Gestapo de la rue de la Pompe

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Fondation
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Zone d'activité
Gestapo de la rue de la Pompe
Immeuble du 180 rue de la Pompe (Paris 16e) en 2020.
Histoire
Fondation
Dissolution
Cadre
Zone d'activité
Type
Domaines d'activité
Siège
Paris (180, rue de la Pompe, 75016)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pays
Coordonnées
Organisation
Directeur
Organisations mères
Affiliation
Idéologie

La Gestapo de la rue de la Pompe est une officine de la Gestapo, installée au 180, rue de la Pompe dans le 16e arrondissement de Paris entre les mois d' et d', dans les derniers mois de l'occupation de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Sous la direction de Friedrich Berger, elle traque les réseaux et mouvements de Résistance. Elle est responsable de nombreuses arrestations, tortures, exécutions et déportations.

À partir du mois d', pour faire face au contexte militaire d'imminence du débarquement des Alliés et de montée en puissance de la Résistance, Friedrich Berger (1911-1960), un espion allemand, constitue et dirige à Paris une équipe d'une quarantaine d'auxiliaires de la police allemande pour traquer les mouvements et réseaux de Résistance.

L'équipe ainsi constituée est connue comme la « Gestapo de la rue de la Pompe », à Paris, dont le siège est au no 180[1].

Cette officine est rattachée à la Gestapo du 11 rue des Saussaies et à celle du 31 bis avenue Foch, également dans le 16e arrondissement de Paris.

Les auxiliaires de police allemande sont pour la plupart Français et souvent anciens trafiquants du marché noir qui ont accepté de collaborer après leur arrestation[2]. Dans l'ensemble, les recrues sont des repris de justice condamnés pour escroquerie, vol ou parfois crime de sang[3]. Ce sont des malfrats collaborateurs, plutôt que des nazis fanatiques[4].

La Gestapo de la rue de la Pompe a joué un rôle important dans la traque des résistants dans les derniers mois de l'occupation allemande avant la Libération de la France.

En effet, elle est responsable de la neutralisation de plusieurs réseaux et mouvements de Résistance[5],[6].

Outre des expéditions à Roanne, Lille et Péronne, le groupe procède à des arrestations de résistants des réseaux ou mouvements suivants : « Les Cloches des Halles », « Phalanx », « N.A.P. », « Voix du Nord », « Libération-Nord », « O.C.M. », « F2 », « M.L.N. », « Résistance polonaise », « Organisation juive de combat », « Groupe de Chelles et de Draveil », « Jeunesses catholiques combattantes »[7].

Selon l'historienne Marie-Josèphe Bonnet[8]:

« En quatre mois, du 17 avril au 17 août 1944, une équipe de 44 auxiliaires français dirigés par l'Allemand Friedrich Berger a arrêté plus de 300 résistants, torturé la majorité d'entre eux pour leur extorquer des renseignements, déporté 163 hommes et femmes, sans parler de ceux qui sont morts sous la torture ou fusillés. Au cours du procès de la Gestapo de la rue de la Pompe au tribunal militaire, on dénombrera 110 morts dont 60 fusillés à Paris, parmi lesquels se trouvent les 42 jeunes gens fusillés à la cascade du bois de Boulogne le 16 août 1944. »

Le la bande quitte la rue de la Pompe pour emménager au 42 avenue Victor-Hugo dans le 16e arrondissement de Paris[1].

Le la Gestapo parisienne quitte Paris pour l'Allemagne et poursuit en chemin son activité d'arrestations, de déportations et d'assassinats à Sainte-Menehould[9], Celles-sur-Plaine, Saint-Dié, Provenchères, Bernardvillé, Raon-l'Etape[10].

Organisation des lieux

La Gestapo occupe trois niveaux de l'immeuble :

  • le rez-de-chaussée utilisé pour interroger et torturer les détenus. Il comprend deux chambres, un grand salon, une cuisine et une grande salle de bains, dont la baignoire est installée près de l'entrée[11].
  • le 1er étage (juste au-dessus) utilisé pour loger le trio du chef Friedrich Berger avec ses deux maîtresses, les sœurs Denise et Hélène Delfau[11].
  • la cave où deux grandes pièces recouvertes d'un plancher servent de prison à de nombreux résistants. Cette cave est desservie par un escalier intérieur de l'appartement du rez-de-chaussée[11].

Un garde armé se tient devant l'entrée et il faut passer devant les concierges pour accéder à la porte d'entrée de l'appartement du rez-de-chaussée qui se trouve face à l'escalier de l'immeuble[11].

Méthodes d'interrogatoires

L'acte d'accusation du procès de la Gestapo de la rue de la Pompe en 1952 s'ouvre par le constat suivant : « Ces hommes ne se sont pas contentés de se livrer à une répression policière, ils ont de plus exercé sur tous les sujets et protégés français qui sont tombés entre leurs mains des sévices graves et des tortures qui ont entraîné dans certains cas la mort de leur victime ».

