Geneviève Janssen-Pevtschin

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
Nationalité
Formation
Université libre de Bruxelles (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Geneviève Janssen-Pevtschin
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
Nationalité
Formation
Université libre de Bruxelles (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Distinctions

Geneviève Janssen-Pevtschin, née le à Bruxelles et morte le , aussi connue sous le nom de Ginette Pevtschin, est une avocate belge et la première femme magistrate de Belgique. Elle est également une membre active de la résistance belge pendant la Seconde Guerre mondiale.

Famille

Geneviève Janssen-Pevtschin est née à Bruxelles, le . Son grand-père paternel a fui les pogroms russes en 1890 pour la Belgique, tandis que le reste de la famille partit aux États-Unis[1],[2]. Ses grands-parents maternels sont Français depuis 1791 et viennent de Lorraine et d'Alsace[1].

Ses parents sont juifs et pratiquent de façon libérale[2]. Geneviève Pevtschin reçoit son éducation religieuse au consistoire central israélite de Belgique[2] puis son initiation à la synagogue de Bruxelles bien qu'elle se décrive elle-même comme athéiste[1].

Formation

Geneviève Pevtschin étudie au lycée de Saint-Gilles de Bruxelles[1],[2],[3]. Elle rentre en 1932 à l'Université libre de Bruxelles[3] et sort diplômée en droit en 1937[2]. Elle a aussi un diplôme d'art et archéologie[1],[2].

Début de carrière juridique et résistance

À partir de 1937, Geneviève Pevtschin est avocate à la cour d'appel de Bruxelles[4], dont elle fait partie du barreau[1]. Mais au début de la Seconde Guerre mondiale, il lui est interdit de pratiquer le droit. En effet, le , l'administration militaire allemande adopte un décret interdisant aux Juifs d'occuper des postes dans la fonction publique et juridique[5]. Elle doit faire face à l’antisémitisme de certains de ses confrères tout en ignorant que son bâtonnier, Louis Braffort, s'oppose aux ordonnances allemandes[1],[2]. Elle décide alors de rejoindre le groupe de résistance belge « Zéro »[6].

Au sein de ce groupe, Geneviève Pevtschin aide à transmettre des messages à Londres, à fournir de fausses pièces d'identité et à établir des contacts avec d'autres réseaux de la résistance[7]. Geneviève Pevtchin joue également un rôle déterminant dans la publication de La Libre Belgique clandestine, l'un des journaux clandestins les plus importants publiés sous l'Occupation[8] et y côtoie l'avocat Mathieu De Jonge[2].

Après l'assassinat du collaborateur Paul Colin, Geneviève Pevtschin est arrêtée chez ses parents par la Gestapo le après avoir été dénoncée[2]. Elle est enfermée et torturée à la prison de Saint-Gilles[2]. Le , elle est condamnée à six années de travaux forcés pour ses activités à La Libre Belgique et pour son rôle dans l'assassinat de Collin[2],[7]. Elle transite par Aix-la-Chapelle puis par la prison d’Anrath[2]. Devant l’arrivée de l’Armée Rouge à proximité de la forteresse de Hauersau, elle est évacuée dans une marche de la mort le et arrive en Saxe le [2]. Elle est libérée le [2]. À son retour, elle se voit initialement refuser l'entrée en Belgique pour des raisons sanitaires mais finit par arriver à Bruxelles le [2].

Carrière juridique

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Geneviève Pevtschin reprend son métier d'avocate[2]. Elle devient la première femme magistrate belge lorsqu'elle est nommée juge au tribunal de première instance de Bruxelles en [9],[10]. Les organisations féministes la soutiennent, bien qu'elle-même ne soit pas engagée dans leur cause[10].

Le , elle devient conseillère à la cour d'appel de Bruxelles en chambre des droits intellectuels[2],[10]. Elle refuse de devenir juge d'instruction pour des raisons de santé[2]. De 1981 à 1985, elle est la présidente de cette cour d'appel[11] et devient présidente émérite en 1985[10], année où elle prend sa retraite[2].

En 1954, elle devient la première membre belge de la Commission européenne des droits de l'homme, où elle exerce ses fonctions jusqu'en 1966[10],[12]. Elle intervient sur divers dossiers dont les conflits linguistiques des Fourons, la partition de Chypre[2].

En 1972, elle est experte du gouvernement belge auprès du Conseil de l'Europe[2] et joue un rôle majeur dans la création d'une Cour européenne des droits de l'homme permanente en 1998[7],[10].

Vie privée

Geneviève Pevtschin épouse l'avocat Marcel Janssen en 1949 et leur fille Anne naît en 1950[1].

Hommages

Sources et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI