Glandes péribuccales

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Les glandes péri-buccales des araignées, appelées aussi glandes maxillo-labiales, sont des organes sécréteurs localisés à la surface des lames maxillaires et de la lèvre inférieure.

Désignées par Legendre (1953)[1], sous le nom de plages glandulaires hypodermiques, elles se présentent comme des épaississements tégumentaires localisés dans l'épiderme (hypoderme) des lames maxillaires ou gnathocoxes et la lèvre inférieure ou labium dans le genre Tegenaria. Ces structures existent en fait chez toutes les Araignées[2],[3]. Elles ne doivent pas être confondues avec les glandes gnathocoxales ou salivaires sous-jacentes (Fig.1).

Structure histologique

Fig.1 - Araniella cucurbitina, mâle : lame maxillaire ou gnathocoxe, vue partielle.C, cuticule - E, épithélium glandulaire - Gn, glandes salivaires gnathocoxales - M, muscle - S, cavité sous-cuticulaire - V, vaisseau.

Ces épaississements ont un aspect en bourrelet ou en coussinet dans les coupes histologiques ; ils s'y montrent constitués par de longues cellules épithéliales prismatiques se disposant en palissade (Fig.1) et recouvertes par une cuticule d'aspect strié.

Fig.2 - Araniella cucurbitina, mâle : épithélium glandulaire buccal, détail. C, cuticule - Gn, glande salivaire gnathocoxale - Mv, faisceaux de microvillosités aux pôles apicaux des adénocytes - N, noyaux de ces derniers - S, cavité sous-cuticulaire..

Les cellules sont pourvues de noyaux oblongs tous situés au même niveau et montrent un cytoplasme plus ou moins granuleux, vacuolaire (Fig.2), avec parfois des inclusions jaunâtres, et  dont l’aspect évoque une activité glandulaire, sans permettre toutefois de l’affirmer. Les pôles apicaux sont pourvus d'une brosse, faisceaux de microvilli vraisemblables.

Ultrastructure

Les premières études ultrastructurales du tégument gnathocoxo-labial[4], ont utilisé comme matériel Leptoneta microphthalma[2] et surtout Wendilgarda mustelina arnouxi[3] dont la glande labiosternale a fait l'objet d'une étude séparée.

L'aspect ultrastructural de l'épithélium gnathocoxo-labial est celui d’un épiderme sécréteur que surmonte un revêtement cuticulaire modifié.

Épithélium

Fig.3 - Wendilgarda mustelina arnouxi : adénocytes buccaux. Cs, partie de cellule sécrétrice (adénocyte) - g, grain de sécrétion - m, microvillosités (A.Lopez, M.E.T.).

Il est formé par des cellules toutes semblables, présentant des caractères d'adénocytes mais dépourvues de canalicules excréteurs comme celles de la glande rostrale. De ce fait, il ne comporte pas d’unités glandulaires structurées contrairement à la glande clypéale ou acronale.

L'adénocyte est allongé et étroit. Son pôle basal est découpé par des invaginations du plasmalemme en fines languettes rappelant des prolongements podocytaires. Il repose sur une lamina continue, finement granulaire, pouvant être plaquée contre celle des acini de glandes gnathocoxales (glandes salivaires) adjacentes.

Son pôle apical (Fig.3) est fortement convexe et garni, sur toute sa surface, de microvillosités petites, irrégulières, enchevêtrées, renfermant des microfilaments et s'accolant, par place à celles d'adénocytes voisins ; elles bordent un espace extracellulaire séparant les adénocytes de la cuticule sus-jacente ou s'accolent à cette dernière.

Les faces latérales sont à peu près planes, ne s'engrènent pas les unes dans les autres et remontent beaucoup moins haut que le sommet du pôle apical. Elles sont réunies entre elles par de petites jonctions.

Le noyau ovoïde siège dans le tiers basal de la cellule, contient un petit nucléole central d'aspect réticulé et une chromatine assez abondante, disposée en mottes irrégulières s’accolant à l'enveloppe nucléaire ou disséminées dans le nucléoplasme.

Les organites subcellulaires sont des mitochondries longues et flexueuses, des ribosomes libres, des rosettes de glycogène et surtout, un réticulum endoplasmique lisse extrêmement dense ainsi que des vésicules.

Fig.4 - Wendilgarda mustelina arnouxi : adénocytes buccaux (autre vue) et cuticule.cs, partie de cellule sécrétrice - cu, cuticule - e.s, espace sous-cuticulaire - g, grain de sécrétion - m, microvillosités en saillie dans l'espace sous-cuticulaire.

Ces dernières semblent prendre naissance à partir du réticulum lisse dilaté mais pourraient être aussi des éléments golgiens. Chez Leptoneta, elles nous ont paru arrondies, isolées ou confluentes, dépourvues de sécrétion ou contenant un matériel opaque marginal. En revanche, chez Wendilgarda, elles se présentent comme des grains de sécrétion nombreux, de contour irrégulier, plus ou moins anguleux et adoptent même parfois une forme en plaquette ou en bâtonnet. La membrane qui les délimite est fine et nettement dessinée. Le contenu du grain est un matériel peu dense, s’accolant à cette membrane et formant des lamelles superposées en piles plus ou moins disjointes (Fig.3). Il semble que les grains s’ouvrent parfois les uns dans les autres et libèrent leur contenu dans l’espace extracellulaire (Fig.4).

Ce dernier forme une cavité très réduite s’interposant entre la cuticule (cavité sous-cuticulaire) et les pôles apicaux des adénocytes qu’elle sépare également les uns des autres jusqu’à la hauteur des jonctions et a un contenu de même densité que celui des grains de sécrétion.

Cuticule

Fig.5 - Wendilgarda mustelina arnouxi : cuticule buccale. c.e, canalicules épicuticulaires - cp, canal poraire - cu, cuticule.

Elle est ajourée par un ensemble de fenestrations nombreuses responsables de son aspect strié dans les coupes histologiques. Ces fenestrations correspondent à des canaux poraires (pores-canaux) évoquant ceux décrits dans la cuticule des insectes. Ils sont assez mal limités chez Leptoneta, plus nets chez Wendilgarda (Fig.5), irréguliers, à peu près parallèles mais plus ou moins ramifiés. Ils ne s'ouvrent pas directement à l'extérieur, semblent buter contre l'épicuticule et se résolvent, pour la traverser, en un faisceau de canalicules extrêmement grêles (15 nm) (wax channels) (Fig.5 : flèches). Leur contenu est identique à celui de l'espace extracellulaire (cavité sous-cuticulaire).

Commentaires

Notes et références

Annexes

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