsque la valeur économique du cheval Gayo de race pure est inférieure à celle des chevaux croisés, les éleveurs locaux ont tendance à privilégier l'accouplement de juments Gayo avec des étalons Pur-sang, ce qui contribue à l'érosion progressive de la race pure et menace à terme son existence[S 21],[S 33],[S 34],[S 31]. La hausse des activités de compétition équestre encourage les éleveurs à croiser davantage de chevaux Gayo avec des Pur-sang afin d'améliorer leurs performances sportives, rendant la pureté génétique de la race de plus en plus difficile à garantir[S 21]. Ce croisement du cheval Gayo avec le Pur-sang a donné naissance à un type hybride localement appelé « cheval Astaga » (contraction d'Australie et de Gayo)[S 33].
La forte valeur marchande du cheval pousse également les éleveurs Gayo à vendre leurs animaux en dehors de la région[S 21].
L'intérêt croissant des éleveurs pour des chevaux exotiques accroît le risque de sélection négative et d'érosion génétique du Gayo, race locale indonésienne[S 31].
Diffusion de l'élevage

DAD-IS classe le Gayo comme race de chevaux locale de l'Indonésie, localement adaptée à son biotope[3]. C'est l'une des huit races de chevaux locales reconnues en Indonésie, partie intégrante du patrimoine de biodiversité national du pays[S 35] (l'équipe d'Abdullah et collègues recense pour sa part onze races de chevaux locales en Indonésie[S 1]). Il provient d'Aceh, dans le nord de Sumatra, ainsi que de l'Ouest de cette île[1]. Le cheval Gayo est explicitement reconnu par le décret n° 1054/Kpts/SR.120/10/2014 du ministère indonésien de l'Agriculture, qui le désigne comme race locale répartie entre les Kabupaten d'Aceh central, de Bener Meriah, de Gayo Lues et le Kabupaten d'Aceh du Sud-Est, dans la région montagneuse du centre de la province d'Aceh, au nord de l'île de Sumatra[S 30],[S 35],[S 1].
Les chevaux Gayo sont le plus souvent élevés en système extensif, en semi-liberté dans la savane, en montagne ou dans des plantations[S 23],[S 36], les éleveurs ne les observant généralement qu'une fois par semaine[S 36]. Cela limite la précision des données de suivi individuel, comme l'âge à la première saillie[S 36].
Dans la régence de Bener Meriah, l'élevage du cheval Gayo, autrefois traditionnel, tend à devenir semi-intensif, bien que la gestion des accouplements n'y fasse encore l'objet d'aucun suivi particulier[S 37].
Typologie des éleveurs
Une étude menée en 2022 auprès de 30 répondants de l'ethnie Alas (25 éleveurs et 5 experts) dresse un profil des éleveurs de chevaux Gayo : ils sont exclusivement des hommes, majoritairement âgés de 46 à 55 ans, et 88 % d'entre eux n'ont suivi aucune formation technique en élevage[S 38]. La domination masculine chez les éleveurs Gayo (100 %) est à comparer avec les 89,87 % chez les éleveurs de chevaux Sandalwood du Sumba du Sud-Ouest, et de 96 % chez les éleveurs du Nord-Sulawesi[S 32]. Près de 92 % déclarent élever des chevaux Gayo avant tout à des fins cérémonielles et culturelles plutôt que pour la course[S 39]. Les auteurs de la publication identifient quatre types de valeur associés au cheval Gayo pour ces communautés : une valeur économique, une valeur traditionnelle (transmission de parents à enfants), une valeur historique, et une valeur de ressource génétique animale à préserver[S 32].
Niveau de menace d'extinction
Le « Gayo » est répertorié dans l'étude de l'université d'Uppsala (2010) pour la FAO comme race locale asiatique, qui n'est pas menacée d'extinction[18]. D'après l'évaluation de la FAO réalisée en 2007, la race « kuda-Gayo » était alors « non menacée »[19].
Une analyse de la population du cheval Gayo dans la subdivision d'Aceh central entre 2010 et 2014 montre un déclin marqué, avec une projection d'extinction de la race à l'horizon 2037 si la tendance se poursuit[S 7],[S 40]. Les causes principales identifiées sont le croisement avec d'autres races, l'abattage non contrôlé, et la concurrence des machines agricoles modernes[S 40]. Un faible taux de natalité, lui-même causé par des troubles de la reproduction tels qu'une période d'œstrus post-partum prolongée ou un anœstrus silencieux, pourrait également contribuer au déclin démographique du cheval Gayo[S 24].
Un comptage officiel daté de 2014 dénombre seulement 1 656 poneys, ce qui place le Gayo parmi les races menacées d'extinction[3]. En 2023, la population de chevaux Gayo recensée dans la seule régence d'Aceh du Sud-Est est estimée à 102 têtes[S 35]. Selon les données de l'institut national de statistiques indonésien, la population totale de chevaux (toutes races confondues) dans la province d'Aceh s'élevait à 2 052 individus en 2019[S 18]. En 2024, la population de chevaux Gayo dans le kabupaten de Bener Meriah est estimée à 227 têtes, le district de Bukit concentrant la plus grande population locale avec 75 chevaux[S 1].
La base DAD-IS ne liste pas de programme de conservation particulier[3].
Dans la culture
Les chevaux de course de Gayo sont célébrés dans un timbre émis par le gouvernement indonésien en célébration de l'année chinoise du cheval en 2014[20]. La race est reconnue nationalement pour sa valeur économique et culturelle[S 27].
Sur le plan culturel, le cheval Gayo symbolise le statut social : traditionnellement, le passage d'un garçon à l'âge adulte est marqué par sa capacité à monter un cheval Gayo sans selle lors d'une course, une coutume toujours pratiquée de nos jours[S 28]. Lors du mariage, le cheval fourni par le marié n'est pas un simple accessoire : il témoigne de la capacité de celui-ci à subvenir aux besoins du foyer, ce qui en fait un enjeu social pour les hommes de la communauté Alas[S 30].
La tradition locale attribue une signification au tempérament et aux aptitudes du cheval selon l'emplacement et la forme de ses épis de poil (pusar) : un épi sous la mâchoire signifierait que le cheval est prédestiné à être attaqué par un tigre, un épi près des genoux antérieurs indiquerait un bon cheval de course, un épi sur le poitrail indiquerait la capacité à tourner rapidement sans tomber dans les virages serrés d'une course, un épi au niveau du flanc indiquerait un tempérament docile propice à la reproduction, tandis que des épis situés sous les yeux, derrière les genoux arrière ou autour de la gorge indiqueraient un tempérament difficile à contrôler[S 28].