Ghetto Boys
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Ghetto Boys | |
| Date de fondation | Années 80 |
|---|---|
| Lieu | New Cross, Deptford, Lewisham – SE8 et SE14 dans le sud de Londres |
| Territoire | |
| Années actives | Années 1980 à aujourd'hui |
| Ethnies présentes | Principalement des Britanniques noirs et d'autres minorités |
| Nombre de membres | 500+ |
| Activités criminelles | Trafic de drogue meurtre agression vol |
| Alliés | Brockley Mandem Tottenham Mandem Young Brockley Mandem (YBM) |
| Rivaux | Catford Wildcats (Anti Shower) Peckham Boys Woolwich Boys Cherry Boys |
| modifier |
|
Les Ghetto Boys est une organisation criminelle dont l'implantation territoriale se situe dans les quartiers méridionaux de Londres, plus spécifiquement au sein des districts de New Cross, Lewisham et Deptford[1]. Le gang émergea initialement dans le secteur de Woodpecker/Milton Court, recrutant principalement parmi une population d’ascendance afro-antillaise britannique. La majorité de ses membres étaient issus du borough londonien de Lewisham, certains étant présumés âgés d’à peine douze ans. L’organisation était réputée pour la détention, par certains de ses affiliés, d’armes de poing de type pistolet-mitrailleur, telles que le MAC-10[2]. Elle adopta la couleur bleue comme signe distinctif, en référence à son utilisation par les services municipaux de Lewisham[3]. Durant les années 2000[4], le gang fut impliqué dans un conflit d’une particulière acrimonie avec les Peckham Boys. Toutefois, vers la fin de cette décennie, il entra en déliquescence avant de se fragmenter. Une faction composée de ses plus jeunes éléments constitua alors le groupe « Shower », lequel noua par la suite une alliance avec les Tottenham Mandem, formant collectivement la « Shower Syndicate ». Des allégations font état de liens probables entre cette entité et le gang jamaïcain Shower Posse[5].
Au milieu de la décennie 2010, une faction dissidente émanant des Ghetto Boys, désignée sous l’appellation 814, commença à acquérir une certaine renommée au sein du mouvement UK drill[6],[7].
Histoire ancienne
L'émergence des Ghetto Boys s'inscrit dans la topographie urbaine de Lewisham, au sud de Londres, dès la fin des années 70[8],[1],[9]. Le groupement trouve son épicentre au sein du Woodpecker Estate, alors communément désigné sous le vocable de « Ghetto Estate ». Par un processus d'essaimage, cette faction a progressivement étendu son influence aux circonscriptions limitrophes, puisant son vivier de recrues parmi la jeunesse scolaire locale. C’est en cette occurrence que s’est cristallisé l’antagonisme avec les Peckham Boys. Ce différend, dont la résonance médiatique fut particulièrement prégnante en 2006, s’avère être le fruit d’une inimitié de longue date. Des rapports de 2007 attestent que les deux clans se livrent à des hostilités depuis environ deux décennies, ce conflit revêtant un caractère atavique par sa transmission entre les générations successives[4]. Les racines de cette discorde remontent aux années 1970, période durant laquelle les communautés d’ascendance africaine de Peckham et caribéenne de Deptford entretenaient des rapports de voisinage belliqueux. Ces tensions s'extériorisaient fréquemment lors de joutes footballistiques locales, lesquelles dégénéraient de manière récurrente en rixes. En outre, les membres des Ghetto Boys pratiquaient la rapine sur le territoire de Peckham, privilégiant l'excursion prédatrice hors de leur propre paroisse afin de ne pas léser leurs proches concitoyens[3].
À l'orée des années 1990, l'organisation criminelle amorça un déclin substantiel. Cette décroissance fut concomitante de l'incarcération de nombreux de ses membres fondateurs ou vétérans, tandis qu'une faction de sa jeune génération s'engluait dans des dissensions intestines[8]. C'est dans ce contexte de fragmentation qu'une scission intervint au sein des Ghetto Boys de Catford. Des éléments dissidents se désolidarisèrent pour constituer une entité distincte, initialement désignée sous le vocable de Catford Wildcatz (CWC), laquelle fut ultérieurement connue sous l'appellation d'Anti Shower[1].