Dès leur arrivée rue de la Pompe, les détenus - hommes comme femmes - sont accueillis par un déchaînement de violence de la part des Gestapistes, et parfois de leur chef lui-même.

Pour obtenir des aveux des résistants (leur identité, leurs fonctions, leur place dans le réseau, le nom et l'adresse de leurs chefs, le nom et l'adresse de leurs camarades résistants, leurs prochains rendez-vous...), de multiples moyens de torture sont utilisés. La plupart subissent des coups de poings, de pieds, et de nerfs de bœuf, des brûlures avec des torches de papier ou cigarettes, et quasi systématiquement le supplice de la baignoire ; les Gestapistes remplissent d'eau la baignoire sur laquelle flottent des glaçons et y plongent la tête des détenus nus à plusieurs reprises jusqu'à leur suffocation. Quelques détenus sont victimes de sévices sexuels, d'écartèlement, ou encore de pendaison par les mains[12]...

Ces méthodes sont poussées si fortement, que trois résistants meurent sous la torture[Note 1]. Beaucoup d'autres sont blessés, parfois grièvement et à vie, sans compter les traumatismes psychologiques.

Sort des détenus après leur passage rue de la Pompe

Après quelques heures ou quelques jours au no 180 rue de la Pompe, peu de détenus sont relâchés et un seul parvient à s'évader[Note 2]. La plupart sont internés dans les prisons gérées par l'occupant allemand, particulièrement dans celle de Fresnes.

Les détenus sont ensuite déportés en camp de concentration en Allemagne (163 hommes et femmes), particulièrement via le convoi I.264 vers Buchenwald et Ravensbrück, mais également via les convois I.199 vers Mauthausen, I.240 vers Dachau, I.265 vers Buchenwald et I.281 vers Cologne.

Poursuites judiciaires après-guerre

Procès

La Gestapo de la rue de la Pompe fait l'objet d'un procès devant le Tribunal militaire permanent de Paris qui se tient du au au Palais de justice de Paris[13].

Vingt-trois personnes sont inculpées de trahison, espionnage, assassinat et association de malfaiteurs[13]. L'acte d'accusation stipule que ce groupe a collaboré entièrement avec les services allemands du 11 rue des Saussaies et, surtout, du 31 bis avenue Foch (section VI).

Lors du procès, seuls quatorze inculpés sont dans le box des accusés[13]. L'un des inculpés comparaissant, Georges Guicciardini, est défendu par le célèbre avocat Me Jean-Louis Tixier-Vignancour.

Le procès est particulièrement dense puisque cent soixante seize témoins passent à la barre et le dossier comprend 20 000 cotes.

Par ailleurs, il se tient dans le contexte de la guerre froide, où les préoccupations liées à la Seconde Guerre mondiale apparaissent secondaires.

Jugements

A l'issue du procès, les jugements sont rendus le .

Parmi les quatorze inculpés "comparaissant" jugés contradictoirement :

  • 8 sont condamnés à la peine de mort (Georges Favriot, Raoul Fouchet, Adrien Guicciardini, Georges Guicciardini, Georges Gorisse, Théodore Leclercq, Fernand Poupet, et René Vaugeois).
    • Georges Guicciardini meurt de manière naturelle le à la prison de Fresnes ;
    • René Vaugeois, Adrien Guicciardini et Georges Gorisse voient leur peine de mort commuée en travaux forcés à perpétuité le , puis en vingt ans ;
    • Raoul Fouchet obtient que son jugement soit cassé pour violation des droits de la défense (à la suite de son expulsion lors de l'audience du ) ;
    • Les 3 condamnés à mort dont la peine n'a été ni commuée ni cassée, à savoir Fernand Poupet, Georges Favriot et Théodore Leclercq, sont fusillés le .
  • 3 sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité (François Guicciardini, Jacques Reymond, Edmond Roger) ;
  • 1 est condamnée à vingt ans de travaux forcés (Denise Delfau) ;
  • 1 est condamné à cinq ans de bagne (Arthur Wenzel) ;
  • 1 est acquitté (Walter Kley).

Parmi les neuf inculpés "en fuite" jugés par contumace :

  • 7 sont condamnés à mort par contumace (Friedrich Berger, Pascal Forni, Manuel Stcherbina, Rachid Zulgadar, Mario Stanziano, Karl Kleindienst, et Otto Mayer).

Mémoire

L'« apposition d'une plaque commémorative en hommage aux résistants torturés 180 rue de la Pompe à Paris (16e) » a été votée à l'unanimité par le conseil d’arrondissement du XVIe du sous la référence 2016 DAC 516[14],[15].

