Genga-Idowu
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F. M. Genga-Idowu, née le dans la province de Nyanza et morte le 1er à Nairobi, est une écrivaine kényane autrice de deux romans, de nouvelles, d'essais littéraires et d'œuvres de littérature de jeunesse, domaine en faveur duquel elle a beaucoup milité.
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Kényane |
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Enfance et études
Florence[note 1] .M. Genga Idowu naît le dans le petit village de Rapogi, dans le comté de Migori au Kenya, à proximité de la frontière tanzanienne et du Lac Victoria[1]. Sa famille, catholique pratiquante, est d'origine Luo[2]. Son père, paysan, est polygame. Sa mère est la première de ses quatre épouses, et Genga Idowu est la quatrième des enfants du couple. Sur les conseils de son oncle, elle commence l'apprentissage de la lecture avant d'être envoyée à l'école[1].
Elle entame sa scolarité à l'école primaire de Rapogi où, selon son témoignage, son insituteur alcoolique la nomme responsable de la lecture et lui confie à l'occasion la charge de garder la classe. Son père l'envoie alors à Lwak girls, une institution catholique. Elle intègre ensuite en 1971 pour ses études secondaires Butere Girls, selon elle un couvent où elle se destine à une vie religieuse[1]. Elle y passe son niveau A, puis en 1979 rejoint l'université de Nairobi, pour y suivre un cursus de Bachelor of Arts en littérature. Elle effectue en quatre ans un cursus normalement prévu en trois ans, peut-être en raison de problèmes de santé psychologique rapportés par ses professeurs[2]. Dans une courte lettre autobiographique, elle fait part de son désarroi au sortir de l'école de Butere, qui ne l'a pas préparée aux réalités de la vie extérieure et indique avoir été confrontée à de graves difficultés sociales[1].
Carrière
Après l'université, en 1983, Genga-Idowu enseigne dans trois écoles de filles, à Kaptagat Girls dans la province de la Vallée du Rift, puis à Dede Girls et Nyabohanze Girls, toutes deux dans la province de Nyanza. Dès l'année suivante, elle interrompt sa carrière pour suivre une formation de deux ans en pédagogie aux Pays-Bas[2].
En 1986, de retour au Kenya, elle reprend son travail d'enseignante au sein de l'école St. Lucia Girls dans la province de Nyanza. S'étant mariée en 1988 avec un Nigérian d'origine Yoruba, elle part vivre avec lui dans son pays pendant deux ans et y étudie sa langue natale[2].
Elle devient à son retour rédactrice au sein de la revue environnementale destinée aux enfants Pied Crow, ce qui lui permet d'établir des liens avec l'International Board of Books for the Young (IBBY), une association sans but lucratif suisse[3], dont elle devient présidente de la section Kenya et co-éditrice de sa revue américaine Bookbird. Elle travaille aussi en étroite collaboration avec une association kényane de promotion des droits des enfants, la Kenya Alliance for advancement of Children Rights (KAACR)[2].
Œuvre
Nouvelles, littérature d'enfance et de jeunesse
Ses nouvelles pour enfants reposant sur les littératures orales traditionnelles nigérianes et kényanes ont été rassemblées post-mortem dans un recueil, The Hero of the Ridges and Other Stories, publié par une maison d'édition catholique appartenant à la congrégation des Filles de Saint-Paul. D'autres ont été publiées dans des magazines suisses et allemands[4],[5].
Dans le numéro spécial printemps 1998 de Bookbird — la revue éditée par IBBY —elle est l'autrice d'un article explorant les liens entre littérature traditionnelle orale et écrite avec la littérature d'enfance[6].
Essai sur l'éducation à l'égalité
En 1995, elle rédige Memories into Marriage, un essai littéraire didactique et une étude de genre centrée sur « l'éducation défectueuse des garçons et des filles » selon la recension qu'en fait le critique littéraire Ciugu Mwagiru dans The Sunday Nation du , et qui relève que sa force « réside dans sa présentation de la discrimination sexuelle comme un problème qui touche aussi bien les hommes que les femmes et qui doit être abordé par les deux sexes pour la survie de la cellule familiale »[7].
Pour le professeur Simon Gikandi, avec sa description d'une masculinité considérée comme en danger, « la croyance de l'autrice en une libération sans équivoque et immédiate des femmes africaines » ne fait aucun doute[8].
