Gerasimos Rautopoulos

militaire grec From Wikipedia, the free encyclopedia

Gerasimos Rautopoulos (en grec : Γεράσιμος Ραυτόπουλος ; né le 20 décembre 1900 à Fiskardo, Céphalonie, ou selon d’autres sources en 1902 et meurt le 18 août 1918 à Thessalonique est un sous-officier grec, considéré comme le plus jeune de toute l’histoire militaire grecque. Enrôlé clandestinement à l’âge de douze ans dans l’armée hellénique lors de la Première Guerre balkanique (1912), il se distingue par des actes d’une bravoure exceptionnelle et est promu caporal à seulement 13 ans, le 28 août 1913[1],[2],[3],[4],[5].

SurnomL'enfant du régiment

Le plus jeune sous-officier grec

Naissance (ou 1902)
Fiskardo (Mesovounia), Céphalonie, Grèce
Décès 17 ou 18 ans ans)
Hôpital militaire de Thessalonique
OrigineGrecque
Faits en bref Surnom, Naissance ...
Gerasimos Rautopoulos
Gerasimos Rautopoulos

Surnom L'enfant du régiment

Le plus jeune sous-officier grec

Naissance (ou 1902)
Fiskardo (Mesovounia), Céphalonie, Grèce
Décès  17 ou 18 ans ans)
Hôpital militaire de Thessalonique
Origine Grecque
Allégeance Royaume de Grèce
Arme Infanterie
Formation Personnel auxiliaire
Unité 18e Régiment d'infanterie, IVe Division
Grade Caporal (Δεκανέας)
Années de service Octobre 1912 – Après août 1913 (Sa trace se perd après la guerre)
Conflits Première Guerre balkanique (1912)

Deuxième Guerre balkanique (1913)

Distinctions Fusil Martini

Fusil Mannlicher-Schönauer (don du régiment)

Promotion au grade de caporal (28 août 1913)

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Biographie

Origines et famille

Gerasimos Rautopoulos naît le 20 décembre 1900 dans le hameau de Mesovounia, commune de Fiskardo, sur l’île de Céphalonie (Grèce). Sa mère est originaire du Pirée, où elle travaille comme employée. Son père, artisan boulanger, exerce son métier sur l’île d’Hydra. La famille est donc épersée sur plusieurs îles de la mer Egée[1].

Il est le descendant direct d’Alexandros Rautopoulos, capitaine de marine originaire de Céphalonie. Cet ancêtre illustre avait transporté Theodoros Kolokotronis depuis la Mani jusqu’à Zakynthos en 1806, lorsque les klephtes du Péloponnèse furent chasés par les Ottomans. Alexandros Rautopoulos collabora ensuite avec Kolokotronis lors de la Guerre russo-turque, conduisant des raids maritimes sur les côtes d’Asie Mineure, de Thrace et de Macédoine, aux côtés des légendaires klephtes Stathas, Nikotaras et Vlachavas[3].

Le père de Gerasimos avait lui-même participé comme volontaire à la guerre gréco-turque de 1897. Cette tradition familiale de bravoure au service de la patrie est clairement intialisée dans la conscience du jeune garçon et détermine son engagement précoce[6],[7],[8].

Jeunesse et conditions de vie

En 1912, Gerasimos Rautopoulos, alors âgé de 12 ans, est employé comme domestique chez un riche propriétaire de Pylos (Péloponnèse). Il mesure entre 1,40 et 1,50 mètre et sa stature frappait ceux qui le rencontraient. C’est dans ce contexte de séparation familiale et de vie de servitude que le jeune garçon apprend l’imminence de la mobilisation générale, à l’automne 1912[1],[2],[3],[7].

Engagement militaire lors des guerres balkaniques (1912–1913)

L’enrôlement clandestin (octobre 1912)

Dès l’annonce de la mobilisation, Gerasimos fait part de sa décision à son employeur : « La patrie nous appelle à la mobilisation. J'ai besoin de l'argent pour partir ». Une fois payé, il se rend immédiatement à Athènes pour se présenter au bureau de recrutement. Malgré l'afflux de volontaires venus de toute la Grèce et de la diaspora, il est refusé en raison de son jeune âge. La réponse des autorités militaires est sans équivoque [3]:

« Toi, petit, qu'est-ce que tu fais ici ? La guerre est réservée aux hommes. Tu as des années devant toi pour t'engager dans l'armée. »

Sans se décourager, le garçon de douze ans se rend à la gare du Pirée et se faufile secrètement dans un wagon de soldats à destination de Larissa. Une fois sur place, il supplie le commandant du 18ème régiment de la 6ème division de l'intégrer à ses forces. Le commandant, prudent, accepte de l'intégrer uniquement en tant que personnel auxiliaire, sans lui remettre d'arme[5],[1],[2],[3].