Voici le texte de la plaque « Ici au 180 rue de la Pompe. Entre mai et août 1944, plus de 300 résistantes et résistants de différents réseaux ont été interrogés dans cet immeuble et la plupart torturés parfois jusqu’à la mort par la police allemande et ses auxiliaires français. N’oublions pas leur combat. »[14].

Cette plaque ne semble pas avoir été apposée depuis.

Liste des membres

La Gestapo de la rue de la Pompe est constituée d'une quarantaine d'auxiliaires de la police allemande, sous la direction de Friedrich Berger, dont voici les principaux membres, listés par ordre alphabétique :

Chef

Nom Années de vie Surnom Métier/origine/liens Rôle dans la Gestapo de la rue de la Pompe Suite
Friedrich Berger 1911-1960 Sartorius, Redy Allemand, militaire, espion, trafiquant constitue et dirige l'antenne de la Gestapo condamné à mort par contumace en 1952, peine non appliquée car en fuite, mort libre

Agents auxiliaires

Nom Années de vie Surnom Métier/origine/liens Rôle dans la Gestapo de la rue de la Pompe Suite
Fernand Augé 1910-1944 - - - assassiné le 21 juillet 1944 en forêt de Marly avec Charles Fauvel par d'autres membres de la Gestapo sur l'ordre de Friedrich Berger[16],[17],[18]
Gustave Boulfroi 1921-1944 Alex employé de bureau[19] un des tout premiers à prendre part aux arrestations avec Friedrich Berger[19] tué le 16 août 1944 lors d'un engagement contre les résistants dans le garage de la rue Leroux[19]
Marcel Daventure 1902-? - - chauffeur et homme de confiance de Friedrich Berger[3] -
Denise Delfau 1917-1993 - sœur d'Hélène secrétaire et gouvernante des lieux, prend au sténo les dépositions des résistants arrachés sous la torture[20], maîtresse de Friedrich Berger condamnée à vingt ans de travaux forcés en 1952[21],[22]
Hélène Delfau ?-? - sœur de Denise, épouse Muzzin, tapissière maîtresse occasionnelle de Friedrich Berger -
Roger Ebersold ?-? - réfractaire du STO[23] barman commissionnaire au bar aménagé en sous-sol[23], finit par participer aux arrestations[23] quitte la bande en juin 1944 car il vole son patron[23]
Charles Fauvel (d) 1896-1944 Roy résistant du mouvement Voix du Nord ("grillé" en raison de détournement de fonds), arrêté début juin 1944 par la Gestapo de la rue de la Pompe et retourné ex résistant retourné en agent double infiltrant les réseaux de Résistance à partir de juin 1944 avant de les dénoncer (une centaine de résistants dénoncés à son actif) assassiné le 21 juillet 1944 en forêt de Marly avec Fernand Augé par d'autres membres de la Gestapo sur l'ordre de Friedrich Berger[16],[17]
Georges Favriot 1921-1954 Le grand Georges garçon boucher[3], multi condamné, trafiquant du marché noir[3] arrête, frappe et garde les détenus, prend part à 23 arrestations[24] condamné à mort en 1952, exécuté en 1954
Pascal Forni 1910-? - peintre en bâtiment[25], ancien du bureau d'achats allemand[26] s'occupe du ravitaillement de la bande[25], prend part à 8 arrestations[24] quitte la bande le 17 août 1944 lorsqu'elle part vers l'Allemagne[25], condamné à mort par contumace en 1952, peine non appliquée car en fuite[21]
Raoul Fouchet 1912-? Le Tatoué, Le tueur valet de ferme[3], trafiquant du marché noir multi-condamné[3] prend part au massacre du bois de Boulogne, aux arrestations à Provenchères et à l'assassinat de Fauvel et Augé[24], vit au 1er étage de la rue de la Pompe avec sa maîtresse Denise Bodin[4] condamné à mort en 1952, jugement cassé pour violation des droits de la défense
Félix Gasporotto 1904-? - Italien, militant fasciste chauffeur "licencié" en juin 1944
Georges Gorisse 1917-1999 Petit Jo cuisinier, trafiquant du marché noir[27] prend part à 15 arrestations[24] condamné à mort en 1952, peine commuée en travaux forcés à perpétuité en 1954, puis à vingt ans
Adrien Guicciardini 1923-1985 - fils de Georges et frère de François chargé des arrestations avec son père et son frère, prend part à 19 arrestations[24] condamné à mort en 1952, peine commuée en travaux forcés à perpétuité en 1954, puis à vingt ans
François Guicciardini 1921-? Francis fils de Georges et frère d'Adrien chargé des arrestations avec son père et son frère, prend part à 15 arrestations[24] condamné aux travaux forcés à perpétuité et à la confiscation de ses biens en 1952[21]
Georges Guicciardini 1900-1954 Jérôme Italien naturalisé Français, père d'Adrien et François véritable lieutenant de Friedrich Berger[26], chargé des arrestations avec ses deux fils[26], prend part à 35 arrestations[24] condamné à mort en 1952, mort de manière naturelle en prison en 1954
Maurice Herbin ?-? - frère de Robert - -
Robert Herbin ?-? - frère de Maurice - -
Théodore Leclercq 1899-1954 Théo de Montmartre tourneur sur métaux[3], trafiquant du marché noir[3] chargé des arrestations, de la garde des détenus et des tortures[3], prend part à 27 arrestations[24] condamné à mort en 1952, exécuté en 1954
Milo Legrand ?-? Le Louf - - -
Madeleine Marchand 1918-? Mado résistante (agent de liaison du réseau F2)[28], maîtresse de Fernand Poupet[28] trahit ses camarades résistants sous la pression de son amant Fernand Poupet[28] hospitalisée lors du procès de 1952
Victor Mérick ?-? Totor des Lilas - - -
Fernand Poupet 1908-1954 Le bellâtre mécanicien, trafiquant du marché noir, amant de Madeleine Marchand[28] prend part à 24 arrestations[24] condamné à mort en 1952, exécuté en 1954
Jacques Reymond 1918-? - ancien du bureau d'achats allemand[26] prend part à 11 arrestations[24] condamné aux travaux forcés à perpétuité et à la confiscation de ses biens en 1952[21]
Edmond Roger 1918-? Cricri réparateur de postes TSF[28], trafiquant du marché noir[27] prend part à 6 arrestations[24] condamné aux travaux forcés à perpétuité et à la confiscation de ses biens en 1952[21]
Dr Fernand Rousseau 1885-? Félix médecin, militant du PPF[23] "médecin" de la bande, appelé lorsqu'un détenu se trouve mal lors des séances de tortures afin de savoir si la victime simule ou va trépasser[29] -
Manuel Stcherbina 1916-1945 Manu Causasien spécialiste de la torture, prend part à 32 arrestations[24] tué à Milan en 1945 par un autre auxiliaire de la Gestapo (Launay)[20]condamné à mort par contumace en 1952[21]
Mario Stanziano 1902-? - Italien, trafiquant[4] prend part à 8 arrestations[24] condamné à mort par contumace en 1952, peine non appliquée car en fuite[21]
René Vaugeois 1903-1978 - ajusteur aux usines Renault, trafiquant du marché noir[30] arrête, frappe et garde les détenus, prend part à 6 arrestations[24], bras armé de la bande[30] quitte la bande le 7 août 1944 (à la suite d'un vol lors d'une arrestation)[30]

