Elle est née d'une mère caissière âgée de 42 ans et d’un père chef de cuisine alors marié à une autre femme et dont le nom de famille est Germain. À sa naissance, la mère la prénomme donc Germaine. Lorsque son père la reconnaît quelques années plus tard, elle se nomme désormais Germaine Germain[3].
Mannequin, elle s'essaye au comique et a pour marraine professionnelle Mistinguett qui la baptise au champagne du surnom « Manouche ». Son premier diamant lui est offert par Stavisky.
À 30 ans, elle devient la maîtresse du truand corse Paul Carbone, dont elle a un fils posthume, Jean-Paul François, né pendant l’Occupation[4] et qui sera un célèbre styliste de haute couture. Elle vit ensuite avec François Lucchinachi, dit "François le notaire", ancien mafiosi qui est assassiné sous ses yeux en 1948.
Après guerre, elle tient divers bars et restaurants, comme Le Manouche à Paris et Le Vénezia à Tanger, où elle se lit d'amitié avec Françoise Sagan. Manouche devient une des reines de la nuit parisienne, ces établissements sont fréquentés par le show-biz, Arletty, Maurice Chevalier, Roland Toutain et de nombreuses vedettes[5]. Elle accueille aussi les nuits homosexuelles, lui valant un nouveau surnom : "la reine des Tantes".
En 1966, elle tente sans succès de faire interdire le film Le Deuxième souffle dont l'un des personnages, librement inspiré d'elle, s'appelle Manouche.
En 1972, Roger Peyrefitte écrit sa biographie romanesque[6],[7] qui connaît un immense succès, publié peu après la sortie du célèbre film Borsalino qui romance la vie de son amant Paul Carbone. Alphonse Boudard consacre également une biographie[8] à succès à Germaine. Germaine enregistre alors un disque[9]. Gerald Nanty, sous la plume d'Elisabeth Quin, lui consacre un portrait peu flatteur dans son ouvrage sur la nuit parisienne[10].
Son enterrement "mis en scène" par son fils, est inspiré de la scène inventée par Jules Dassin, dans Du rififi chez les hommes.