Le collectif désigné sous l’appellation « Ghetto Boys » a connu une succession de figures dirigeantes depuis sa formation dans les années 1980. Vers la fin de la décennie 1990, émergea à sa tête un chef d’origine nigériane, Andrew Wanogho[2], portant le sobriquet de « Sparks »[10]. Sa prééminence prit fin de manière violente lorsqu’il fut abattu par arme à feu en 2006 dans le secteur de Brockley, situé dans la partie méridionale de Londres[10].
À l'instar de diverses confréries interlopes de la contrée, la faction des Ghetto Boys s'articulait en une hiérarchie générationnelle rigoureuse, scindant ses affidés selon leur séniorité en des subdivisions dénommées Younger Ghetto Boys (YGB) et Younger Younger Ghetto Boys (YYGB). Cette stratification induisait un mimétisme onomastique : les néophytes adoptaient fréquemment le sobriquet d'un devancier, y adjoignant le qualificatif de « younger » ou « young ». Parallèlement, les recrues les plus juvéniles privilégiaient l'usage des particules « tiny » ou « baby » en exergue de leur nom de voyerie, à l'instar de l'individu désigné sous l'appellation de Young Kraver[2],[3]. À la faveur de l'extension de leur emprise territoriale, le groupe essaima en plusieurs entités topographiques distinctes[1], notamment au sein des paroisses de Deptford, New Cross et Lewisham[2].
Années 2000 : point culminant du conflit avec les Peckham Boys
En , une fusillade d’une grande notoriété opposa les Peckham Boys aux Ghetto Boys aux abords du Barbican Centre de Londres, durant la tenue des Urban Music Awards. Les échanges de tirs, qui impliquèrent au moins dix-huit projectiles[1], conduisirent à la blessure d’une passante, Helen Kelly, atteinte par une balle égarée. La structure métallique de son sous-vêtement dévia le projectile, lui évitant ainsi une issue létale[1],[11]. Linton Ambursley, natif de Lewisham et affilié aux Ghetto Boys, fut ultérieurement condamné à une peine de douze années d’emprisonnement après avoir reconnu sa culpabilité dans des faits de violences volontaires ayant entraîné des blessures[12].
L’année 2006 fut caractérisée par une recrudescence de violences opposant le groupe des Ghetto Boys à leurs rivaux, les Peckham Boys. En septembre, des membres des Ghetto Boys commirent deux attaques à l’arme à feu depuis un véhicule en mouvement dans le quartier de Peckham. Deux jours plus tard, deux adolescents furent blessés par balle à Brixton, dans ce qui fut interprété comme un acte de représailles. Subséquemment, des individus affiliés aux Peckham Boys se rendirent à New Cross, fief des Ghetto Boys à cette époque. Lors d’une fête privée, une altercation éclata entre membres des deux factions, chacune s’accusant mutuellement d’avoir manqué de respect à son groupe. Cet incident dégénéra en agression physique, au cours de laquelle un homme fut frappé à la tête par un projectile contondant, identifié comme une bouteille.
Deux jours après les faits initiaux, une quarantaine d’individus affiliés aux Peckham Boys se présentèrent à New Cross à bicyclette, munis de couteaux et d’un pistolet à gaz comprimé. Jason Gayle-Brent, ancien membre des Ghetto Boys et apparenté à plusieurs figures de cette faction (Kraver, Young Kraver, Smiler), se trouvait alors en compagnie d’un ami et d’un parent. Ayant antérieurement renoncé aux activités gangréneuses et aux violences afférentes après une agression au couteau dans sa jeunesse, il fut néanmoins pris pour cible[13],[3]. Une trentaine de ces assaillants, circulant sur des vélos tout-terrain, surgirent dans la rue et firent feu sur le groupe. Un affrontement s’ensuivit, au cours duquel Jason Gayle-Brent reçut des coups de couteau mortels[14],[3]. Les investigations laissent supposer qu’il fut victime d’une méprise, étant identifié à tort comme un membre actif des Ghetto Boys[13],[3]. En 2010, ce meurtre demeurait non élucidé, à l’instar de cinq autres homicides survenus récemment dans le secteur du Woodpecker Estate[1]. La même nuit, un autre individu fut poursuivi à Deptford par une trentaine à une quarantaine de jeunes hommes avant d’être poignardé ; il survécut à cette attaque[1],[3].