condamné à mort en 1952, peine commuée en travaux forcés à perpétuité en 1954, puis à vingt ans

Jean-Baptiste Zimmer 1894-? Le Prof Luxembourgeois interroge les victimes, traduit les interrogatoires en allemand pour la rue des Saussaies[26], prend part à l'assassinat du Dr Blanchet (Chelles)[24] -
Rachid Zulgadar 1909-? King-Kong Iranien homme de confiance de Friedrich Berger[26], chauffeur[26], spécialiste des tortures[26] et notamment du supplice de la baignoire, prend part à 50 arrestations[24] condamné à mort par contumace en 1952, peine non appliquée car en fuite[21]

Responsables de la Gestapo parisienne en lien avec la Gestapo de la rue de la Pompe

Nom Années de vie Rôle dans la Gestapo parisienne Suite
Alfred Wenzel 1908-? SS-Hauptsturmführer (équivalent de capitaine), de la Gestapo de la rue des Saussaies, chargé de la répression parmi les milieux israélites et résistants de Paris condamné à cinq ans de bagne en 1952
Karl Kleindienst 1895-1967 SS-Untersturmführer (équivalent de sous-lieutenant), chef du service économique de la section V de la Gestapo de la rue des Saussaies, spécialisé dans la répression du marché noir condamné à mort par contumace en 1952, peine non appliquée car en fuite
Otto Mayer 1908-? SS-Untersturmführer (équivalent de sous-lieutenant), agent de Karl Kleindienst condamné à mort par contumace en 1952, peine non appliquée car en fuite
Dr Walter Kley 1910-? SS-Hauptsharführer (équivalent d'adjudant-chef), sous-officier de la section IV de la Gestapo de la rue des Saussaies qui est chargé de suivre les affaires et d'assurer la liaison entre le service de renseignements et l'exécutif (KdS Paris) en qualité de Sonderführer au BdS VI N4. Adjoint d'Alfred Wenzel acquitté en 1952
Adolf Nagel ?-? SS-Oberscharführer (équivalent d’adjudant), du KdS Paris non-lieu en 1949
Erick Ackermann ?-? SS-Unterscharführer (équivalent de sergent), du KdS Paris non-lieu en 1949

