Panther 21
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Les Panther 21 étaient un groupe de 21 cadres dirigeants de la section new-yorkaise du Black Panther Party (BPP) qui furent arrêtés lors d'un raid le et inculpés d'« association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme ». 13 d'entre eux furent finalement jugés à partir du [1], les poursuites étant abandonnées contre les autres, et tous furent acquittés le [2]. Ce procès suscita une vague de protestations et de mobilisation populaire contre la répression des Black Panthers, intensifiée dans le cadre du programme COINTELPRO du FBI. À la suite d'une lettre critique envers la direction du BPP, Huey Newton, dirigeant des Black Panthers, exclut les 21 Panthères du parti. Certains d'entre eux rejoignirent par la suite la Black Liberation Army (BLA).
Parmi les 21 Panthères :
- Sundiata Acoli (né Clark Squire, analyste de système, alors « lieutenant de finance » du BPP), condamné à la perpétuité par la suite, toujours derrière les barreaux[3] ;
- Kuwasi Balagoon (né Donald Weems), décédé en prison en 1986 ;
- le secrétaire de la communication du BPP Rosemary Byrd (aka Joan Bird) [4] ;
- Robert Collier ;
- Richard Harris ;
- Ali Bey Hassan ;
- Walter Johnson;
- Jamal Joseph (en) ;
- Abayama Katara ;
- William King ;
- Kwando Kinshasha ;
- Alex McKeiver ;
- Sekou Odinga (né Nathanial Burns), arrêté dans les années 1980, libéré de prison le après 33 ans de détention
- Shaba Om ;
- le biochimiste Curtis Powell[5], travaillant comme chercheur sur le cancer, alors « capitaine de sécurité » du BPP[6] ;
- Afeni Shakur, la mère du rappeur Tupac Shakur ;
- Lumumba Shakur ;
- Michael Cetewayo Tabor[7] ;
- Dhoruba Bin Wahad (en), qui fut incarcéré de 1971 à 1990 pour une autre affaire avant de voir sa sentence annulée.
Le procès
Le , 12 Black Panthers furent arrêtés avant l'aube lors de raids policiers commis sans mandat de perquisition[6]. Neuf autres furent interpellés par la suite.
On les accusa d'« association de malfaiteurs en vue de commettre des attentats » (conspiracy), notamment contre le New York Botanical Gardens (jardin botanique de New York), 5 grands magasins, 4 commissariats, la statue de la Liberté, ainsi que la planification d'assassinats de policiers[2],[8], etc[4].
Tous firent l'objet d'une détention préventive, la caution ayant été fixée à la somme de 100 000 dollars pour chacun, somme énorme dépassant celle ordonnée par la suite pour des militants blancs soupçonnés d'avoir organisé des attentats[2], et inhabituelle pour des accusés dénués de casier judiciaire[6]. Sundiata Acoli eut plus de chance: passant devant un juge plus libéral, sa caution fut fixée à 50 000 dollars, et un collectif créé pour l'occasion, le Computer People for Peace, collecta les fonds nécessaires[6]. Mais lorsque ceux-ci furent présentés au juge John M. Murtagh, siégeant à la Cour suprême de l'État de New York, ce dernier annula tout simplement la caution empêchant toute libération préalable au procès[6].
Pendant neuf mois, jusqu'à ce que le juge Tyler, de la US District Court, contredise la décision du juge Murtagh, les inculpés furent soumis à une lumière allumée 24 heures sur 24[6], n'ayant aucun accès à des livres ou journaux de l'extérieur ni n'étant autorisés à parler avec d'autres prisonniers[6].
Sanford M. Katz, avocat engagé dans le mouvement des droits civiques, fit partie de l'équipe de défense juridique des 21[1].
Le procès, l'un des plus longs de l'histoire de l'État de New York jusqu'alors, marqua le début de la répression tous azimuts des Black Panthers, en particulier via le programme COINTELPRO du FBI entamé début 1969 (avec notamment l'assassinat de Fred Hampton et d'un camarade en , suivi du meurtre de George Jackson en et de plusieurs raids meurtriers). L'acquittement de tous les prévenus, inculpés de 167 chefs d'accusation [6], au bout d'une délibération du jury de moins de deux-trois heures[1],[6], fut un camouflet envers le Manhattan District Attorney Frank Hogan (en) et l'unité de renseignement de la police new-yorkaise, BOSSI, qui avait infiltré le BPP afin de le déstabiliser[4]. Une grande partie des « preuves » reposaient sur le témoignage d'un informateur infiltré lequel avait été diagnostiqué par les psychiatres comme mentalement instable[2]. L'une des autres preuves n'était autre qu'un simple réveil[6].
Le procès avait coûté 2 millions de dollars à l'État de New York[6].