Glossaire du parler français au Canada

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Le Glossaire du parler français au Canada (ou GPFC) est un dictionnaire différentiel publié en 1930 par la Société du parler français au Canada qui décrit les particularismes linguistiques propres au Québec. Quoiqu’il fut précédé d’autres recueils lexicographiques québécois, dont le Glossaire franco-canadien d'Oscar Dunn (1880), le GPFC s'agit du premier ouvrage descriptif général et exhaustif des particularités du français québécois oral, documentant à la fois la prononciation, l'étymologie des mots et leur sens. Il s'agit en ce sens de l'un de ouvrages fondateurs de la lexicographie québécoise.

Contrairement aux glossaires précédents qui visaient surtout à corriger, voire éliminer, les canadianismes du vocabulaire québécois, le GPFC se gardait d’émettre toute opinion sur la validité des mots répertoriés[1],[2]. Son but était plutôt de documenter le français parlé dans la province et de contrer l’idée que celui-ci était un vulgaire patois « contaminé » par l’anglais. Pour ce faire, les articles du GPFC mettre l’emphase sur l’ancienneté des expressions québécoises en retraçant leur origines linguistiques dans le vieux français ou encore le parler normand, breton, suisse, etc.[3] De plus, il inventorie les néologismes québécois qui décrivent des réalités propres à l’Amérique du nord, telles que les hivers enneigés, la production de sirop d’érable ainsi que la faune et la flore locale. Sont aussi inclus dans le Glossaire des mots de provenance anglophone (ex: draveur, poutine, bécosses) et autochtone (ex: babiche, atoca).

La production du Glossaire débute dès la formation de la Société du parler français au Canada en 1902 et s’étendra sur plus d’un quart de siècle[3]. Piloté par Adjutor Rivard, Louis-Philippe Geoffrion et Stanislas Lortie, le projet peut compter sur l’effort collectif d’une centaine de personnes en majorité issues du clergé et réparties sur le territoire québécois[4]. La collecte des mots s’effectue par correspondance entre les collaborateurs et le comité d’étude qui rédige les articles lexicographiques et en présente les ébauches dans l’organe de la Société, le Bulletin du parler français au Canada. Malgré la préface du Glossaire, qui laisse entendre que l’entièreté des articles du recueil sont le fruit de cette enquête linguistique collective, l'historien Louis Mercier a démontré que les rédacteurs ont aussi puisé des mots dans les dictionnaires lexicographiques existants, comme celui d’Oscar Dunn[5].

La démarche des rédacteurs du Glossaire se distingue des dictionnaires dits généraux, car ce qui les intéressent n’est pas le français écrit, mais bien les particularismes linguistiques du français oral au Québec[6]. Tel qu’ils l’indiquent dans la préface de la publication :

« C’est la langue parlée, et parlée par le peuple, que nous étudions dans ce glossaire; et nous y relevons seulement ce qui n’a pas été ou n’est plus admis dans la langue académique. »[7]

En 1928, la Société s’associe à la maison d’édition catholique populaire L’Action sociale[8]. Deux ans plus tard, le Glossaire sera publié.

L’influence notable du recueil peut être démontré par le fait que son contenu sera repris par d’autres linguistes qui s’intéressent au français québécois, dont Louis-Alexandre Bélisle dans la production de son Dictionnaire général de la langue française au Canada paru en 1957[6]. Il en va de même pour le Dictionnaire de la langue québécoise de Léandre Bergeron (1980) et du Dictionnaire des canadianismes de Gaston Dulong (1989)[9].

En 1968, les Presses de l’Université Laval impriment le Glossaire en fac-similé sans y apporter de changements[10]. L'ouvrage sera réimprimé cinq fois par la suite en 1971, 1974, 1979, 1981 et 1992[11].

Réception

Même si le Glossaire ne connaîtra pas un succès commercial, il est néanmoins apprécié par les amateurs de linguistique. Comme une étude le démontre, la publication phare de la Société du parler français au Canada est citée en tant qu’ouvrage de référence dans un nombre important de chroniques linguistiques parues dans les journaux québécois[12]. Le Glossaire est surtout apprécié pour sa valeur lexicographique et patrimoniale, car la publication documente plusieurs expressions désuètes ou en voie de disparition.

Certaine critiques relèvent aussi les limites de la publication. Dès la parution du Glossaire, l’ethnologue Jacques Rousseau maintient que celui-ci est loin d’être complet et propose des mots à ajouter[13]. D’autres signalent les faiblesses de la méthodologie privilégiée par le comité de rédaction qui n'indique pas la localisation des mots recueillis et ne fait aucune différence entre les expressions courantes et anciennes; répandues et rares[9],[14]. Finalement, en dépit de la portée canadienne annoncée par le titre du Glossaire, celui-ci ne s’attarde qu’au Québec en négligeant les particularismes francophones, pourtant riches, qui proviennent de l’extérieur de la province[15].

Malgré ces défauts, le professeur de linguistique Louis Mercier juge qu’en tant que « premier dictionnaire à proposer une transcription phonétique des mots inventoriés, le GPFC constitue […] une précieuse source d’illustration pour les traits caractéristiques de la prononciation québécoise ancienne. »[16]

Structure

Références

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