Gemma Tremblay
poète québécoise
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Gemma Tremblay, née à la fin du mois d'avril 1925[note 1] à Saint-Moïse et morte en dans le Carré Saint-Louis à Montréal, est une poétesse québécoise.
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Biographie
Jeunesse, études et musique

Née en à Saint-Moïse, Gemma Tremblay grandit à Sainte-Angèle-de-Mérici[1]. Orpheline dès l'âge de quatre ans, elle est élevée par sa tante[2], ménagère du presbytère de la paroisse[3], et effectue toute sa scolarité au sein d'établissements religieux : d'abord chez les sœurs du Saint-Rosaire, puis chez les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame ; enfin, chez les Ursulines où elle prépare un doctorat en musique[1].
Organiste, elle est lauréate de l'Académie de Musique de Québec et exerce en tant que professeure de piano pendant 7 ans[2] dans son village de Sainte-Angèle[4].
Carrière littéraire
Gemma Tremblay travaille par la suite en tant que secrétaire aux éditions Bellarmin, à la revue Relations ainsi qu'à l'Université de Montréal[2].
À partir de 1960 et jusqu'en 1972, elle fait régulièrement paraitre ses poèmes, que ce soit en recueils — en alternance, à Montréal et Paris — ou dans des revues. Elle collabore ainsi à Liberté[5], La Barre du jour, L'Action nationale, Maintenant, Rythmes et Couleurs et Poésie[1]. Elle est par ailleurs membre de la Société des poètes de Québec[1].
Son premier recueil, Rhapsodie auburn, est assez mal accueilli par la critique, qui lui reproche notamment son « vocabulaire rare », une « surabondance » d'images, des « métaphores forcées » et donc « lourdes » — dans le même temps une certaine « simplicité » au niveau de la syntaxe[6].
L'Aube d'ocre, son deuxième recueil, parait en 1961. Selon Gemma Tremblay, il s'agit de son recueil le plus « poétique » — « le plus hermétique » selon Louise Trahan[7].
Son troisième recueil, Séquences du poème, est le premier à être édité par Jean Grassin, à Paris, en 1964. Contrairement au précédent dans lequel « les mots existent souvent pour eux-mêmes »[7], « les mots prennent maintenant un sens précis », qui témoignent d'une volonté d'« agir sur les êtres » de la part de la poète[8]. Toutefois, c'est avec Poèmes d'identité, toujours édité par Jean Grassin, que Gemma Tremblay conquiert la critique, laquelle considère que son cinquième recueil est « le plus puissant, le plus humain »[8].
Si la critique reconnait une qualité à la poésie de Gemma Tremblay, certains lui reprochent encore la surabondance d'images lorsque parait Les Seins gorgés, son huitième recueil, en 1969[9].
Gemma Tremblay meurt en dans son appartement du Carré Saint-Louis, à Montréal, alors qu'elle se préparait à publier un dixième recueil intitulé Magnitudes sur les ombres[10].
Prix littéraires
Gemma Tremblay est la récipiendaire, en , du prix Du Maurier pour son recueil Cuivres et Violons marins, paru l'année suivante[11]. Sept ans plus tard en 1972, elle reçoit également le prix des poètes français pour son dernier recueil, Souffles du Midi[1].
Analyse de l’œuvre
Pour Louise Trahan, qui consacre son mémoire de Master of Arts à l'« univers poétique de Gemma Tremblay », celui-ci « ne peut démentir son appartenance au Québec »[12]. Léona Tanguay va plus et loin et précise que les éléments autobiographiques qui parsèment ses poèmes témoignent d'un « enracinement » dans la région de La Mitis[13].
Les références à la musique et au culte y sont également nombreuses, qui rendent compte de ce que la poète se perçoit tout à la fois comme l'instrument de son pays, lequel s'exprime à travers elle[14], que comme sa prêtresse[15].
Les saisons
L'univers que compose Gemma Tremblay à travers ses poèmes est rythmé par les saisons, l'hiver et le printemps en particulier[12]. Si l'hiver est caractérisé de façon plutôt négative — selon l'analyse de Louise Trahan, l'hiver « anesthésie », il rend « pénible » la vie quotidienne et son action apparait comme « destructive » —, il porte néanmoins en lui la promesse du printemps[16].
Les éléments y occupent une place de choix, le feu notamment, qui rend compte de ce que « Gemma Tremblay se situe dans un entre-deux de générations poétiques »[17]. Ainsi, quasi absent de la poésie québécoise antérieure aux années 1950, le feu chez la poète n'a pas qu'une valeur destructive (et celle-ci n'est pas forcément négative)[18], mais « ramène [aussi] la vie » et est synonyme de libération[19].
L'été et l'automne sont beaucoup moins présents, qui « valent par leurs couleurs et par leur éclat plus que par toute autre chose »[20]. La couleur ocre, que Louise Trahan lie « presque automatiquement » à l'automne, traverse néanmoins toute l’œuvre de Gemma Tremblay[20]. Si, pour Cécile Cloutier, l'ocre semble avant tout être « une certaine façon pour les choses de persister, d'être vues et ressenties », Louise Trahan relève surtout que cette couleur « bâtarde, non "pure" » est quelque chose dont la poète cherche à se débarrasser, qui pourrait symboliser « le manque d'authenticité, la médiocrité de l'homme qui globalement ne se voue pas à une cause »[21]. Quant à l'été, il semble une saison peu propice à la création du fait de sa chaleur[21].
Œuvres
- Rhapsodie auburn : Poèmes des saisons, Montréal, Éditions Beauchemin, , 62 p.
- L'Aube d'ocre, Montréal, Éditions Beauchemin, , 61 p.
- Séquences du poème, Paris, Jean Grassin éditeur, coll. « Poètes présents », , 41 p.
- Cuivres et Violons marins, Montréal, Éditions de l'Hexagone, , 61 p.
- Poèmes d'identité, Paris, Jean Grassin éditeur, coll. « Poètes présents », , 79 p.
- Cratères sous la neige, Montréal, Librairie Déom, coll. « PC », , 57 p.
- Les Feux intermittents, Paris, Jean Grassin éditeur, coll. « Poètes présents », , 39 p.
- Les Seins gorgés, Montréal, Éditions du Songe, coll. « PQ », , 93 p.
- Souffles du Midi, Paris, Jean Grassin éditeur, coll. « Poètes présents », , 80 p.
- Poèmes : 1960-1972, Montréal, Éditions de l'Hexagone, , 266 p. (ISBN 2890063399)