George Taubman Goldie
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George Dashwood Taubman Goldie, né le et mort le , est un administrateur mannois qui joue un rôle majeur dans la fondation du Nigeria. Son rôle est comparable à celui de Cecil Rhodes en Afrique australe.
| Président de la Royal Geographical Society | |
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| Membre du London County Council | |
| Membre du Conseil privé du Royaume-Uni |
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Homme politique, officier d'armée de terre, explorateur, géographe |
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John Taubman Goldie-Taubman (d) |
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Biographie
Enfance et formation
George Dashwood naît le près de Douglas sur l'île de Man dans une famille qui s'est enrichie dans la contrebande de thé, de vin et de spiritueux. Il est le quatrième enfant du Lieutenant-Colonel John Taubman et de sa seconde femme Caroline Everina. Sa jeunesse est marquée par l'instabilité. Il commence une formation d'officier du Génie à l'Académie militaire entre 1865 et 1867 qu'il interrompt lorsqu'il reçoit un héritage, pour partir en Égypte[1],[2],[3].
Il y mène une vie comblée par la rencontre d'une Égyptienne, la découverte du Soudan, de la langue arabe ainsi que du haoussa. Il est rappelé en Angleterre au bout de trois ans ce qui ne l'empêche pas de poursuivre une vie dissolue avant de regagner la propriété familiale. Il a alors une liaison avec la gouvernante et il s'enfuit avec elle à Paris. La vie sur place est vite perturbée par la guerre franco-prussienne, et le couple se trouve contraint rester sur place du fait du siège opéré par les Prussiens. Compromis, les deux amants se résignent au mariage qui est célébré à Londres le [2],[3].
Carrière
Formation de la Royal Niger Company
Après plusieurs années sans réelle activité professionnelle, il se voit en 1875 offrir du beau-père de son frère, la reprise de la direction d'une petite société de négoce en mauvaise posture financière, située sur les rives du Niger. Il la réorganise avec son frère et la rebaptise West Africa Company[2]. Convaincu qu'une entreprise monopolistique pourrait diriger l'ensemble du commerce ouest-africain, il se rend sur place en 1877 pour en assumer l'administration. et persuade les trois autres entreprises afin de fusionner et former, le , la United African Company[3].
Cependant, la logique économique de ce monopole ne peut qu'être éphémère car l'attractivité commerciale se déporterait ensuite vers des régions où les produits seraient moins chers. Pour cette raison, George Taubman entreprend de transformer la compagnie en une forme de gouvernement colonial soumettant plusieurs groupes africains à la signature de traités d'exclusivité. Cette méthode l'amène également à racheter les marchandises aux commerçants français[3].
En , inspiré par la création de la North Borneo Chartered Company, George Taubman crée la National African Company (NAC) qui rachète tous les actifs de la United African Company afin que celle-ci puisse se doter de capacités politiques et administratives. Il y place des personnalités influentes britanniques tels que John Hamilton-Gordon, James Frederick Hutton (en) et Joseph Chamberlain. C'est également à cette période que la rivalité anglo-française se transforme en course au contrôle territorial de l'Afrique de l'Ouest dans lequel la nouvelle compagnie devient stratégique. Le Foreign Office désigne la NAC pour négocier des traités avec les dirigeants africains afin de former des protectorats[3].
En 1884, George Taubman accompagne la délégation lors de la conférence de Berlin afin de faire reconnaître la souveraineté territoriale lors du partage de l'Afrique[3]. Il ambitionne désormais d'étendre son réseau commercial sur l'ensemble du bassin du fleuve, et emploie plus de 1500 personnes réparties sur plus de cent établissements. Il signe près d'une quarantaine traités avec des chefs locaux s'assurant sur leur territoire du monopole du commerce[2].

