George Jackson (Black Panther)

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George Jackson, né le à Chicago dans l'Illinois et mort le abattu dans la cour de la prison de San Quentin, est un écrivain et militant politique américain, investi dans la lutte pour les droits des noirs américains. En prison, où il passe les douze dernières années de sa vie, il rejoint le Black Panther Party[réf. souhaitée].

Décès
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George Jackson
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Il devient célèbre comme l'un des trois Soledad Brothers, conjointement accusés du meurtre d'un gardien de la prison de Soledad, en . L'affaire est très médiatisée, beaucoup dénonçant une injustice dans la mise en examen des trois accusés.

Il doit également sa renommée à la publication de sa correspondance dans Les Frères de Soledad en .

Sa mort fut un élément déclencheur de la mutinerie de la prison d'Attica.

Biographie

Né à Chicago, George Jackson est dans sa jeunesse condamné plusieurs fois par la justice, ce qui le mène dans un centre de redressement pour jeunes délinquants à Paso Robles. En 1956, sa famille déménage de Chicago dans l'Illinois pour Los Angeles en Californie. En 1960, accusé d'avoir volé 70$ dans une station-service, il est condamné à une peine de prison d'une durée indéterminée, comme cela était possible suivant la loi californienne.

Emprisonné à la prison d'État de San Quentin en 1966, il se politise et fonde avec W. L. Nolen la Black Guerrilla Family (connu également sous le nom de Black Family ou Black Vanguard), groupe se réclamant du marxisme aux objectifs politiques : supprimer le racisme, maintenir la dignité en prison et renverser le gouvernement des États-Unis.

Accusation de meurtre

Le , avec Fleeta Drumgo et John Clutchette, il est accusé de l'assassinat de John Vincent Mills, gardien à la prison de Soledad en Californie, où Jackson a été transféré en 1969. Il aurait agi en représailles du meurtre de trois activistes noirs prisonniers par un autre gardien. Jackson est alors incarcéré dans une cellule de haute sécurité à la prison de Soledad. En raison de la faiblesse des preuves qui les accusent, un vaste mouvement de soutien se crée en faveur de Jackson et des deux autres accusés, et l'affaire devient médiatisée. Angela Davis, qui entretient une relation amoureuse avec Jackson[1], prend la tête de ce mouvement. Les trois accusés deviennent bientôt célèbres sous le nom des « frères de Soledad ».

En , il est transféré à la prison de San Quentin.

Prise d'otages par Jonathan Jackson

Le , le frère de George Jackson, Jonathan, fait irruption armé dans la salle d'audience d'un tribunal du comté de Marin. Avec l'aide d'accusés à qui il fournit des armes (William Christmas, James McClain et Ruchell Magee), il prend le juge et des jurés en otage. Il espère obtenir la libération de son frère. Le juge Harold Haley, les détenus William Christmas et James McClain ainsi que Jonathan Jackson sont tués alors qu'ils essaient de fuir en voiture. L'événement fait la une des quotidiens américains.

Ruchell Magee, le seul survivant parmi les assayants, est condamné pour enlèvement et meurtre à la prison à vie, peine qu'il purge à la prison d'État de Corcoran. Il se voit refuser plusieurs demandes de remise en liberté conditionnelle, et sort finalement de prison en 2023, à l'âge de 81 ans, quelques jours avant de mourir[2].

Publications

La même année, en , George Jackson publie l'ouvrage Les Frères de Soledad. Lettres de prison de George Jackson.. Il s'agit d'un recueil de ses lettres écrites en prison, à destination de sa famille, de son avocate Fay Stender ou encore d'Angela Davis. L'édition française du livre est préfacée par Jean Genet. Il y écrit notamment :

« Le plus surprenant, quand nous lisons ces lettres d'un jeune Noir enterré dans la prison de Soledad, c'est qu'elles reflètent parfaitement le chemin parcouru par leur auteur – lettres d'abord un peu maladroites à sa mère et à son frère, lettres à son avocate qui deviennent un extraordinaire développement, sorte d'essai et de poème confondus, enfin les dernières lettres, d'une délicatesse extrême et dont on ne connaît pas le destinataire. Et de la première à la dernière lettre, rien n'a été voulu, écrit ni composé afin de construire un livre ; cependant le livre est là, dur, certain, et je le répète, à la fois arme de combat pour une libération et poème d'amour. »

 Jean Genet, Les Frères de Soledad, éditions Gallimard, 1971

L'essai politique Blood in My Eye est publié de manière posthume, en .

