Germaine Brière (avocate)

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Naissance
Décès
(à 39 ans)
Le Mans
Nom de naissance
Germaine Suzanne Ernestine Brière
Activité
Germaine Brière
Germaine Brière, Agence Mondial, 1933.
Biographie
Naissance
Décès
(à 39 ans)
Le Mans
Nom de naissance
Germaine Suzanne Ernestine Brière
Activité

Germaine Brière, née le au Mans et morte le dans la même ville, est une avocate française.

Première avocate du barreau du Mans, elle est notamment connue pour avoir été l'avocate des sœurs Papin.

Jeunesse et formation

Fille d'Alexandre Charles Victor Brière, employé de commerce, et Ernestine Juliette Maherrault, son épouse, Germaine Suzanne Ernestine Brière naît en 1897 au Mans[1]. Étudiante brillante, elle fait ses études de droit à Caen, obtenant sa licence au début des années 1920[2]. À l'issue de sa formation, elle réussit l'examen du barreau du Mans en 1924[3], mais après une enquête de moralité, sa candidature est rejetée par le bâtonnier pour d'obscurs motifs, comme une « allure garçonnière »[4].

Face à l'hostilité du conseil de l'Ordre, Germaine Brière intente une action auprès de la cour d'Angers. Durant l'enquête diligentée par le tribunal, elle produit des contre-témoignages en sa faveur et se voit contrainte de fournir un certificat de virginité[5], qu’elle obtient grâce à son amant, médecin[6]. Soutenue par l'avocat et député de la Sarthe Jean Montigny, elle remporte son procès et peut prêter serment comme avocate le . Elle prononce sa première plaidoirie en octobre suivant[7]. En 1926, elle est recensée comme hôte de passage dans le quartier du faubourg Montmartre à Paris[8].

Après cinq ans de stage, elle est inscrite au barreau du Mans le , devenant ainsi la première avocate de la Sarthe[9].

Débuts professionnels

Durant ses premières années d'exercice, Germaine Brière travaille fréquemment comme avocate commise d'office[10]. Pénaliste engagée, elle défend souvent des gens de condition modeste. En 1928, elle a pour client Henri Nicolas, accusé d'avoir assassiné sa patronne au motif qu'elle se refusait à lui[11]. Malgré une défense acharnée, Nicolas est condamné à mort. Germaine Brière l'accompagne au pied de l'échafaud, une première en France pour une avocate[12]. Ce sera la dernière exécution publique dans le département de la Sarthe.

Affaire Papin

Le , Christine et Léa Papin, employées comme bonnes par la famille Lancelin au Mans, assassinent sauvagement leur patronne Léonie et sa fille Geneviève. Germaine Brière se saisit immédiatement du dossier[13]. D'abord avocate des deux femmes, elle se concentre sur la défense de Christine, avec l'espoir de lui éviter la peine capitale, l'avocat tourangeau Pierre Chautemps, frère de Camille Chautemps, se chargeant de Léa[14]. Durant l'instruction, les expertises psychologiques des deux sœurs concluent à leur pleine responsabilité, mais Germaine Brière refuse la version d'un « crime social » commis sous le coup de la colère par des domestiques, convaincue que Christine Papin souffre d'une pathologie psychiatrique[13]. Elle réclame des contre-expertises, mais le juge rejette ses demandes.

Le procès se tient le au tribunal du Mans[15]. Dans sa plaidoirie, Germaine Brière demande aux jurés de ne pas statuer sur le sort de Christine Papin tant qu'une contre-expertise n'a pas eu lieu. Mais l'argument de l'abolition du discernement n'est pas retenu, et les jurés condamnent Christine Papin à la peine de mort et sa cadette à dix ans de travaux forcés. Grâce à l'intervention de Germaine Brière, Christine Papin est finalement graciée par le président Albert Lebrun le et sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité. En prison, elle cesse de s'alimenter et doit être hospitalisée à l'asile d’aliénés Saint-Méen de Rennes[16], où elle meurt de cachexie en .

Mort

Après le procès Papin, Germaine Brière poursuit un temps sa carrière au Mans, mais, atteinte de tuberculose, elle meurt en au 77, rue Chanzy où elle vivait avec ses parents[17]. Ses obsèques, auxquelles assistent de nombreux notables et membres du barreau, attirent une foule imposante[18]. Dans son éloge funèbre, le bâtonnier de l'Ordre des avocats rappelle que Germaine Brière « exerça sa profession d'une manière telle que l'erreur apparaît de ceux-là qui, pour des raisons, hélas bien fragiles, ne veulent pas et luttent même contre l'extension du rôle social de la femme, contre son admission aux fonctions et aux carrières réservées aux hommes. »

L'avocate est inhumée au cimetière de l'Ouest[10]. Malgré la visibilité que lui avait apportée le procès Papin, elle tombe dans l’oubli.

Postérité

Bibliographie

Notes et références

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