Romans
Son premier roman en 1977, My Heart on Trial, raconte l'histoire d'un médecin, le docteur Ondiala, en proie à un système politique cruel[9]. À travers le regard d'un narrateur omniscient et externe, le roman décrit avec de nombreux flash backs tout d'abord la vie de Lawrence Yada, un fonctionnaire parvenu au pouvoir, depuis son enfance et sa famille polygame jusqu'à sa mort suspecte en disgrâce, et les efforts de sa famille pour tenter de comprendre ce qui arrive. Le récit enchaîne sur le moment où ce destin croise celui du Dr Ondiala, emporté par la chute de Yada, dont le fils et la femme sont assassinés alors qu'il est enfermé dans un hôpital psychiatrique, dans un État où les systèmes sanitaires et de police sont employés au service du contrôle social et des représailles. Le sort d'un second fonctionnaire, Samson Jalang'O, qui réussit à fuir le pays, est abordé de la même manière. Cette critique sociale, entrecoupée de mots en swahili et en luo, qui explore à la fois la culture traditionnelle et son conflit avec les pratiques socio-culturelles de l'État naissant, est peu appréciée par le critique de la revue African Book Publishing Record, qui indique manquer d'explications contextuelles pour comprendre les raisons d'une partie des flashbacks rencontrés[10].
Lady in Chains, son second roman publié en 1995, a pour thème principal la prostitution[11]. Abordant la question des migrations des campagnes vers la ville, et ici vers les bidonvilles de Nairobi, il raconte l'histoire de Susan, une épouse dont le mari, Ochola, veilleur de nuit mal payé, accepte qu'elle se prostitue pour un autre homme, Polycarp, afin d'assurer la subsistance de la famille[8],[12]. Susan, qui a trouvé un travail dans un bar de nuit, convainc son mari de se faire passer pour son père, afin d'encaisser la dot— le prix de la fiancée — d'un mariage « arrangé » entre elle et Polycarp. Quand ce dernier comprend qu'il a été abusé, Susan est libre de leur tutelle grâce à l'argent qu'elle détient désormais[12].
Vie personnelle
Elle se marie en 1988 avec un Nigérian, avec qui elle a deux filles[1].
Elle meurt le 1er , à 38 ans, d'un cancer des os[13].
Publications
Fiction
- (en) F. M. Genga-Idowu, My Heart on Trial, Nairobi/Kampala, East African Educational Publishers, , 186 p. (ISBN 9966465995)
- (en) F. M. Genga-Idowu, Lady in Chains, Spear Books, (ISBN 978-9966-46-606-8)
- (en) F. Genga-Idowu, The Hero of the Ridges and Other Stories, Nairobi, Paulines Publication Africa,
Essai
(en) F. M. Genga Idowu, Memories into Marriage, Nairobi, Paulines Publications Africa,
Notes et références
Notes
- ↑ Il est exceptionnel que son prénom soit utilisé dans la documentation, elle-même signant sous ses seules initiales F.H. ou ne mentionnant que son nom de famille. Pour un rare contre-exemple, voir Kruger, Marie. "Narrative in the time of AIDS: postcolonial Kenyan women's literature." Research in African Literatures, vol. 35, no. 1, spring 2004, pp. 108+. Gale In Context: Biography, [link.gale.com/apps/doc/A114368993/BIC?u=wikipedia&sid=bookmark-BIC&xid=943b6511 lire en ligne].
Références
- 1 2 3 4 5 (en) Leena Maissen, « In memoriam Genga Idowu », Bookbird, vol. 37, no 2, , p. 46-47 (lire en ligne
) - 1 2 3 4 5 Elias Ng'ang'a, The social vision of genga Idowu's fiction (Thèse de doctorat), Université de Nairobi, , 119 p. (lire en ligne), p. 23-25
- ↑ « IBBY - International Board on Books for Young people | Centre national de la littérature de jeunesse », sur cnlj.bnf.fr (consulté le )
- ↑ N'gang'a 2003.
- ↑ Gikandi et Mwangi 2007, p. 66-67.
- ↑ (en) « Notes and news », abpr, vol. 24, no 2, , p. 95–100 (ISSN 1865-8717 et 0306-0322, DOI 10.1515/abpr.1998.24.2.95, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Ng'ang'a 2003, p. 17-18.
- 1 2 Gikandi Mwangi, p. 67.
- ↑ N'gang'a 2003, p. 23.
- ↑ (en) « Book reviews - My Heart on Trial », African Bokk Publishing Report, vol. 26, no 1, , p. 13–28 (ISSN 1865-8717 et 0306-0322, DOI 10.1515/abpr.2000.26.1.13, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « « It’s Never Just One Road » : Genga-Idowu et la prostitution dans l’espace urbain de Nairobi – Études littéraires africaines », sur Érudit (consulté le )
- 1 2 Odiambo 2008.
- ↑ Khorana, M. G., « To the reader. », Bookbird, vol. 37, no 1, (lire en ligne
)
Bibliographie
- (en) Tom Odhiambo, « Kenyan popular fiction in english and the melodramas of the underdogs. », Research in African Literatures, vol. 39, no 4, , p. 72-82 (lire en ligne)
- (en) Simon Gikandi et Evan Mwangi, The Columbia guide to East African literature in English since 1945, Columbia U. P., , 194 p. (présentation en ligne)