Glycation
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La glycation est une réaction chimique qui se produit entre un glucide et une protéine, conduisant à l'établissement d'une liaison covalente entre ces deux molécules.
Ce qui est fautivement nommé "réaction de Maillard" (la réaction a été initialement décrite par le pharmacien Lucien Dusart, explorée mécanistiquement par Ugo Schiff, Mario Amadori et d'autres)[1] est internationalement nommé "réaction de glycation", quand il y a réaction d'une protéine et d'un sucre réducteur, ou réaction aminocarbonyle, quand un peptide ou un acide aminé réagit avec un sucre réducteur. Elle est justement connue dans le monde médical sous le nom de « glycation non enzymatique des protéines », a d’abord été étudiée dans le cadre du diabète sucré grâce à l’hémoglobine glyquée. La glycation est une réaction naturelle qui a lieu notamment lors d'une hyperglycémie.
L’hémoglobine glyquée est une variante de l’hémoglobine obtenue par glycation qui sert maintenant de marqueur à long terme de l’état diabétique des patients : l'élévation de l'hémoglobine glyquée traduit une hyperglycémie prolongée liée à un diabète mal équilibré. Les travaux biochimiques de ces 20 dernières années ont aussi montré que la glycation a des conséquences dans tout l’organisme, et joue notamment un rôle important dans certaines maladies en provoquant des lésions cellulaires, tissulaires, et un vieillissement vasculaire. La glycation des protéines (dont l'hémoglobine glyquée parmi tant d'autres) ainsi est provoquée par la trop forte concentration de sucres dans le sang (comme c'est le cas dans le diabète). En dehors de cette situation, la glycation est ponctuelle et non enzymatique.
La glycation est un des facteurs de vieillissement accéléré des tissus. Les produits de glycation ou PTG (produits terminaux de glycation) issus de la glycation sont parfois dangereux pour l’organisme et s’accumulent avec l’âge et plus particulièrement lors du diabète[2],[3]. Les PTG participent ainsi au développement de plusieurs maladies, telles que l’athérosclérose, l’insuffisance rénale chronique, la rétinopathie diabétique et la cataracte. Ce sont ces mêmes PTG qui sont pour la plupart responsables des complications du diabète (principalement des complications microvasculaires). Mais la glycation a tout de même l'intérêt de permettre de suivre le diabète, où l’HbA1c est un marqueur de l’évolution de la maladie et permet ainsi de mieux la suivre et donc de la traiter.
La condensation de Schiff et le réarrangement d’Amadori aboutissent aux produits de glycation dits précoces et qui caractérisent les protéines de demi-vie brèves ou intermédiaires, l’hémoglobine étant considérée dans ce cas comme appartenant à cette catégorie. Mais si l’on considère la suite de la réaction de Maillard, on obtient des produits de glycation aussi appelés produits terminaux de glycation (PTG), caractérisant les protéines structurales de durée de vie prolongée. Le taux de formation de ces composés est, contrairement aux précédents, indépendant de la concentration en sucre mais dépend seulement de la durée de l’hyperglycémie et du temps du renouvellement protéique (turn-over protéique).
Le point clef se situe quand les 2 premières étapes se stabilisent en plateau et ont une réversibilité potentielle inhérente à la glycémie. Dès lors, la 3e progresse de la présence de sucres qui incite à une réaction, et les AGEs (Advanced glycation end-product ou PTG) ainsi formés, étant très réactifs, deviennent responsables de nombreuses altérités. Sur de longues périodes de temps, la concentration des AGEs devient proportionnelle à la glycémie. De plus, quand les AGEs ne peuvent ni être détruits ni libérés des cellules dans laquelle ils ont été formés, contrairement aux produits précoces, des cellules dotées d’un petit organite appelé protéasome se charge de détruire les protéines en les scindant en de nombreux peptides suffisamment petits (de 9 à 12 acides aminés) pour les rendre inoffensifs. Cependant, si le protéasome peut rendre inoffensifs les produits précoces, il n’a aucun effet sur les AGEs et ceux-ci s’entassent dans la cellule sans qu’elles puissent s’en débarrasser. Petit à petit, ces protéines glyquées encrassent la cellule, entraînant un dysfonctionnement de son métabolisme et enfin sa mort.
La glycation : un effet négatif au niveau des vaisseaux sanguins. Les conséquences de la glycation des protéines sont multiples car elles perdent certaines de leurs propriétés. Nous allons d’abord exposer quelques exemples qui aboutissent tous à des problèmes vasculaires, mais d’abord, étudions un vaisseau sanguin sain.
Constitution d’un vaisseau sanguin
Un vaisseau sanguin est constitué de trois épaisseurs jouant un rôle précis (du centre vers l’extérieur) : l’intima, la média et l’adventice. Nous nous limiterons à l’intima car c’est à ce niveau que l’essentiel de la glycation s’effectue et joue un rôle important, car les sucres, ainsi que de nombreuses protéines et les AGEs, voyagent au centre du vaisseau appelé lumière, et donc y réagissent. L’intima est constituée d’un complexe endothélio-mésenchymateux, formé de cellules épithéliales très aplaties, constituant l’épithélium, imperméable et maintenant le milieu interne du vaisseau constant et liquide, et de cellules mésenchymateuses, indifférenciées et qui par conséquent sont les cellules rénovatrices du vaisseau. Les échanges entre le plasma et le milieu extérieur s’effectuent à travers les espaces intercellulaires pour les plus petites molécules (diamètre 25 Å = 25 x 10-10 m) ou par l’intermédiaire de vésicules adéquates qui les font passer à travers les cellules par un phénomène de pinocytose pour les plus grosses. Enfin, l’intima est entourée d’une lame basale qui joue le rôle de filtre et empêche les molécules dont le diamètre est 60 Å de passer. La matrice extracellulaire est constituée de protéines fibreuses, notamment des fibrines de collagène. Enfin, les protéoglycanes sont des protéines dont le rôle consiste à contrôler le trafic intermoléculaire (Ou plutôt intercellulaire ?), et donc, dans ce cas, régulent les échanges entre le sang circulant dans les capillaires et les cellules.