Autres personnes liées

Nom Années de vie Métier/origine/liens Lien avec la Gestapo de la rue de la Pompe
Robert Fillette ?-? bottier fabrique des chaussures sur mesure à Denise Delfau puis à toute la bande jusqu'à leur départ le 17 août 1944[23]
Mme Le Fessant ?-? cuisinière cuisine pour l'ensemble de la bande, nourrit également les prisonniers[11], fait diversion pour permettre l'évasion de Raymond du Jonchay
Mlle Achard ?-? infirmière infirmière de Friedrich Berger
Noël et Mme Deron ?-? concierges concierges de l'immeuble[11]

Liste des victimes

La Gestapo de la rue de la Pompe a arrêté plus de 300 résistants. Voici la liste des victimes (à compléter) dans l'ordre chronologique de leur arrestation, établie par l’historienne Marie-Josèphe Bonnet :

Arrestation Nom Années de vie Métier Rôle dans la Résistance Torture Suite internement Suite déportation Issue
17/18 janvier 1944 Amédée Gouvert[Note 3] 1910-1945 résistant[Note 4] ? convoi I.199 mort en déportation
17/18 janvier 1944 Mme Gouvert[Note 5] ?-? - - relâchée
17/18 janvier 1944 Albert Mousserin[Note 6] 1908-1973 résistant oui ? convoi I.199 rentré
17/18 janvier 1944 Mme Mousserin[Note 7] ?-? oui - - relâchée
10 février 1944 Louis Ginoux 1893-1950 aide-comptable résistant du groupe Les Cloches des Halles ? convoi I.240 rentré
10 février 1944 Maurice Dirson 1903-? résistant[Note 8] du groupe Les Cloches des Halles ? convoi I.240 rentré
26 mars 1944 Charlotte Ruallem[Note 9] 1907-1983 résistante du réseau Phalanx Fresnes convoi I.264 rentrée
22 mars 1944 M. Germain[Note 10] ?-? résistant du réseau Phalanx ? ? ?
22 mars 1944 Henri Wingard[Note 11] ?-? résistant du réseau Phalanx Fresnes ? ?
René Obry[Note 12] 1914-1945 hôtellier résistant[Note 4] ? convoi I.264 mort en déportation
Georges Delaire 1921-2011 résistant[Note 4] oui ? convoi I.264 rentré
Yvette Bastard ?-? employée d'hôtel oui Fresnes - relâchée
Marthe Obry[Note 13] ?-? hôtellière oui Fresnes - relâchée
Robert Lemoine 1920-1945 résistant[Note 4] Fresnes convoi I.264 mort en déportation
juin 1944 Mme Susini ?-? - - ?
juin 1944 Raymond Benoit 1912-1975 résistant[Note 8] ? convoi I.264 rentré
juin 1944 Mme Gauche ?-? - - ?
Henri Kirsch 1920-2012 résistant[Note 4] oui ? convoi I.264 rentré
Henri Lanoue 1923-2010 résistant[Note 4] oui ? convoi I.264 rentré
juin 1944 M. Weiss ?-? - ? ?
juin 1944 Louis Fongarnand 1904-1944 - ? convoi I.264 mort en déportation
juin 1944 Olga Ramette 1910-2003 oui[31] - - relâchée
juin 1944 Mme Bouet[Note 14] ?-? - - ?
juin 1944 Renée Waroquier ?-? marchande de journeaux oui - - ?
juin 1944 Maurice Bouet ?-? - - ?
Marcel Martin[Note 15] 1901-1944 - Fresnes convoi I.264 mort en déportation
juin 1944 Jack Liauthaud[Note 16] 1926-2005 résistant[Note 4] du réseau Gallia ?[32] - -
juin 1944 Mme Martin[Note 17] ?-? - - relâchée
20 juin 1944 Constantin Zarapoff (d) 1878-1945 général de brigade aérienne résistant[Note 8], chef militaire de Libération-Nord oui ? convoi I.264 mort en déportation
20 juin 1944 Jules Bruncher[Note 18] 1887-1944 général de brigade aérienne[33] résistant[Note 8] de l'OCM et de l'Armée secrète oui ? convoi I.264 mort en déportation
20 juin 1944 Raymond Sarton du Jonchay (d) 1900-1991 colonel résistant[Note 8] - - évadé de la Gestapo[Note 19]
juin 1944 Louis Zaepfel[Note 20] 1878-? commandant (r) oui Fresnes - rentré[Note 21]
juin 1944 Lucien Vibrault[34] 1915-? ? ? ?
20 juin 1944 Jacques Brunschwig-Bordier 1905-1977 haut fonctionnaire résistant[Note 4],[Note 22], chef de Libération-Nord oui Fresnes convoi I.264 évadé