À la suite du trépas de Jason, un attroupement de jeunes gens se forma devant le Centre d'action communautaire de Deptford. Une détonation retentit, provoquant la fuite d’un individu circulant sur un cyclomoteur, lequel fut poursuivi[11]. Après avoir chuté, il fut finalement rejoint par ses poursuivants qui le frappèrent à l’arme blanche. Le soir suivant, une échange de tirs se produisit à Peckham. Trois individus, ayant stationné leur véhicule à proximité d’un terrain de basket, auraient vociféré des provocations à l’encontre des résidents locaux, avant de braquer une arme à feu à travers la clôture et de faire usage de celle-ci. L’incident ne fit aucun blessé. Les forces de l’ordre procédèrent ensuite à l’interpellation d’un homme et d’une adolescente de dix-sept ans, ainsi qu’à la saisie d’une arme de poing, d’un pistolet-mitrailleur de type Mac-10 et d’une quantité de stupéfiants[13],[11].
À la suite d’affrontements violents, les établissements Peckham Academy et Harris Girls' Academy ont procédé à une fermeture anticipée. Cette décision fut prise après que les autorités policières eurent informé leurs directions de risques imminents de nouveaux incidents[14],[1],[11]. Les services de l’ordre possédaient des renseignements indiquant que des membres du groupe dénommé « Ghetto Boys » préparaient des actes de représailles consécutifs au décès d’un individu nommé Jason, projetant de dresser une embuscade à leurs rivaux aux abords des écoles à l’heure de la sortie des élèves. En conséquence, environ sept cents élèves furent contraints de regagner leur domicile avant l’horaire habituel. Un dispositif sécuritaire fut déployé par les forces de l’ordre aux alentours des sites scolaires afin d’en assurer la protection et de prévenir toute action violente[1].
En , une confrontation armée opposa un individu affilié au groupe des Ghetto Boys à un membre des Peckham Boys dans le quartier de New Cross, au sud-est de Londres. Au cours de cet échange de projectiles, Magda Pniewska, une aide-soignante de nationalité polonaise, fut frappée mortellement par un projectile dévié de sa trajectoire initiale[15]. Cette tragédie survint dans le contexte de violences intergroupes affectant la capitale britannique. Parallèlement, au cours de la même année civile, les forces de l'ordre procédèrent à l'appréhension de plusieurs meneurs et figures notoires des Ghetto Boys, ainsi que de membres d'autres bandes criminelles londoniennes[1].
À l'orée des années 2007 et 2008, après plusieurs décades d'atavisme belliqueux, les factions des Peckham Boys et des Ghetto Boys scellèrent un armistice doublé d'une ligue défensive[14],[2]. Le déposant d'un homicide perpétré en 2007 consigna que les Peckham Boys et les Wooly Road Youngers s'étaient coalisés au sein des ressorts de New Cross et Deptford — territoires alors sous l'obédience des Ghetto Boys — laissant ainsi augurer une extinction de la faide. Néanmoins, ce même témoin argua que les vétérans de ces coteries percevaient cet accord comme une félonie à l'endroit de leurs coutumes, augurant par là même la caducité d'une telle entente[3].