Les autorités britanniques commencent à s'inquiéter de clauses abusives, indiquant notamment le caractère perpétuel de concessions. Elles évoquent la nécessité d'encadrer ses activités par une charte. Loin de s'en offusquer, Taubman Goldie y voit une concrétisation de son ambition première de constituer une véritable colonie britannique. Le gouvernement craint toutefois les garanties financières qu'un protectorat peut engager. Mais la pression allemande, qui s'engage résolument au Cameroun, est trop forte, et, finalement, en 1885, la Grande-Bretagne déclare avoir établi un protectorat sur la côte entre Lagos et le Cameroun ainsi que sur l'arrière-pays, qui se trouve nommé à cette occasion Niger District[2].
En 1885, le gouvernement fait savoir à Taubman Goldie que son monopole ne peut être officiellement reconnu en vertu du fait que la Convention de Berlin implique la liberté de navigation sur le fleuve, et finalement, il accepte d'y renoncer avec la contrepartie de prélever des taxes. La charte est donc signée et la Royal Niger Company est créée en 1886[2],[3]. Anobli en 1887, il prend alors le patronyme de Goldie qu'il juge plus britannique[2].
Fin de carrière et fin de vie
Désormais dotée d'une charge, la Royal Niger Company est divisée en districts dirigés par des agents commerciaux. George Goldie favorise une politique avec peu d'ingérence au sein des chefferies traditionnelles africaines. Pour s'assurer de contrer l'émergence de concurrence, il met en place un système de licences, de réglementations et de taxes. Cependant, un conflit avec les habitants de Nembe dégénère et le centre administratif de la RNC est attaqué. Une intervention est organisée et dirigée par John Kirk afin de trouver un compromis commercial viable entre la compagnie et les chefs locaux, cependant le changement politique survenu en 1896 avec l'arrivée de Joseph Chamberlain au pouvoir met fin à ce programme. L'intention politique est d'abroger la charge afin d'établir une administration directe de la colonie[3].
Dans les faits, George Goldie ne parvient pas à affirmer l'autorité de la RNC sur les régions qu'elle est censée administrer. Les chefferies se livrent à des guerres intestines qui commencent à entraver les bénéfices de la colonie. En 1897, il se retrouve même à la tête d'une armée visant à attaquer les Nupes afin de rétablir son autorité dans un contexte de fortes tensions avec la France et le Sokoto. Il parvient à placer un nouveau chef sur le trône de Nupe, puis à reprendre le contrôle d'Ilorin. En parallèle, les Français occupent plusieurs villes du Borgou, déclenchant une crise anglo-française. Dans ce contexte, le gouvernement britannique reprend le contrôle de la RNC en collaboration de George Goldie[3].
En 1898, sa femme meurt et il quitte la Royal Niger Company en 1899. Le , la charte de la Royal Niger Company est révoquée et son activité est intégrée au contrôle des protectorats du Nigeria du Sud et du Nigeria du Nord. George Taubman Goldie quitte l'Afrique de l'Ouest et voyage en Chine, cependant il doit retourner en Angleterre à cause de la révolte des Boxers. De 1902 à 1906, il intervient en Afrique du Sud dans des missions découlant de la seconde guerre des Boers mais refuse d'intégrer le conseil d'administration de la British South Africa Company. Puis entre 1908 et 1919, il devient alderman du London County Council. Il commence à souffrir d'emphysème pulmonaire à partir de 1919 et prend sa retraite, effectuant plusieurs voyages. Il meurt le [1],[3].
Convictions
Les opinions de George Taubman Goldie défient les conventions de l'ère victorienne. Athée et matérialiste convaincu, il admire les travaux de Thomas Henry Huxley, Charles Darwin et William Winwood Reade, mais aussi les moins conventionnels Henrik Ibsen et Richard Wagner[3]. Il est convaincu de la valeur du travail dans le progrès de l'humanité. Pour son ambition pour lui-même et son pays, il est souvent comparé par les historiens à Cecil Rhodes. Mais contrairement à Rhodes, il ne croit pas aux projets intracontinentaux comme la liaison Le Cap-Le Caire et pense que le commerce doit se faire avec l'accès maritime le plus proche[2].
Dans la culture populaire
Le rôle de Goldie est joué par l'acteur écossais Ian McDiarmid dans le drame historique de 2016 The Lost City of Z[4].