20 juin 1944 Marie Bruncher[Note 23] 1889-1944 - ? convoi I.264 morte en déportation
20 juin 1944 Mlle Merop[Note 24] ?-? - - - relâchée
20 juin 1944 Andrée Sauvanet[Note 24] ?-? institutrice - oui - - relâchée
juin 1944 Jean Joseph Gaultier ?-? -
juin 1944 Georges Gardier ?-? -
juin 1944 Jean Pierre Bachelet 1904-? -
juin 1944 Isidore Froger 1903-? -
juin 1944 Serge Millecamps 1925-? - relâché
juin 1944 Joseph Chatel 1887-? - relâché
juin 1944 Henri Gosset 1881-? résistant[Note 4] -
juin 1944 Lucienne Bultez[Note 25] 1916-? -
juin 1944 Yvonne Laquere[35] 1918-1980 résistante du mouvement Défense de la France[36] ? convoi I.264 rentrée
juin 1944 M. Laquere ?-? - - relâché
juin 1944 Mme Laquere ?-? - - relâchée
21 juin 1944 Pierre-Paul Schweitzer 1912-1994 haut fonctionnaire, futur DG du FMI résistant[Note 8] chef du réseau NAP oui Fresnes puis camp de Royallieu[Note 26] convoi I.265 rentré
21 juin 1944 Jacques Chalut 1919-1992 étudiant en médecine résistant[Note 8] du réseau NAP oui ? convoi I.265 rentré
21 juin 1944 Jean Gilibert 1922-2000 résistant[Note 4] du réseau NAP oui ? convoi I.265 rentré
21 juin 1944 Jean de Rudder 1902-1986 imprimeur[37] résistant[Note 8] du réseau NAP oui Fresnes puis camp de Royallieu convoi I.265 rentré
21 juin 1944 Solange Desjardins[38] 1907-? - ? convoi I.264 rentrée
21 juin 1944 Fanny Leblond 1923-? - ? convoi I.264 rentrée
Laurent Drach 1895-1945 résistant[Note 4] ? convoi I.264 mort en déportation
Armand Desangin 1905-1945 photographe[39] résistant[Note 4] ? convoi I.264 mort en déportation
23 juin 1944 Mme Desangin ?-? - - - relâchée
23 juin 1944 Aline Graff ?-? retoucheuse
23 juin 1944 Serge Faydault ?-? opérateur
23 juin 1944 Marie Médard[Note 27] 1921-2013 étudiante résistante[Note 4] du réseau Jonque[40] oui Fresnes convoi I.264 rentrée
24/27 juin 1944 Horace Lempereur[Note 28] 1889-1945 résistant FFI[41] oui ? convoi I.281 mort en déportation
24/27 juin 1944 Mme Lempereur[Note 29] ?-? - - relâchée
24/27 juin 1944 Paul Petit 1896-1945 résistant[Note 4] du mouvement Voix du Nord[42] oui ? convoi I.281 mort en déportation
26 juin 1944 Jean Gotteland 1905-1987 résistant[Note 8] du réseau NAP[43] oui ? convoi I.281 rentré
24/27 juin 1944 Claude Lafargue 1913-? médecin résistant[Note 4] du Mouvement Résistance[44] ? convoi I.281 rentré
24/27 juin 1944 Laure Cambier 1905-1987 commis de préfecture[45] résistante[Note 8] du mouvement Voix du Nord et BOA[45] oui[45] La Madeleine
24/27 juin 1944 Mlle Bailleul ?-? ? - relâchée[46]
29 juin 1944 José Bellec 1918-2004 haut fonctionnaire résistant[Note 4] du Mouvement Résistance puis du NAP oui Fresnes puis camp de Royallieu convoi I.265 rentré
30 juin 1944 France Pejot[47] 1914-2010 commerçante résistante[Note 8] du mouvement Franc-Tireur et NAP Fresnes[48] convoi I.264 rentrée
30 juin 1944 Clotaire Vannihuse 1911-1960 ingénieur résistant[Note 8] du mouvement Voix du Nord[Note 30] oui Loos[49] convoi I.281 rentré
30 juin 1944 Serge Leburgue 1920-1944 résistant[Note 4] du mouvement Voix du Nord[49] Loos[49] convoi I.281 mort en déportation
30 juin 1944 Albert Grard 1921-1944 résistant[Note 4] du mouvement Voix du Nord[49] Loos[49] convoi I.281 mort en déportation
Début juillet 1944 Paul Thellier 1889-1945 instituteur, directeur d'école résistant[Note 4] du mouvement Voix du Nord ? convoi I.281 mort en déportation
2 juillet 1944 Léon Barré[Note 31] 1885-1945 plombier zingueur résistant[Note 4] du mouvement Voix du Nord[50],[51] ? convoi I.281 mort en déportation
