Gilbert Harding

From Wikipedia, the free encyclopedia

Gilbert Charles Harding, né le à Hereford et mort le à Marylebone est un journaliste, animateur radiophonique et télévisuel britannique. Il exerce une pluralité de professions, allant de l’enseignement à la fonction policière, en passant par le journalisme, l’animation musicale, la comédie et la présentation d’émissions d’entretien. Sa carrière cinématographique, quoique secondaire, le voit incarner aussi bien des rôles de composition que son propre personnage public, notamment dans le film Expresso Bongo (1959).

Faits en bref Naissance, Décès ...
Gilbert Harding
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 53 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Fermer

Dans le long métrage de 1952 Un si noble tueur, l’acteur tient un rôle substantiel aux côtés de John Mills. Il prête également sa voix pour la narration du prologue du film Pacific Destiny en 1956. Parallèlement à sa carrière cinématographique, il consigne sur disque, au cours de cette même décennie, plusieurs enregistrements à tonalité humoristique.

Biographie

Gilbert Harding voit le jour à Hereford au sein d’une lignée d’administrateurs d’institutions hospitalières. Ses géniteurs, Gilbert Harding et May King, exercent alors la fonction de directeurs de l’hospice municipal[1],[2]. En 1911, le décès prématuré de son père, consécutif à une appendicectomie[3], contraint sa mère à l'orienter vers l’Orphelinat royal de Wolverhampton. Cet établissement assure sa formation initiale et conditionne son admission ultérieure au Queens' College de l'Université de Cambridge. Harding souligne ultérieurement, avec une certaine causticité, la singularité de son extraction sociale et de son cursus, se plaisant à rappeler son origine en milieu hospitalier et son instruction en institution charitable. Cette vocation pour la gestion de l’indigence est ancrée dans l’atavisme familial[4]. Ses aïeuls paternels, Gilbert William et Mary Priscilla Harding, dirigent le foyer pour enfants de Caerleon à Newport. Son grand-père maternel, Charles King, préside quant à lui aux destinées de l'hospice de Hereford, après avoir administré celui d'Aylesbury dans le Buckinghamshire[5],[6].

À l'issue de son cursus académique à Cambridge, Harding exerce des fonctions pédagogiques en dispensant l'enseignement de la langue anglaise au Canada ainsi qu'en France. De retour au Royaume-Uni, il intègre l'institution policière à Bradford, avant d'être investi de la mission de correspondant pour le quotidien The Times sur l'île de Chypre. En 1936, il revient en métropole, où il amorce une collaboration pérenne au sein de la BBC.

Carrière à la BBC

Collaborateur assidu du programme radiophonique Twenty Questions sur les ondes de la BBC[3], Gilbert Harding se voit décerner le titre de personnalité de l'année lors des National Radio Awards pour la session 1953-1954[4]. Bien qu'il officie initialement en qualité d'animateur lors de l'émission de What's My Line? en 1951, il s'établit par la suite comme une figure pérenne de ce divertissement télévisé en siégeant parmi les membres du jury.

Gilbert Harding se distingue par un tempérament atrabilaire qui lui vaut, au sein de la presse tabloïde, l'épithète d'« homme le plus discourtois de Grande-Bretagne ». Sa renommée procède d'une aversion notoire pour la vacuité intellectuelle. Durant la décennie 1950, une part significative de l'audience de l'émission What's My Line? délaisse l'intérêt ludique du programme au profit de l'expectative d'une irruption colérique du chroniqueur. Cette réputation se cristallise lors d'une diffusion inaugurale : indisposé par la prestation d'un candidat, Harding lui signifie sans ambages la lassitude que lui inspire sa présence.

L'année 1960 marque un tournant dans la perception publique de Gilbert Harding lors de sa participation à l'émission télévisée Face to Face[3]. Sous l'égide de l'intervieweur John Freeman, l'entretien bifurque vers une dimension eschatologique lorsque ce dernier s'enquiert de l'éventuelle confrontation du sujet avec l'agonie d'autrui. Harding, par une réponse affirmative, manifeste alors une labilité émotionnelle irrépressible ; sa voix s'altère et une effusion lacrymale interrompt son discours. Freeman arguera ultérieurement d'une méconnaissance des incidences psychologiques de son questionnement, Harding ayant assisté au trépas de sa mère en 1954[4]. L'ignorance du journaliste semble avérée par une assertion subséquente postulant la survivance de cette dernière, assertion que Harding rectifie promptement, entraînant une transition abrupte du modérateur. Cette version des faits subit toutefois l'infirmation du producteur Hugh Burnett, bien que Freeman exprime publiquement des remords quant à la virulence de ses procédés inquisitoriaux[5]. L'image d'Épinal d'un célibataire en proie à l'atrabilaire et à l'isolement se cristallise lors de cet échange[6]. Harding y confesse le caractère indéfendable de son tempérament acrimonieux et de ses manquements à l'urbanité. Il y consigne son esseulement structurel par une sentence laconique, formulant explicitement une appétence pour le néant.

Mort

Le décès de Harding survient à l’issue de la diffusion publique de l’entretien télévisé Face to Face, à l’âge de cinquante-trois ans. Alors qu’il s’apprête à regagner son domicile, il s’effondre sur le trottoir devant le siège de la Broadcasting House, au moment même où un véhicule de transport privé devait l’y prendre. Une crise d’asthme aiguë constitue la cause immédiate de sa disparition.

Médias

Le personnage public de Harding dissimule une personnalité à la fois solitaire et d’une grande complexité psychologique. En 1979, dans le cadre de l’émission Gilbert Harding diffusée sur BBC Radio London, l’animateur Owen Spencer-Thomas en brosse un portrait qualifié d’« énigmatique… colérique et impoli », tout en relevant que son cercle intime le tenait pour un être d’une extrême bienveillance et d’une générosité peu commune[3].

La chaîne BBC Four assure, le 18 octobre 2005, la rediffusion de l'entretien issu de l'émission Face to Face, programmé à la suite d'un numéro de What's My Line?. Des segments de cet entretien sont également intégrés au programme Talk at the BBC, diffusé sur la même antenne. En 2014, la station BBC Radio 4 Extra consacre une émission de cent quatre-vingts minutes, intitulée The Rudest Man in Britain, à la trajectoire de Gilbert Harding ; cette production fait l'objet de plusieurs itérations ultérieures. Le programme compile des témoignages de collaborateurs et de familiers afin de disséquer, avec une neutralité axiologique rigoureuse, les vicissitudes de son existence, ses traits de caractère, son inclinaison sexuelle ainsi que son ascendant médiatique. Cette rétrospective radiophonique restitue l'intégralité de la confrontation télévisuelle de Face to Face, complétée par diverses archives sonores illustrant ses fonctions de modérateur ou de panéliste. L’émission s’achève sur la pièce dramaturgique de Stephen Wyatt, Dr Brighton and Mr Harding.

En 2002, la pièce Goodbye Gilbert Harding, œuvre de Leonard Preston consacrée à l’ultime décennie de l’existence du personnage historique, est créée. Le rôle de Gilbert Harding y est tenu par l’acteur Edward Woodward, tandis que celui de son secrétaire particulier est confié à Jonathan Cullen[3],[4].

Références

Bibliographie

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI