Giorgio de Santillana

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Giorgio de Santillana (1902-1974) est un historien des sciences italo-américain, professeur au MIT entre 1941 et 1967. Il est le coauteur avec Hertha von Dechend d’un ouvrage de mythologie comparée paru en 1969, Le Moulin d'Hamlet, qui défend la thèse d’une découverte préhistorique du phénomène de la précession des équinoxes.

Giorgio de Santillana, né le à Rome, était le fils de David Santillana (1855-1931) et d’Emilia Maggiorani. Son père, juif séfarade né en Tunisie ottomane, était un juriste spécialiste du droit islamique qui enseigna à l’université du Caire et à La Sapienza de Rome[1],[2].

Après l’obtention d’un doctorat en physique à La Sapienza en 1925, Giorgio de Santillana étudia la philosophie à la Sorbonne pendant deux ans, puis de nouveau la physique à l’université de Milan[3]. En 1930, il fut appelé à Rome par Federigo Enriques, pour enseigner à ses côtés l’histoire des sciences. Ils publièrent ensemble un ouvrage sur les origines antiques de la pensée scientifique[4]. En 1935, invité par Abel Rey, il donna une série de conférences à la Sorbonne. Il dirigea la même année un colloque à Bruxelles[5].

Santillana quitta l’Europe pour les États-Unis d'Amérique en 1936. Il fut d’abord enseignant à la New School de Manhattan, puis professeur invité à l’université Harvard. En 1941 parut un ouvrage co-écrit avec Edgar Zilsel sur l’histoire du rationalisme et de l’empirisme. Il rejoignit à ce moment le Massachusetts Institute of Technology (MIT), en tant qu’assistant professor[5].

Entre 1943 et 1945, il servit dans l’Armée américaine comme correspondant de guerre pour le journal Stars and Stripes. Il fut naturalisé américain à la fin de la guerre[6]. De retour au MIT, il devint associate professor en 1948, avant d'occuper à partir de 1954 la chaire professorale d’histoire des sciences[3].

Il présenta en 1953 une édition du Dialogue sur les deux grands systèmes du monde et publia deux ans plus tard Le crime de Galilée. Santillana comparait le procès du physicien par l’Inquisition à la persécution d’Oppenheimer par l’administration américaine pendant le maccarthysme[7].

En 1956, il publia dans la série à succès The Mentor Philosophers (éditée par la New American Library) un volume consacré à la Renaissance (The Age of Adventure), dans lequel sont notamment évoqués Léonard de Vinci, Thomas More, Nicolas Machiavel, Michel-Ange, Érasme, Montaigne, Copernic, Giordano Bruno et Johannes Kepler.

Au MIT, Santillana avait pour collègues et amis le mathématicien Norbert Wiener – père de la cybernétique –, l’astrophysicien Philip Morrison, ou les neurobiologistes Walter Pitts, Warren McCulloch et Jerome Lettvin. À l’occasion de son départ en retraite en 1967, un colloque fut organisé sur le thème « points de vue impopulaires et critiques injustes en histoire des sciences ». Au cours de ce séminaire dirigé par Victor Weisskopf intervinrent notamment Noam Chomsky, Philip Morrison, I. Bernard Cohen et Cyril Stanley Smith[5].

En 1969, il publia avec Hertha von Dechend un ouvrage de mythologie comparée, Le Moulin d'Hamlet, dans lequel est développée la thèse d’une connaissance préhistorique de certains phénomènes astronomiques, en particulier de la précession des équinoxes.

Giorgio de Santillana mourut le à Miami, à l’âge de 72 ans. Il avait épousé en 1948 Dorothy Hancock Tilton[8] (1904-1980), descendante de John Hancock, le premier signataire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis. Dorothy de Santillana travaillait pour la maison d’édition Houghton Mifflin. Le couple résidait à Beverly, au nord de Boston[9].

Publications

Notes et références

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