Début juillet 1944 Alfred Barré[Note 32] 1910-1944 résistant[Note 4] du mouvement Voix du Nord[52],[51] ? convoi I.281 mort en déportation
2 juillet 1944 Omer Mercier (père) 1886-1945 résistant[Note 4],[53] ? convoi I.281 mort en déportation
Début juillet 1944 Omer Mercier (fils) 1914-1994 résistant ? convoi I.281 rentré[54]
30 juin 1944 Irma Woehrlé[Note 33] ?-? propriétaire de salon de thé
30 juin 1944 Mlle Woehrlé[Note 34] 1929-? Fresnes[Note 35] - relâchée
Fin juin/déb. juil. 1944 Mlle Buchet ?-?
Fin juin/déb. juil. 1944 Mme Ramondo ?-?
5 juillet 1944 Jean Salas 1919-? chef de chantier[55] résistant du réseau franco polonais F2[55] ? ? ?
5 juillet 1944 Jean Desbordes[Note 36] 1906-1944 écrivain et poète résistant du réseau franco polonais F2[56] oui - - mort sous la torture
Wanda Carliez[Note 37] 1915-1988 résistante du réseau franco polonais F2[57] oui ? convoi I.264[Note 38] rentrée
Germaine Hommel[Note 39] 1893-1982 - ? convoi I.264 rentrée
juillet 1944 Madeleine Desbordes[Note 40] 1909-? - ? convoi I.264 rentrée
6 juillet 1944 Anne de Bauffremont 1919-1945 résistante du réseau franco polonais F2 oui Fresnes convoi I.264 morte en déportation
6 juillet 1944 Catherine Dior 1917-2008 résistante[Note 4] du réseau franco polonais F2 oui Drancy convoi I.264 rentrée
juillet 1944 Raymonde Tilles 1910-2003 - ? convoi I.264 rentrée
11 juillet 1944 Jacqueline Bernard[Note 41] 1913-1998 journaliste résistante[Note 8] du mouvement Combat oui[31] Fresnes convoi I.264 rentrée
11 juillet 1944 Yvonne Baratte 1910-1945 peintre et graveur résistante[Note 8] oui Fresnes puis Romainville convoi I.264 morte en déportation
11 juillet 1944 Philippe Bazin 1921-1991 étudiant résistant du réseau Darius (Lyon) ? convoi I.264 rentré
juillet 1944 Jeanne Matthey[Note 42] 1886-1980 joueuse de tennis résistante du réseau franco polonais F2 ? convoi I.264 rentrée
juillet 1944 Jeanne van Roey 1900-1987 - ? convoi I.264 rentrée
13 juillet 1944 Xenia Galan[Note 43] 1915-1989 [58] Fresnes convoi I.264 rentrée
13 ou Edwige Krawczynska[Note 44] 1903-? résistante[59],[31] oui ? convoi I.264 rentrée
juillet 1944 Yvonne Rusiecki 1907-1990 - ? convoi I.264 rentrée
juillet 1944 Caroline Rusiecki 1872-1945 - ? convoi I.264 morte en déportation
13 ou Gabrielle Anglès[Note 45] 1907-? résistante du réseau franco polonais F2[31] oui ? convoi I.264 rentrée
13 ou Louise de Giraud d'Agay[Note 46] 1914-2011 - ? convoi I.264 rentrée
Suzanne Gradstein[Note 47] 1900-? - ? convoi I.264 rentrée
juillet 1944 Yvonne Bergont[Note 48] 1895-1945 résistante[Note 4] ? convoi I.264 morte en déportation
14 juillet 1944 Irène Lewulis[Note 49] 1909-? résistante polonaise du réseau Marie-Odile[60] Fresnes[61],[Note 50] - rentrée
juillet 1944 Wladimir Kaczorowski 1892-1944 résistant du réseau Pown-Monika oui - - mort suite à torture
18 juillet 1944 René Kapel 1907-1994 rabbin, futur ambassadeur d'Israël résistant[Note 4] de l'Armée juive oui Fresnes puis Drancy convoi I.265 évadé du convoi
18 juillet 1944 Jacques Lazarus 1916-2014 résistant[Note 8] de l'Armée juive oui Fresnes puis Drancy convoi I.265 évadé du convoi
18 juillet 1944 André Amar 1908-1990 banquier résistant[Note 4] de l'Armée juive oui[31] Fresnes puis Drancy convoi I.265 évadé du convoi
18 juillet 1944 César Chamay 1910-1960 résistant[Note 8] de l'Armée juive oui Fresnes convoi I.265 évadé du convoi[62]
18 juillet 1944 Maurice Loebenberg 1916-1944 commercial résistant[Note 8] du MLN et de l'Armée juive oui - - mort sous la torture