Mort

Le , trois jours, avant de passer en jugement, Jackson est tué dans la cour de la prison de San Quentin au cours de ce que les autorités ont décrit comme une tentative d'évasion.

La version officielle précise que Jackson aurait eu en sa possession un pistolet automatique mm qui lui aurait été fourni dans la prison par l'avocat Stephen Bingham (Bingham a été acquitté de cette allégation en 1984; il avait passé 13 ans à l'étranger en vivant sous une fausse identité). Selon les gardiens de Soledad, l'arme aurait été mise au rebut après la tentative d'évasion; il n'existe pourtant aucune trace de sa destruction. Selon d'autres détenus témoins de l'évènement, Jackson ne possédait pas d'arme et ne planifiait aucune évasion ni rébellion. La version officielle accuse Jackson d'avoir participé à une émeute plus tôt dans la journée, impliquant deux douzaines de détenus au cours de laquelle trois gardiens et deux détenus auraient été torturés et tués.

Le 27 mars 1972, Fleeta Drumgo et John Clutchette, les deux Frères de Soledad survivants, sont acquittés du meurtre du gardien[3].

La version officielle

Selon l'État de Californie[réf. nécessaire], l'avocat-activiste Stephen Bingham avait fait passer à Jackson un pistolet caché dans un magnétophone, lorsque celui-ci était à San Quentin où il attendait le jugement pour le meurtre du gardien de prison. Le , Jackson aurait utilisé ce pistolet, un Astra 9 millimètres semi-automatique. Dans sa tentative d'évasion avortée, six personnes auraient été tuées, à savoir George Jackson, trois gardiens de prison et deux prisonniers blancs. Les gardiens de prison étaient Jere Graham, Frank DeLeon et Paul Krasnes. Les témoins[réf. nécessaire] prétendirent que Graham était la première victime abattue dans le dos par Jackson, qui aurait dit : « Voyons si ce pistolet fonctionne. » DeLeon et Krasenes ont été battus, poignardés et égorgés (ils ont succombé à leurs blessures après une demi-heure d’hémorragie). Deux autres gardiens ont subi le même sort et ont abondamment saigné avant d'être sauvés par l'arrivée des autres gardiens (qui avaient finalement réussi à se frayer un chemin jusqu’à eux avec leurs armes). En plus des gardes, deux prisonniers blancs qui livraient de la nourriture au centre ont été assassinés par les « émeutiers ». Ils étaient ligotés avec des draps de lit et ont été mortellement poignardés.

Théories alternatives

La presse alternative et des commentateurs de gauche[réf. nécessaire] prétendent que l'administration pénitentiaire, avec la complicité du FBI, aurait permis à Jackson de se procurer un pistolet de façon à causer un incident qui aurait permis son élimination. Ce plan aurait fait partie d'une conspiration du gouvernement pour détruire les Black Panthers et pour détruire le mouvements des droits civiques dans son ensemble.

D'autres observateurs[réf. nécessaire] indiquent que Jackson et le fondateur des Black Panthers, Huey P. Newton, étaient engagés dans une lutte pour le pouvoir au sein de l’organisation au moment de la mort de Jackson (Newton ayant tiré bénéfice de la mort de Jackson). Jackson, devenu le premier martyr des Black Panther, fut l'un des principaux rivaux que Newton avait éliminés. De plus, le trésor des Black Panthers avait été enrichi en héritant des bénéfices de la vente du livre de Jackson, « Frère de Soledad ». Certains ont prétendu que Newton était à l’origine de la manipulation. La propre sœur de Jackson, Penny Jackson, était de ceux qui pensaient que Jackson avait été éliminé par son parti. Elle fit le voyage jusqu’au quartier général du Black Panther Party à Oakland pour les dénoncer et les rendre responsables de la mort de son frère.

Notes et références

Voir aussi

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