Georges Leblanc (général)

militaire français From Wikipedia, the free encyclopedia

Georges Leblanc, né le à Limoges et mort le à Paris, est un général de corps d'armée français, grand-croix de la Légion d'honneur, titulaire de la Distinguished Service Cross américaine.

Nom de naissanceGeorges Émile Leblanc
Naissance
Limoges
Décès (à 92 ans)
Paris
OrigineDrapeau de la France France
Faits en bref Nom de naissance, Naissance ...
 Georges Leblanc
Georges Leblanc (général)
Georges Leblanc en 1945, commandant le 1er groupe de tabors marocains

Nom de naissance Georges Émile Leblanc
Naissance
Limoges
Décès (à 92 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Grade Général de corps d'armée
Commandement 1er groupe de tabors marocains (1er GTM)
Forces terrestres du Centre-Vietnam (FTCV)
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1939-1945
Croix de guerre 1914-1918
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
Fermer

Après avoir combattu lors de la Première Guerre mondiale, il s'illustre particulièrement au cours de la Seconde Guerre mondiale au commandement du 1er groupe de tabors marocains (1er GTM), lors de la campagne d'Italie au sein du corps expéditionnaire français, puis au sein de la 1re armée française lors de la libération de Marseille en et des campagnes de France et d'Allemagne.

Il combat ensuite durant la guerre d'Indochine. Nommé, en , commissaire de la république pour le Centre-Vietnam et commandant des forces terrestres du Centre-Vietnam (FTCV), il commande les forces françaises lors de l'opération Camargue en juillet-, l'une des plus importantes opérations de la guerre.

« Chef et combattant d'une renommée légendaire », titulaire de vingt-quatre citations, ses faits d'armes lui valent d'être élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur en 1956 « pour services exceptionnels en Extrême-Orient ».

Il est l'un des plus prestigieux commandants des goumiers marocains durant la Seconde Guerre mondiale, au côté de Pierre Boyer de Latour et Gaston Parlange, également élevés à la dignité de grand-croix de la légion d'honneur après-guerre, et Jacques Massiet du Biest[1].

Biographie

Famille

Issu d'une famille de tradition militaire, il est le fils de Michel Émile Leblanc (1860-1914), colonel d'infanterie[2], et Étiennette Joséphine Marie Marquet. Son grand-père, Michel Régis Leblanc, né en 1818 à Clermont-Ferrand et mort en 1890 à Aubusson (Creuse), est capitaine de frégate, commandant la frégate à vapeur le Mogador, destinée à l'expédition de Syrie de 1860 puis capitaine de vaisseau et contre-amiral[3],[4].

Il se marie le à Bussy-le-Grand (Côte-d'Or) avec Jacqueline Loth (1906-1956), avec laquelle il a huit enfants, puis le à Vallenay (Cher) avec Christiane Tron de Bouchony.

Son père, colonel au 61e régiment d'infanterie (61e RI), est mort pour la France le [5] ainsi que son frère aîné, Michel François Joseph (1893-1918), sous-lieutenant au 68e régiment d'infanterie (68e RI), le [6].

Son fils, Olivier Leblanc, commandeur de la légion d'honneur, est colonel dans l'infanterie [7].

Carrière

Première Guerre mondiale

Engagé volontaire en , Leblanc fait une brillante campagne dans l'infanterie, qu'il termine comme capitaine, à seulement 22 ans, à la 10e compagnie du 90e régiment d'infanterie. Il est blessé 3 fois et est cité 4 fois[8].

Le , il est nommé chevalier de la Légion d'honneur pour prendre rang au [8] avec la citation suivante : « Officier d'une bravoure légendaire. A peine guéri d'une grave blessure, est revenu à la tête de sa compagnie ; le 29 octobre 1918, par son action personnelle, son exemple et ses encouragements, a réussi à maintenir son unité dans l'ordre et le calme le plus parfaits sous un bombardement d'obus de gros calibres d'une violence sans précédent, faisant l'admiration de tous par son courage, son abnégation, son esprit du devoir. Trois blessures. Quatre citations. »[9].

Campagne du Maroc

En 1919, il est affecté au Maroc, au 13e régiment de tirailleurs algériens (13e RTA) puis muté au service des Affaires indigènes (AI) du Maroc en [10].

De 1930 à 1933, il participe aux opérations dans l'Atlas marocain avant d'être nommé chef de bureau puis chef de cercle aux Affaires indigènes[10].

Alors qu'il est capitaine au service des affaires indigènes du Maroc, il est promu officier de la légion d'Honneur le [8] avec la citation suivante : « Capitaine au service des affaires indigènes du Maroc ; 16 ans de services, 16 campagnes, 5 blessures, 2 citations. Chevalier du 13 novembre 1918. Titres exceptionnels : le 19 juin 1930, étant à la tête d'un groupe de forces supplétives s'est emparé par surprise d'une série de positions importantes. A fait l'admiration de tous par son courage. Croix de guerre des théâtres d'opérations extérieurs avec palme. »[11].