18 juillet 1944 Max Windmüller 1920-1945 résistant[Note 4] du groupe Westerweel Fresnes puis Drancy convoi I.265 mort en déportation
18 juillet 1944 Ernest Appenzeller[Note 51] 1926-1994 résistant[Note 4] de l'Armée juive Fresnes puis Drancy convoi I.265 évadé du convoi
juillet 1944 Paula Kaufman 1920-2013 résistante[Note 4] de l'Armée juive oui Fresnes puis Drancy convoi I.265 rentrée
18 juillet 1944 Eddy Florentin 1923-2012 journaliste, historien résistant oui[31] Fresnes convoi I.265 évadé du convoi
18 juillet 1944 Bernard Susen 1926-2007 résistant de l'Armée juive Fresnes convoi I.264 rentré[63]
juillet 1944 Charles Mandelbaum 1922-2009 - ? convoi I.264 rentré
Clément Terral 1901-1993 coiffeur résistant[Note 4] ? convoi I.264 rentré
Edmond Zilliox 1922-2014 - ? convoi I.264 rentré
Gaston Chabannes 1920-1945 résistant[Note 4] ? convoi I.264 mort en déportation
Roger Fournier 1920-1944 résistant[Note 4] ? convoi I.264 mort en déportation
Bernard Pétin 1924-1945 résistant[Note 4] du réseau Gallia ? convoi I.264 mort en déportation
Édouard Morvillez 1922-1945 résistant[Note 4] ? convoi I.264 mort en déportation
Blanche Gonod 1899-1945 - ? convoi I.264 morte en déportation
4 août 1944 Reine Claude 1919-? - ? convoi I.264 rentrée
4 août 1944 Nicole Clarence[Note 52] 1922-2007 future journaliste résistante[Note 4] oui[31] Fresnes convoi I.264 rentrée
4 ou 5 août 1944 Marie-Thérèse Denizot 1925-2018 - ? convoi I.264 rentrée
4 ou 5 août 1944 Denise Carré[Note 53] 1922-2000 résistante du réseau Thermopyles[64] ? convoi I.264 rentrée
4 août 1944 Georges Bruhat 1887-1945 physicien, directeur de l'ENS résistant[Note 4] Fresnes convoi I.264 mort en déportation
4 août 1944 Jean Baillou (d) 1905-1990 futur ministre plénipotentiaire[65] résistant[Note 8] ? convoi I.264 rentré
4 ou 5 août 1944 Edmond Jacquier 1920-1944 résistant[Note 4] ? convoi I.264 mort en déportation
4 ou 5 août 1944 Geneviève Rethoré 1922-1945 résistante[Note 4] oui[31] ? convoi I.264 morte en déportation
Janine Carlotti[Note 54] 1920-2013 résistante[Note 4] du mouvement Franc-Tireur ? convoi I.264 rentrée
5 août 1944 Emmanuelle Glain[Note 55] 1920-2022 sténodactylo résistante[66],[67] oui Fresnes -[Note 56],[66],[67] rentrée
5 août 1944 Jean-Paul Schlienger 1925-2017 résistant[Note 4] du BCRA ? convoi I.264 rentré
Jean Viennot 1925-1944 - ? convoi I.264 mort en déportation
Geneviève Chebroux[Note 57] 1920-2001 résistante[Note 8] ? convoi I.264[Note 58] rentrée
début août 1944 Jacques Jourda 1913-2011 agent général commercial résistant[Note 8] ? convoi I.264 évadé
James Hardy 1921-1945 résistant ? convoi I.264 mort en déportation
Edmond Cigogne 1921-1944 résistant[Note 4] ? convoi I.264 mort en déportation
août 1944 Louis Frandi 1918-1944 ou 45 résistant du mouvement Combat ? convoi I.264 disparu en déportation
Janine Dilley[Note 59] 1920-1974 résistante du réseau Gallia ? convoi I.264 rentrée
Nina Khingouloff 1921-? - ? convoi I.264 rentrée
août 1944 Marguerite Buchet 1917-? résistante[Note 4] ? convoi I.264 rentrée
Eugène Celse 1908-1945 gendarme - ? convoi I.264 mort en déportation
Yvonne Grenier 1907-1945 - ? convoi I.264 morte en déportation
Jeanne Mouret 1902-1944 résistante[Note 8] ? convoi I.264 morte en déportation

La liste des victimes de la Gestapo de la rue de la Pompe est à compléter avec celle du massacre du bois de Boulogne (35 résistants morts au combat ou assassinés), dans lequel elle a joué un rôle significatif.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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