Milieu-fin des années 2000 : Fragmentation et défragmentation
En 2006, la liquescence de cette faction fut actée, corollaire d’une toxicomanie endémique et de la vacuité de son commandement, décimé par l'incarcération ou le trépas de ses chefs[2],[4]. Cette étroitisation structurelle engendra une scissiparité du groupement en diverses cellules qui, par un processus d'autonomisation, s'érigèrent en entités souveraines. Parmi ces rejetons, le groupe nommé Shower (ou Showah) — primitivement désigné sous l'appellation de Younger Ghetto Boys — émergea de la souche initiale. D’autres gangs dissidentes, telles que les Pepys Gang Bangers et le D-Block (Deptford)[1], virent le jour par déshérence. Simultanément, les branches de New Cross et de Deptford opérèrent une sécession formelle, exacerbant des atours de luttes fratricides et de mésententes intestines[2]. Le déclin fut précipité par l'homicide d'Andrew Wanogho, l'un des coryphées du mouvement, occis par arme à feu en 2006 à Brockley, dans le sud-est de Londres, à une distance de quelques lieues des centres névralgiques du groupe[10]. Cet assassinat constitua le ferment de la fragmentation définitive de l'organisation[2]. En lieu et place de cet ensemble atone et morcelé, la Black Mafia (BM) s'établit au mitan des années 2000 dans la zone de Lewisham[1].
Milieu des années 2010 : 814
Au milieu de la décennie 2010, une nouvelle faction, désignée sous le nom de 814, émergea comme une scission des Ghetto Boys. Cette entrée s'opposa au Splash Gang (SG), collectif ancré dans le quartier de Grove Park[6]. Sur la scène musicale drill britannique, le groupe 814 se fit initialement connaître sous l'appellation PHSB[7],[1].
Showkey et MDot, issus du collectif musical dénommé 814, figuraient parmi les artistes notoires de ce milieu. Leurs décès survinrent dans des circonstances distinctes. MDot périt par arme blanche en , à l’âge de dix-sept ans[1]. Showkey subit un sort analogue, étant lui aussi victime d’une mort par armes blanches en août de la même année, alors qu’il était âgé de seize ans[1].
En 2019, la transposition cinématographique d’une narration fictionnelle, s’inspirant de l’antagonisme opposant les Peckham Boys aux Ghetto Boys, fut portée à l’écran dans le long métrage intitulé Blue Story[1].
En 2021, Joshua Erorh, également connu sous le sobriquet de Lil MDot et affilié au collectif dénommé « 814 », a été condamné par la justice à une peine d’emprisonnement de quatorze années. Cette condamnation fait suite à des faits où il a porté, au moyen d’une arme blanche, un coup au thorax d’un individu[1].
Références
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 (en) « Life and death in the Peckham ghetto »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur telegraph.co.uk.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 « Ghetto Boys (GB) - www.londonstreetgangs.com » [archive du ], archive.fo, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Nigel Cawthorne, The World's Most Evil Gangsters, John Blake Publishing, (ISBN 9781784184339, lire en ligne)
- 1 2 3 (en-GB) Lorraine King, « The inside story of gang life in Peckham », The Observer, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ « UK Shower Syndicate - www.londonstreetgangs.com » [archive du ], (consulté le )
- 1 2 (en-US) Tribune, « Drug-dealing large brother whose London gang struggle might have value seven-year-old Joel Urhie his life » [archive du ], Tribune Worldall, (consulté le )
- 1 2 « The sound of UK drill will turn a rave into a mosh pit in seconds » [archive du ], Mixmag (consulté le )
- 1 2 « Lewisham - www.londonstreetgangs.com » [archive du ], (consulté le )
- ↑ (en) « LEWISHAM & GREENWICH: Ex-dealer slams gang culture » [archive du ], News Shopper, (consulté le )
- 1 2 3 « Victim who will be mourned by few » [archive du ], sur BBC NEWS, (consulté le )
- 1 2 3 4 (en-GB) John Steele, Crime Correspondent, « Where life is guns, drugs and violence », Daily Telegraph, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ « BBC NEWS | England | London | Woman saved when bra stops bullet », news.bbc.co.uk, (consulté le )
- 1 2 3 (en) « Gang war returns to streets where Damilola died » [archive du ], The Independent, (consulté le )
- 1 2 3 « Peckham Boys (PB) - www.londonstreetgangs.com » [archive du ], archive.fo, (consulté le )
- ↑ (en) Rob Singh et Justin Davenport, « Nurse killed in gangsters' crossfire yards from home », London Evening Standard, (lire en ligne [archive du ], consulté le )