Seconde Guerre mondiale

Insigne du 1er groupe de tabors marocains (1er GTM)
Le colonel Georges Leblanc défile à Marseille en tête du 1er GTM après la libération de la ville en août 1944

Leblanc est promu chef de bataillon en . Après l'armistice de juin 1940, il prend le commandement du 1er groupe de tabors marocains (1er GTM) et entraîne ses goumiers au Maroc[10].

Après le débarquement allié en Afrique du Nord en , il est promu lieutenant-colonel en puis combat durant la campagne de Tunisie à la tête du 1er GTM[12].

Il est promu commandeur de la Légion d'honneur le [8].

En , il rejoint le corps expéditionnaire d'Italie commandé par le général Alphonse Juin. Avec le 1er GTM qu'il commande jusqu'en , il participe à la bataille du Garigliano en puis à la prise de Rome et celle de Sienne. Après avoir été promu colonel en [12], il débarque en Provence le à la tête du 1er GTM avec la 1re armée française commandée par le général de Lattre de Tassigny. Il participe aux campagnes de la libération de la France (bataille de Marseille, les Alpes, libération de Belfort, libération de Strasbourg), puis d'Allemagne (ligne Siegfried, Pforzheim, Stuttgart)[10].

En , il est décoré de la prestigieuse Distinguished Service Cross américaine pour sa conduite lors de la libération de Marseille[13].

Promu général de brigade en , il est nommé ensuite à la tête de la région de Meknès par le maréchal Juin, alors résident général de France au Maroc[14].

Georges Leblanc est fait grand officier de la Légion d'honneur le [8].

Guerre d'Indochine (1951-1954)

Georges Leblanc en mai 1952 en Indochine

En 1951, il est appelé par de Lattre de Tassigny pour servir en Indochine et quitte le Maroc[14].

Début , il remplace le général Lorillot à Hué[15] puis le , il est nommé commissaire de la république pour le Centre-Vietnam et commandant des forces terrestres du Centre-Vietnam (FTCV) (Annam)[16].

Il est promu général de division en 1952[14].

En juillet-, Leblanc commande les forces françaises lors de l'opération Camargue, l'une des plus importantes opérations de la guerre[17].

Il quitte l'Indochine fin 1953.

Après-guerre

En , il est nommé directeur de la Sécurité et de l'Intérieur au Maroc (ministre de l'Intérieur du protectorat)[18] puis promu général de corps d'armée le même mois[19].

En désaccord avec la politique gouvernementale au Maroc, il demande à être relevé de son poste et est nommé en au commandement de la IVe région militaire (Bordeaux), qu'il conserve jusqu'au [14].

Georges Leblanc est élevé à la dignité de grand-croix de la légion d'Honneur en « pour services exceptionnels en Extrême-Orient »[20],[8]. Sa décoration lui est remise au musée des Goums à Montsoreau par le Maréchal Alphonse Juin[21].

Lorsqu'il prend sa retraite en , Maurice Bourgès-Maunoury, président du Conseil des ministres, rend hommage à « un chef et un combattant d'une renommée légendaire » dans une lettre qu'il lui adresse le [21].

Il se retire dans son domaine de Laubard situé à Alleyrat (Creuse) et s'occupe de sa ferme. Il est premier adjoint de la commune de 1971 à 1983[21].

Il meurt le à Paris. Ses obsèques se déroulent le lundi en l'église Saint-Louis-des-lnvalides. Il est inhumé à Laubard dans le caveau familial[21].

Grand-Croix de la Légion d'Honneur, six fois blessé, Georges Leblanc totalise avec ses trois croix de guerre (1914-1918, Théâtres d'opérations extérieurs (TOE), 1939-1945), 24 citations dont 14 à l'ordre de l'armée[21].

Jusqu'à sa mort il est président d'honneur de la Koumia, association des anciens des goums marocains et des affaires indigènes en France, créée en 1952.

Hommages

« Au moment où s'achève dans l'armée active votre carrière de quarante-deux années, je tiens à rendre hommage à l'exceptionnelle valeur de vos services. Héroïque officier d'infanterie de 1914-1918, hardi chef de goumiers au Maroc entre les deux guerres, magnifique commandant du 1er Groupe de Tabors marocains en 1943-45, fin politique et manœuvrier habile au centre Viêt-Nam en 1952-54 vous avez été un chef et un combattant d'une renommée légendaire, dont les 24 citations et les 6 blessures représentent, dans le cadre des officiers généraux, un glorieux record. De plus, dans tous les postes que vous avez occupés, vos hautes qualités humaines et professionnelles, votre souple intelligence, l'énergie, la distinction la droiture de votre caractère vous ont valu les plus belles réussites ainsi que Ia confiance, le respect et l'affection de tous. Je vous exprime la reconnaissance de l'Armée et du pays pour les services éminents que vous avez rendus. »

 Lettre de Maurice Bourgès-Maunoury, président du Conseil des ministres, à Georges Leblanc, 11 août 1956

Distinctions

Décorations françaises

Décorations étrangères

Citations militaires

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI