Georges Mathieu (historien)
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| Directeur Archives départementales de la Corrèze | |
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Maurice Rousset (d) |
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Pierre Louis Georges Mathieu |
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Georges Mathieu, né le à Nîmes et mort pour la France à Corbeny dans le département de l'Aisne, le , est un archiviste français du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France.
Pierre Louis Georges Mathieu, né le à Nîmes, est le fils de Samuel Léon Mathieu (1855-1939), pasteur de l'église réformée à Uchaud et de Louise Cécile Suzanne Cavalier Bénézet (1860-1940)[1].
Élève du lycée de Bordeaux de 1892 à 1900. Après une licence ès lettre, il est admis à l'École nationale des chartes en et doit faire une année de service militaire avant le début de ses études[2]. Il est incorporé au 6e régiment d'infanterie de à et nommé caporal dans la réserve en 1910[3].
Diplômé archiviste-paléographe en 1908, il est nommé la même année archiviste départemental de la Corrèze à Tulle. Il y réside lorsqu'il épouse Sophie Laure Hine (née en 1888) le , à Jarnac[4]. Il publie des articles sur l'histoire de la Corrèze, sur l'hôpital de Tulle sous l'ancien régime, sur l'instruction publique dans le département pendant la Révolution et les répertoires numériques des fonds anciens des archives départementales[5],[6].
Mobilisé en au 144e régiment d'infanterie, il est nommé sergent en octobre, aspirant en et passe au 32e régiment d'infanterie en [3].
Le régiment subit d'intenses bombardements en lors de la bataille de Verdun. Georges Mathieu est cité à l'ordre de la brigade à cette occasion : « Sous-officier remarquable par son calme et son sang-froid. S'est particulièrement distingué pendant les 5 et , sous un bombardement inouï, en donnant à tous l'exemple du courage et de l'esprit de sacrifice »[7].
Dans une lettre qu'il écrit le , il raconte son expérience : « Le vacarme des explosions était terrifiant. À chaque instant, nous recevions de la terre, projetée à une grande hauteur par une explosion proche. À trois reprises, l'obus a éclaté si près de moi, qui me tenais à l'entrée de l'abri, que j'ai reçu violemment en pleine figure plusieurs kilos de terre, qui m'ont aveuglé. C'est une affreuse impression. On est brusquement plongé dans les ténèbres. J'ai cru devenir aveugle. Par une chance prodigieuse, aucun éclat ne m'a touché. Le troisième obus a eu des conséquences pires. Il a éclaté à deux mètres devant moi, sur un pare-éclats, ce qui a eu pour résultats et de m'aveugler de terre, et de boucher notre abri sous une avalanche de terre et de sacs de terre. Minute horrible, où l'on craint d'être enseveli vivant. J'avais eu heureusement l'idée de mettre en travers de l'ouverture un gros rondin, qui a porté le coup et nous a laissé une petite fente. Avec une énergie décuplée, de mes ongles j'ai gratté, remué, et, après un quart d'heure d'efforts, j'ai pu sortir et dégager l'ouverture. J'étais si éreinté et si ému, les hommes aussi, que nous sommes restés là, sans bouger, jusqu'à la nuit »[8].
Après des combats dans le Pas-de-Calais et dans la Somme, son régiment est renvoyé au chemin des Dames. C'est là que Georges Mathieu est tué à Corbeny le [9],[10].
Il est cité à l'ordre de l'armée du : « Chef de section d'une haute valeur morale. A été mortellement frappé le , en entraînant ses hommes à l'assaut d'un fortin »[11].
Distinctions
Médaille militaire, à titre posthume, décret du [12]
Croix de guerre -, palme de bronze
Hommages
- Le nom de Georges Mathieu est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France pendant la guerre de 1914-1918[13].
- Son nom figure sur les plaques commémoratives de l'École des chartes, de la Sorbonne et des Archives nationales à Paris, des Archives départementales de la Corrèze et sur le monument aux morts départemental de Nîmes[14].
Œuvres principales
- Étude sur le marais de Bordeaux et de Bruges de l'édit de 1559 à la Révolution, thèse
- Courte chronique écrite à Ayen (Corrèze), 1560-1585, 1909[15]
- Note sur les comités révolutionnaires de Tulle, 1910[16]
- Inventaire sommaire des archives hospitalières antérieures à 1790, 1911[17]