Bataille d’Elassona (6 octobre 1912)

Lors de la bataille d’Elassona, premier engagement majeur de la Première Guerre balkanique, Gerasimos reçoit son baptême du feu. Refusant de rester en retrait, il s’empare courageusement d’un fusil de type Martini arraché des mains d’un soldat turc ennemi. Sa conduite stupeféfie son commandant lui-même. Le jeune garçon de 12 ans se bat avec une détermination et un sang-froid que même les soldats expérimentés admiraent[2],[4],[7].

Bataille de Sarantaporos (9–10 octobre 1912)

Contexte et importance stratégique

Les 9 et 10 octobre 1912, Gerasimos participe à la bataille de Sarantaporos, affrontement décisif de la guerre se déroulant aux environs du village de Petrotos. Après une vive résistance ottomane, les forces grecques remportent une victoire stratégique fondamentale. Ce succès ouvre la voie à la libération de la Macédoine et relève le moral de l'armée, marqué par la défaite de 1897[5].

Alors que le général allemand Von der Goltz considérait Sarantaporo comme une forteresse imprenable devant servir de « tombeau » aux Grecs, l'offensive prouve le contraire[6],[8],[4],[2].

La reconnaissance et le cadeau du Mannlicher

Gerasimos Raftopoulos au front

En récompense de son comportement exemplaire, Gerasimos reçoit un fusil Mannlicher-Schönauer, arme moderne de l’armée hellénique. Le soir du 9 octobre, son commandant lui adresse ces paroles :

« Tu es un digne guerrier, petit. Notre nouvelle arme, ce Mannlicher, est ton cadeau. Tu le mérites et il te sera utile. Les Turcs ont peut-être disparu de Sarandaporo, mais il nous reste encore d'autres lieux à libérer. »[5]

Il ajoute également :

« Bravo Gérasimos. Le général Tacin Pacha entendra ton nom et tremblera. [...] Le 9 octobre, la bataille de Sarantaporo sera une bataille décisive pour notre patrie. En avant donc pour la Liberté ! Tu as une arme, tu as du courage. Combien de temps encore serons-nous esclaves des étrangers ? »[5]

Évocations poétiques en 1912

Le courage de Gerasimos et l'élan de l'armée sont illustrés par ces vers [5]:

Mil neuf cent douze et des batailles, Dans des défilés impraticables, au corps à corps. À Sarantaporo, les crêtes gémissent, Esclaves des étrangers pour combien de temps encore ?

Gerasimos entre aussitôt dans la bataille, Il y a un courage de héros en surplus. En avant Gerasimos pour une nouvelle victoire, Pour entrer les premiers dans Thessalonique !

Mil neuf cent douze, Elassona, Gligovo, Giannitsa, Thessalonique. Les Grecs, dans la bataille, dans la lutte, Passent d'une victoire à l'autre[7].

Deuxième Guerre balkanique : bataille de Kilkis-Lahanas (1913)

Gerasimos Raftopoulos, qui reçoit des soins médicaux après son évasion

Lors de la Deuxième Guerre balkanique, Gerasimos est capturé par des soldats bulgares. Selon les sources, il se retrouve cerné par cinq adversaires bulgares qui tentent de le ligoter. Gardant son sang-froid, il dégaine son fusil Mannlicher-Schönauer, tue trois des soldats et met en fuite les deux restants[7].

Peu après son évasion, il perçoit des gémissements provenant d'une tranchée. Il y découvre un Evzone (soldat d'élit grecs) grièvement blessé et agonisant. Sans hésitation, Gerasimos charge le soldat sur ses épaules et le ramène jusqu’au camp grec, lui sauvant ainsi la vie[7].

Il participe également à l’assaut de la cote 1970, où son héroïsme est une nouvelle fois remarqué[7],[4],[2].

Promotion au grade de caporal (28 août 1913)

Pour l’ensemble de ses actes de bravoure, Gerasimos Rautopoulos est promu au grade de caporal (Dekaneás / Δεκανέας) le 28 août 1913. À 13 ans, il devient ainsi le plus jeune sous-officier de toute l’histoire de l’armée hellénique. Le commandant lui déclare :

« Pour ta bravoure et tes exploits, la patrie te promeut au grade de caporal. Les histoires des guerres balkaniques seront apprises comme des contes par les générations suivantes, et toi tu en seras le plus jeune héros : Gerasimos Rautopoulos. » — Commandant du 18e Régiment, 28 août 1913[5]

Lors de la dernière décoration officielle du jeune Gerasimos, la reine Olga en personne s’incline devant sa mère en signe de respect pour les actes de son fils. Gerasimos lui-même n’est pas présent à la cérémonie[9],[3].

Décès

Après les guerres balkaniques, l’État grec exprime l’intention de prendre en charge l’éducation de Gerasimos, en reconnaissance de ses services. Ce projet n’aboutit malheureusement jamais[2].

Gerasimos Rautopoulos tombe gravement malade, atteint de bronchopneumonie. Il s’éteint le 18 août 1918 à l’Hôpital militaire de Thessalonique, à l’âge de 17 ou 18 ans seulement[1],[2].

Héritage et mémoire

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