Ghilas Aïnouche
caricaturiste et dessinateur de presse algérien
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Ghilas Aïnouche (en kabyle : Ɣilas Σinuc), né le à Sidi-Aïch, est un caricaturiste et dessinateur de presse algérien. En 2022, il est condamné par contumace à 10 ans de prison, en particulier pour « atteinte au président de la République » à travers ses dessins. Depuis il est réfugié en France.
| Naissance | |
|---|---|
| Nom dans la langue maternelle |
Ɣilas Σinuc |
| Pseudonyme |
Aïnouche |
| Nationalité | |
| Activité |
Caricaturiste, dessinateur de presse |
| Période d'activité |
Depuis 2008 |
| Idéologie |
|---|
Biographie
Il dessine depuis son enfance. Il dit :« mon métier est une passion »[1],[2].
Il obtient son bac en 2008, collabore avec un journal universitaire. Il travaille dans un hebdomadaire, à la télé et pour des quotidiens nationaux avant de se fixer à TSA (Tout sur l’Algérie) depuis 2013 ; il est licencié en raison de ses dessins[3].
En 2014, à 25 ans, il devient pigiste à Charlie Hebdo un « rêve de gosse » selon lui[4].
En 2016, il est l'invité d'honneur de la 14e édition du festival « Couleurs d’Afrique » à Elbeuf en Normandie[5]. En octobre et , invité par le département d'État américain aux États-Unis, il participe au programme intitulé « Dessinateur de Presse »[6]. En 2018, il fête ses 10 ans de carrière en tant que dessinateur de presse.
Depuis les attentats contre Charlie Hebdo le , il reçoit menaces et insultes[7],[8].
Il est blessé dans des violences exercées par la police algérienne à cause de ses dessins, le à Aokas (Béjaïa)[9]. Ghilas Aïnouche présente des blessures apparentes ; malgré les photos et les nombreux témoins[10], sa plainte est refusée[11].
Le , le journal TSA, avec lequel il collabore depuis 4 ans, est bloqué par le pouvoir algérien, à cause de quelques-uns de ses dessins publiés sur Facebook[12],[13]. Le , le journal le licencie[14]. Il peut alors paraître normalement[15].
En 2022, Ghilas Aïnouche est condamné par contumace à 10 ans de prison, en particulier pour « atteinte au président de la République [et] apologie du terrorisme » à travers ses caricatures[16],[17].
Il s'est réfugié en France. En 2025, il affirme être régulièrement contacté par les autorités algériennes : elles lui proposent l'annulation de sa peine de prison contre un ralliement au régime, ce qu'il refuse[18].
Un briseur de tabous
« Quand on brise un tabou, on finit par le banaliser », répète souvent l'artiste. Il n'a aucune restriction envers des sujets considérés comme dérangeants[19].
Ses dessins sont souvent parfois qualifiés de provocateurs, dérangeants, vulgaires, anti-pouvoir, anti-islam[20]. Le travail de Ghilas Ainouche suscite parfois des polémiques liées aux thématiques régionales et identitaires.
Controverse
À la suite de la publication des résultats des examens du baccalauréat et du BEM, un dessin intitulé « La Kabylie toujours classée première aux BAC et BEM » est publié : il met en scène un militaire et d'autres figures stéréotypées demandant aux représentants de la Kabylie de leur apprendre à être « aussi beaux et intelligents » qu'eux. Le personnage kabyle répond : « Désolé, c'est dans les gènes ! »[21].
Des observateurs et des internautes ont qualifié ce dessin d'essentialiste ou de véhiculer un discours suprémaciste régionaliste[22]. D'autres ont défendu une démarche satirique et provocatrice, propre au dessin de presse.
Distinctions
Il a obtenu plusieurs distinctions : le Premier Prix au Concours national de la caricature en 2010[15], « Prodige algérien en tant que caricaturiste » par l'opérateur de la téléphonie mobile Djezzy en 2012[23] ; le prix du « Bournous Awaghlis » 2015 dans sa région natale[24] et élu « Personnalité kabyle de l’année 2015 » par le journal électronique Kabylie-news[25].
L'hebdomadaire français Le Point le place parmi les sept artistes marquants de l'année 2015 en Algérie[26].
Ouvrages parus
En 2014, il publie son premier livre Sauve qui peut !, aux éditions Édilivre[27].