Georges Fully
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Georges Fully, né le 25 avril 1926 à Saint-Étienne et mort assassiné le 20 juin 1973 à Paris, est un médecin, résistant et haut fonctionnaire français.
Biographie
Jeunesse et engagement dans la Résistance
En 1942, à seize ans, il s’engage dans la Résistance. Entre autres actions, il grave des croix gammées sur les citrouilles du jardin d'un collaborateur notoire[1]. En 1944, il est arrêté à la sortie de son lycée puis incarcéré à Paris et déporté par le train de la mort vers Dachau. A l’intérieur du camp, il exerce les fonctions d’aide-infirmier. Il se lie d’amitié avec plusieurs prisonniers qu’il soigne, tel Edmond Michelet[2]. Après la Libération, il s’engage dans des études de médecine. De 1955 à 1956, il participe à une mission en Allemagne pour le compte du ministère des Anciens Combattants. Il y est chargé d’identifier des cadavres de déportés. En 1956, il devient médecin et, marqué par sa mission, il choisit la médecine légale comme spécialité[3].
Réforme de l’administration pénitentiaire
En 1959, Edmond Michelet, devenu ministre de la Justice, fait appel à lui car il souhaite que Fully devienne inspecteur général de l'administration pénitentiaire. Fully accepte et prend ses fonctions dans un contexte compliqué, marqué par la guerre d’Algérie[2]. Malgré tout, il met en œuvre sa vision réformatrice de l’incarcération. Fully veut en effet que la prison ne soit pas qu’un lieu de répression mais qu’elle prépare aussi activement la réinsertion. Il met en place de nombreuses mesures (accès des détenus à des journaux et à des bibliothèques, scolarisation obligatoire des détenus mineurs, etc…) en ce sens. Préoccupé par la santé psychique des détenus, il consacre une part importante de son travail à améliorer les soins psychiatriques dans le milieu pénitentiaire[4]. Son autre domaine d'action est l'amélioration de la santé physique des détenus. Face à la tuberculose qui est encore endémique dans les prisons, il fait instaurer un dépistage obligatoire pour chaque prisonnier[2].
Assassinat
Le 20 juin 1973, alors qu’il rentre chez lui au 23 quai des Grands-Augustins, Georges Fully récupère un colis à son nom. Au moment où il l’ouvre, une explosion le blesse très grièvement. Il décède ensuite à l’hôpital. Cet assassinat est le premier contre un haut fonctionnaire depuis la seconde guerre mondiale[2]. L’enquête de la police se tourne rapidement vers la piste d’un trafic de fausses grâces médicales auquel le docteur aurait refusé de participer. Dans le cadre de ses fonctions, il était en effet chargé de ratifier les demandes de grâces médicales faites par les médecins d’autres prisons. Des criminels tels que Barthélemy Guérini (un temps suspecté) auraient pu vouloir se venger de ces refus répétés d’un fonctionnaire décrit comme incorruptible. L’affaire du trafic des grâces médicales continue dans les années suivantes à faire la une des chroniques judiciaires, avec les poursuites contre Solange Troisier entre autres, mais aucun lien n’est fermement établi avec l’assassinat du Dr Fully. L’enquête sur sa mort est officiellement close en 1988[2].
Postérité
Le travail du Dr Fully, brusquement interrompu par son décès, a été reconnu et poursuivi par ses pairs. Dans la médecine légale, il a continué d’être une référence durant de nombreuses années[3],[5]. Son combat pour la réforme pénitentiaire aboutit en 1979 au « serment professionnel » des médecins pénitentiaires et en France plus particulièrement, à la loi du 18 janvier 1994 sur la médecine carcérale[6].
Filmographie
Karl Zéro, « L'assassinat du chef de la Santé (55 min) » [vidéo].